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Mémoires méd. mil., t. VI, p

BLESSURES DK LA FACE

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Bérenger-Feraud a rapporté quelques exemples de réunion de pavillons dd l’oreille qui, séparés par une arme tranchante, ne tenaient plus que pari un mince pédicule. Nélaton a réuni les deux moitiés d’une oreille divisée!" par une balle et le résultat fut tellement parfait que la difformité était îi ; peine visible. On doit avoir recours à la suture, môme dans les séparations! totales. Un chirurgien américain dont nous parle Otis a tenté cette réu nion sans l’obtenir. Par contre, Bérenger-Féraud a rassemblé plusieuri faits d’adhésion de pavillons complètement divisés. Quelque faibles qu soient les chances de réussite, il faut néanmoins tenter cette réunion, car la)1 difformité qui résulte de la perte du pavillon est des plus choquantes. Dan les cas de lésions simultanées du pavillon et du conduit auditif externe, o assurera une antisepsie rigoureuse et l’on s’attachera à prévenir les rétré cissements ou les oblitérations par la dilatation du canal avec un tampo antiseptique.

Blessures de l'oreille moyenne el interne. — Les blessures indirectes d l’oreille moyenne et de l’oreille interne se confondent avec les trauma tismes dul crâne et du cerveau. Les lésions directes, les seules que nous ayons à étudier ici, sont produites par des balles qui atteignent l’oreille de dehors en dedans, fracturent le rocher, s’y arrêtent ou poursuivent leur trajet dans la cavité crânienne, plus souvent, par des projectiles quif suivent un trajet oblique, intéressent l’apophyse mastoïde et les os de la face. Destruction du tympan, dissociation et fragmentation des osselets,!' fracture simple ou comminutive du rocher sans blessure concomitante ouir avec ouverture des troncs vasculaires environnants, sont les désordres! J

qu’on observe dans ces cas.

A titre de curiosité, nous rappellerons que Wolf a observé un blessé chez lequel f j une balle après avoir traversé la face, resta enclavée dans la trompe d’Eustacheq j Une hémorrhagie nasale abondante força à lier la carotide.' Le blessé présentait les |( symptômes d’une oblitération de la trompe.

If!

Les symptômes immédiats des coups de feu de l’oreille moyenne etin-ô terne, bien étudiés par Puig, sont : la perte de connaissance ou la perte de i l’équilibre, l’écoulement de sang par l’oreille et par la bouche, l’écoule- 1 ment par l’oreille de liquide séreux, la paralysie faciale, la perte de sensibilité de la moitié latérale de la langue ou de la face, la surdité ; les symptômes consécutifs : des vertiges, une paralysie secondaire de la face, des troubles oculaires, en particulier des altérations de nutrition de l’œil, une otite moyenne suppurée, les signes d’une méningo-encéphalite, l'issue des osselets, des hémorrhagies secondaires. Nous allons nous arrêter à chacun de ces symptômes.

La perte de connaissance n’est pas constante. Terrier a donné des soins à un blessé qui, après s’être tiré un coup de revolver dans une oreille, déchargea un second coup de feu dans l’autre oreille. Les deux balles s’arrêtèrent dans l’oreille moyenne. Quand il n’y a pas perte de connaissance, on constate d’ordinaire celle de l’équilibre.

Si l’écoulement de sang par la bouche est exceptionnel, Votorrhagie est habituelle. D’ordinaire celle-ci est modérée, mais elle prend des propor-

1. Bérenger-Féraud, Gazette des hôpitaux, 1870, n°s 71 et 72.

BLESSURES DE L’OllEILLE.

>ns très inquiétantes quand la carotide, la jugulaire et le sinus latéral i ont des rapports si intimes avec l’oreille moyenne et interne, ont été éressés par le projectile. Dans la majorité des cas, le sang est fourni par j vaisseaux du conduit auditif externe, du tympan, de la caisse, du :her. Le sang qui s’échappe de la carotide interne divisée s’arrête, dit-on, and on comprime la carotide primitive, celui qui provient de la jugure a les Caractères du sang veineux. Ces données ont leur importance point de vue du traitement.

L 'écoulement, par l'oreille, de liquide séreux (liquide céphalo-rachidien labyrinthique) se constate parfois. L’écoulement de liquide céphalo- •hidien, s’observe dans les cas où le rocher présente une fracture perante ou comminutive.

La paralysie faciale est un symptôme habituel des lésions de l’oreille )yenne et interne. C’est un de leurs meilleurs signes. Quand elle est médiate, cette paralysie est liée à une lésion directe du tronc nerveux ns l’aqueduc de Fallope. Tantôt elle est complète, plus souvent, elle , incomplète et porte sur l’orbiculaire, les muscles de la luette ou utres masses musculaires.

Un blessé de Thiéry1, qui avait reçu une balle dans l’oreille, présentait e perte totale de la sensibilité gustative de la langue du côté lésé. La rde du tympan avait été divisée par le projectile. Berger a constaté le une symptôme sur un de ses blessés.

Quand le trijumeau a été intéressé au niveau du ganglion de Gasser, on serve une perte complète de la sensibilité tactile de la moitié de la face respondant à la lésion.

