‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 258 sur 340 · Ollivier, Traite des maladies de la moelle, t. I, p · texte numérisé non relu

Ollivier, Traite des maladies de la moelle, t. I, p

SC produisit à la lois par la bouche et par la plaie postérieure; on l’arrêta par des gargarismes vinaigrés et des applications froides. Elle reparut, on tamponna. Nouvel arrêt du sang pendant deux jours; puis l’hémorrhagie se renouvela pluj [ abondante que jamais et le blessé succomba au bout d’une heure. A l’autopsie on trouva l’artère escarriliée en un point. La fracture ne pénétrait pas dans le canal vertébral et la moelle était saine '.

Sur un blessé américain, une balle pénètre le pharynx et fracture l’apophyse | transverse de la troisième cervicale. Le onzième jour, hémorrhagie grave; ligature de la carotide primitive ; sept jours plus tard nouvelle hémorrhagie, mort.

A l’autopsie on constate que la vertèbre avait été ulcérée par le bord aigu d’un fragment osseux1 2.

Nous avons déjà parlé à propos des plaies du cou des difficultés dia- ! j gnostiques des hémorrhagies de la vertébrale, de la confusion faite souvent entre ses blessures et celles des troncs carotidiens, enfin du traitement qu’elles réclament.

Au besoin, l’exemple suivant servirait à rappeler ces difficultés du diagnostic :

Le sergent Kieffin est frappé au-dessous de l’oreille droite par une balle qui fracasse l’arc postérieur de l’atlas; une hémorrhagie grave survient le dixième jour; on lie la carotide primitive. Ce sergent succombe deux jours après. A son autopsie on constate que la carotide interne avait été divisée près de son entrée dans le crâne et que la vertébrale n’était que comprimée par des fragments. La moelle n’avait subi aucune atteinte.

Hémorrhagies intra-raçhidiennes. — Les hémorrhagies de la cavité rachidienne, intra ou plutôt extra-duremériennes, sont des complications fréquentes des fractures communes du rachis. Elles sont rares à la suite des coups de feu. La faible étendue des dégâts osseux, et l’issue possible du ! sang par la plaie, expliquent la rareté de cette complication dont nous n'avons trouvé qu’un exemple dans les nombreuses autopsies relatées par Oïis. Nous reviendrons sur cette question à propos de la compression de la moelle.

Esquilles , corps étrangers. — Les fractures de l’arc postérieur des vertèbres, en particulier celles des lames, sont souvent compliquées d’esquilles j libres. Suivant la vitesse et l’incidence du projectile, ces esquilles restent en place ou sont projetées contre les enveloppes de la moelle ou dans la moelle même. Ces dernières surtout sont dignes d’attirer l’attention du chirurgien. Nous en parlerons à propos des blessures de la moelle et du traitement des blessures de la moelle et du rachis.

Complications ostéojmthiques. — La mort est la conséquence à la fois trop rapide et trop fréquente des fractures du rachis pour qu’on observe souvent ces complications. Cependant on les a constatées et même avec un degré d’extension et de gravité que la proximité de la moelle eût pu faire supposer impossibles. La nécrose des lames, des apophyses, rarement celle des corps vertébraux, l’ostéite raréfiante de ces derniers sont les formes habituelles de ces complications osseuses qui s’accusent par de9

Page 1