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BLESSURES DU THORAX ET DE L’ABDOMEN

liquides (sang, pus), épanchés dans la poitrine, s’échappent dans l'abdomen. L’occlusion de ces plaies par les viscères abdominaux herniés ou adhérents contre les bords de l’ouverture en fournit l’explication. Gcjthrie avait avancé que les blessures du diaphragme restent toujours béantes. En fait, on les a le plus souvent trouvées non réunies, avec des bords arrondis, calleux. L’immobilité du thorax, l'étroitesse de la plaie, son siège près de la paroi thoracique, les adhérences que le poumon contracte avec le muscle, rendent cependant leur oblitération possible, comme l’a fait remarquer Williamson.

La hernie des viscères abdominaux constitue la complication principale I de ces blessures sans qu’elle soit incompatible avec une longue survie du blessé, comme le pensaient les anciens. Desault ne nous cite-t-il pas, en effet, l’exemple d’un blessé à l’autopsie duquel on trouva, quinze ans après une rupture du diaphragme, une hernie de l’estomac et du côlon? Le sergent Barry, vu par Williamson, continua à faire son service militaire pendant vingt-deux ans, malgré une hernie de l’estomac et du côlon.

La gravité de ces hernies est liée à leur étranglement.

Le blessé de Paré fut enlevé en trois jours. Huit mois auparavant, il avait

! reçu un coup de feu thoraco-abdominal; celui de Chevreau frappé d’un coup de lance entre les septième et huitième côtes succomba quatre ans plus tard, à l’étranglement interne. A l’ouverture du corps, on trouva une anse étendue du I côlon, étranglée dans une plaie du diaphragme.

Aux mêmes accidents succomba un blessé de 1870 observé par Bordenheuer. Cet homme avait, six ans après le traumatisme, présenté des signes de péritonite. Deux ans après, en 1878, il fut pris de phénomènes d’étranglement interne : vomissements, constipation, douleur vive au niveau de l’épigastre et à l’hypo- ! condre gauche. Laparotomie le quatrième jour. On ne découvrit pas l’obstacle et, à l’autopsie, on trouva le gros intestin et l’épiploon herniés à travers une déchirure

!de la moitié gauche du diaphragme dont les bords s’étaient cicatrisés isolément.

Le traitement des plaies du diaphragme se confond avec celui des plaies de la poitrine et de l’abdomen. Pour prévenir la formation d’une hernie, on insistera sur l’immobilité de la poitrine et du ventre, qui favorise la formation d’adhe'rences, et la fixation des viscères contre la plaie. On forcera le blessé à éviter tout effort, tout exercice violent pendant la période de cicatrisation. En cas de hernie compliquée d’étranglement, on aurait recours à la laparotomie, pratique déjà préconisée par Gutiirie et Legouest.

Résultats définitifs des lésions de V abdomen. — Les contusions et les i ruptures de la paroi abdominale, certaines interventions, sont suivies de la production de hernies, d’éventrations. Quand ces dernières sont étendues, ; tout effort est impossible; elles entraînent alors l’impotence complète du ! blessé.

Les contusions et les plaies du tube digestif exposent certains de ceux qui en sorit atteints à des douleurs sourdes, profondes, intermittentes | ou continues, à des troubles digestifs, parfois à l’obstruction intestinale, «aux rétrécissements de l’intestin, aux suppurations abdominales, aux fistules, à l’anus contre nature.

BLESSURES PÉNÉTRANTES DE L’ABDOMEN

Nous ne reviendrons pas sur les troubles consécutifs des blessures du foie et du rein. Ils ont été étudiés.

Situation légale des blessés de l'abdomen.

Rentrent dans la quatrième classe les blessés atteints de fistule stomacale d’anus contre nature provenant de l’intestin grêle et résultant d’une blessure;

Dans la cinquième classe ceux qui présentent : une hernie ou éventration, fistule stercorale, une néphrite d’origine traumatique.

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