■ Otis nous a fourni un rarissime et remarquable exemple d’anesthésie com- | te d’une moitié latérale de la face observée sur le major Simms. Frappé par ; balle qui pénétra l’apophyse mastoïde et le rocher, ce blessé présentait encore utres troubles, une paralysie faciale, de la surdité, de la cécité d’un œil. Le îporal avait subi, dans sa portion pétrée, une perte de substance assez étendue (or qu’on ait cru devoir la fermer par un obturateur2.

La surdité est un signe habituel des lésions de l’oreille moyenne et de reille interne. Elle peut manquer, quand l’apophyse mastoïde est seule einte; elle s’accompagne souvent de violents bourdonnements d’oreille. Parmi les signes consécutifs, les vertiges manquent rarement; il en est môme de la paralysie faciale secondaire , et des altérations de nutrition l’œil qui en sont la conséquence et qui aboutissent parfois à la fonte rulente de ce dernier. L 'otite moyenne suppurée est encore très commune a suite des traumatismes de l’oreille moyenne; elle peut avoir les conjuences les plus fâcheuses et amener une méningo-encéphalit.e, soit I r la propagation du pus le long d’un vaisseau ou à travers une Fissure, irnitivement due à l’infection d’un foyer dont l’antisepsie est des plus 1 ’ficiles, l’otite moyenne suppurée est, ultérieurement, enlrelenue par stéite et la nécrose du foyer de la fracture. Les lésions de l’apophyse istoïde se compliquent parfois de phlegmons des régions antéro-latérales postérieures du cou.

i L Bulletins de la Société anatomique , 1888. I 2. Otis , o. c., t. I, p. 175.

BLESSURES DE LA FACE

Desport nous a fourni une belle observation dans laquelle on relève un \ signe pathognonomique des lésions de l’oreille moyenne qu’ont méconnu I les classiques; nous voulons parler de l’issue des osselets détachés par le 1 projectile.

Un soldat de Royal Roussillon fut blessé par une balle qui pénétra au centre \ du nez et se fixa dans l’apophyse mastoïde, d’ou on l’enleva au bout de quelques \ jours. Issue de sang, puis de pus par l’oreille. Le cinquième jour, le 'pus entraîna f l’étrier et le marteau en même temps que de petites esquilles1.

Enfin les hémorrhagies secondaires fournies par la jugulaire, par les i sinus ou la carotide ne seront pas très rares. Otis a relevé neuf cas et le i Rapport allemand de 1870-71 sept cas de ligatures de la carotide primitive, i pratiquées pour des hémorrhagies consécutives à des fractures du rocher. Signalons enfin, plutôt comme complication que comme signe des blés- \ sures de l’oreille moyenne et de l’oreille interne, l’ankylose incomplète du : maxillaire inférieur.

D’une façon générale le pronostic des lésions de l’oreille moyenne et de I l’oreille interne est toujours grave. Une de leurs moindres conséquences f est une surdité persistante. Souvent, comme nous l’avons dit, ces traumatismes se compliquent de suppurations plus ou moins rebelles.

Traitement. — Désinfecter avec soin le conduit auditif et le foyer de la * fracture, les débarrasser des caillots qu’ils contiennent, enlever les esquilles ; libres en s’aidant, au besoin, du décollement de la conque, terminer par l’application d’un tampon de gaze antiseptique dans l’oreille et d’un pan- : sement extérieur, telles sont les indications thérapeutiques à remplir ; dans les cas ordinaires. Nous avons déjà parlé de la conduite à tenir lorsque la plaie est compliquée de la présence du projectile, il nous reste j à indiquer le traitement à suivre dans les fractures compliquées d’hémorrhagies. Celles fournies par les sinus ou la jugulaire s’arrêtent par le tamponnement du conduit auditif; quand la carotide est atteinte, on peut, temporairement, employer le tamponnement, mais ce moyen serait incertain, employé comme mode d’hémostase définitive. D’un autre côté, la ligature isolée de la carotide primitive a été assez souvent suivie du retour de l’hémorrhagie. Si le diagnostic est posé avec certitude, il est préférable de lier le tronc secondaire blessé, soit la carotide interne, soit la carotide externe.

Corps étrangers. — Au lieu de continuer son trajet dans le crâne, le projectile qui a pénétré l’oreille moyenne s’arrête parfois dans le rocher. C’est surtout à la suite des tentatives de suicide et d’homicide, dans lesquelles on utilise des balles de revolvers de petit calibre, qu’on observe cette complication; cependant il n’est pas sans exemple que des balles de fusil se soient arrêtées dans le rocher. Percy, Dupuytren, Lecoin, Otis, Puig et d’autres auteurs en ont cité des observations. Ces projectiles peuvent être complètement ou relativement tolérés. D’après Puig, cette tolérance absolue ou relative serait assez fréquente. D’autres fois, ils déterminent, par leur présence, des inflammations suppuratives de la caisse, celle des cellules mastoïdiennes, des altérations osseuses du rocher que révèlent des douleurs profondes, la persistance de fistules et une dénudation

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