‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 167 sur 340 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

BLESSURES DU COU

A en croire les statistiques, les blessures du cou par les armes de guerre seraient assez rares. Otis, qui nous a fourni la statistique la plus étendue, ne relève que 4895 plaies du cou sur 408072 blessés, soit 1,2 p. 100. Le Rapport allemand de 1870-71 accuse une proportion de 3,2 p. 100. Ces chiffres n’expriment qu’imparfaitement la proportionnalité de ces blessures, car beaucoup d'hommes atteints dans cette région, succombent sur le champ de bataille môme. La gravité générale de ces lésions est représentée par un taux élevé :12 p. 100 (Otis). La mort survient d’ordinaire à une époque assez rapprochée du traumatisme. La terminaison fatale dans plus du quart des cas, a été observée dans les trois premiers jours; plus de la moitié des blessés a succombé dans la première semaine. L’hémorrhagie, les complications des plaies laryngo-trachéales, la septico-pyémie constituaient naguère les causes ordinaires de cette mortalité élevée. Celle-ci s’atténuera à 1 avenir, puisque la cause principale de cette léthalité considérable, la pyémie, peut être éloignée aujourd’hui.

Par ordre de fréquence, ce sont les plaies simples des parties molles qu’on observe le plus souvent. Viennent ensuite : les blessures de la colonne vertébrale, du tube laryngo-trachéal, des gros vaisseaux, de l'œsophage. Les lésions de la moitié latérale gauche seraient, dit-on, un peu plus fréquentes que celles de la moitié latérale droite L A l’encontre de ce qu’on constate dans la pratique journalière, les blessures par les armes blanches sont exceptionnelles en campagne.

On divise généralement les plaies du cou en plaies non pénétrantes et en 'plaies pénétrantes. Nous préférons classer ces blessures par région et distinguer les blessures de la région postérieure ou de la nuque , de celles de la région antéro-latérale lesquelles comprennent les plaies non pénétrantes ou pénétrantes, superficielles ou profondes des régions secondaires : sus-hyoïdienne, sous-hyoïdienne, sterno-mastoïdienne, parotidienne, sus-claviculaire.

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