III.— BLESSURES DE LA MOELLE
Les armes blanches et les projectiles qui frappent le rachis ne se borît pas le plus souvent à intéresser les vertèbres, ils atteignent la moelle, erminent des commotions, des compressions, des irritations méningées, plaies nettes ou contuses.
: Commotion. — Produits par le choc de corps pesants, de gros ! tjectiles ou de leurs éclats, pendant l’explosion des mines ou les acciîts de chemin de fer, lesquels ne seraient pas très rares, en campagne,
1 U. Otis, o. c., p. 437.
I l. Otis, o. c., p. 430.
DELORME
BLESSURES DU DOS, DU RACHIS ET DE LA MOELLE
l'on g n 1 1 1 q’C par 1 expérience de la g u cire d Amcricjuc, lestrouljles med ul- 1 aires rangés sous la rubrique de commotion, s’observent encore à la suite du choc des petits projectiles.
Relevant du mécanisme de la commotion cérébrale si bien étudié par Durist, la commotion médullaire serait moins fréquente que la première. La segmentation de la colonne vertébrale, la constitution alvéolaire du corps des vertèbres, le nombre et l’élasticité des ligaments, surtout des ligaments intervertébraux, toutes conditions qu’on ne retrouve plus au crâne, expliquent la déperdition du choc et l’absence de commotion dans des cas qui, au premier abord, sembleraient favorables à son apparition. On est frappé lorsqu’on lit les comptes rendus des guerres et, en particulier, les observations réunies par Otis, du nombre de lésions vertébrales, surtout des corps vertébraux qui ne se sont pas accompagnées de commotion. Alors même que les lames vertébrales, plus denses, avaient été atteintes, que les os frappés répondaient à une partie plus élevée de la moelle et que la balle avait produit cette compression instantanément brutale dont Duret s’est servie pour déterminer une commotion cérébrale, la commotion médullaire a manqué :
Un soldat dont Otis nous rapporte l’histoire avait reçu dans la colonne lombaire une balle qui, après avoir détruit l’apophyse épineuse de la deuxième lombaire, s’était encastrée entre cette vertèbre et la première, au point que son sommet touchait la moelle qu’elle avait comprimée et contusionnée. Le blessé ne sentit en aucune façon le coup qui l'avait frappé. Assis contre un arbre, il fit sentinelle toute la nuit durant laquelle il avait été blessé; il regagna Je camp le matin et ce n’est que l'examen de son vêtement perforé qui mit sur la voie de la découverte de sa blessure b
L’observation suivante est plus curieuse encore, en raison de la proximité du cerveau, des conditions dans lesquelles la blessure avait été produite (tir à courte distance;, de l’étendue et de la gravité des lésions osseuses.
Un marchand de chevaux reçut un coup de pistolet chargé de deux balles dont l’une pénétra à la partie supérieure et antéro-latérale droite du cou. Cet homme qui succomba quatre jours après l’accident et chez lequel l’autopsie permit de constater une fracture complète de la lame et de l’apophyse transverse de la deuxième cervicale avec dépression du fragment fracturé, put courir sur son agresseur, et ce n'est qu' après avoir fait trente ou quarante pas, qu’il tomba, perdit connaissance, et présenta des accidents médullaires : paralysie des membres inférieurs et contracture réflexe des extrémités supérieures1 2.
La commotion médullaire nous a semblé plus fréquente à la suite des traumatismes par balles de la moitié postérieure des vertèbres. Est-ce parce que le tissu osseux de l’arc postérieur est plus compact ou, plus simplement, parce que ces lésions sont plus souvent observées? Les balles actuelles déterminant un ébranlement bien moindre que celui des balles anciennes, ainsi que les expériences, que nous avons faites avec Cuavasse nous l’ont montré, la commotion médullaire sera peut-être plus rarement notée dans les guerres où ces projectiles seront utilisés.
Expliquée, dans ses degrés les plus atténués, par une anémie réflexe des vaisseaux de la moelle, dans ses degrés plus graves par une contusion