COMMOTION
i que l’examen macroscopique delà moelle ue montre pas toujours, la corn- | motion médullaire se traduit par les symptômes suivants :
Dans la forme la plus grave, le blessé tombe sans connaissance, ce qui j indique que le choc a retenti sur le cerveau. 11 est paralysé des quatre i membres, incapable de tout mouvement volontaire et insensible. L’urine et ! les matières fécales s’échappent involontairement. La respiration et la cirh eulation sont ralenties ; parfois elles s’exécutent d’une façon irrégulière.
La mort peut s’observer dans cette forme grave, mais le plus souvent les il - sym ptùmes s’amendent.
Moins intense, la commotion médullaire s’accuse par une paralysie incomplète, un affaiblissement surtout des membres inférieurs, avec troubles vésicaux et rectaux. Dans les heures qui suivent le traumatisme, le blessé accuse une douleur sourde, mais continue, le long du rachis, des fourmillements, des agacements, une sensation de brûlure dans les membres qui sont animés de mouvements inconscients, puis, peu à peu, parfois dans les vingt-quatre heures, la sensibilité reparaît et après elle la motilité. D'ordinaire les mouvements restent affaiblis pendant quelques jours i ou quelques semaines. La vessie et le rectum recouvrent leurs fonctions dès le premier jour, complètement ou d’une façon incomplète. Ils montrent pendant quelque temps un peu de paresse à évacuer leur contenu. Enfin, i dans certains cas, on observe de l’hypéresthésie, des convulsions épileptiformes, tétaniformes.
Quoi qu’il en soit, le propre des commotions médullaires ou des contusions légères et diffuses que, parla force de l’usage, on conserve dans leur • cadre, c’est de donner lieu à des accidents immédiats , peu persistants et /pci, habituellement , disparaissent sans laisser de traces.
Dans les raüway spine, les symptômes, rattachés par les uns à l’hystérie, •>ar d'autres à la commotion médullaire, apparaissent parfois immédiale- ; aient, dans certains cas plusieurs jours ou quelques semaines, quelques
* exclusivement ceux que nous venons de rappeler, ils consistent en : paralysies périphériques et faciales, paralysies sensorielles de la vue, de l’ouïe,
' le l’odorat, troubles intellectuels, modifications de la mémoire, du caractère, etc.
La moelle n’est pas seulement commotionnée dans les traumatismes rachidiens avec ou sans fracture, elle peut l’être encore dans les traumaismes cérébraux. Dans ces cas, les symptômes observés sont ceux des lésions le la moelle allongée.
Le pronostic de la commotion est moins grave que celui de le contusion it de la compression de la moelle. Dans un grand nombre de cas, non ■■.eulement la vie esL conservée, mais on obtient une guérison complète ou S presque complète. Dans d’autres, au contraire, on voit survenir consëcuivement une myélite .ou bien il persiste des paralysies incomplètes, des atrophies, de la cystite.
Le traitement est celui des autres traumatismes médullaires. Nous eu • ourlerons à propos des plaies.
BLESSURES DU DOS, DU RACIIIS ET DE LA MOELLE
Irritation méningée et médullaire par les esquilles. — On a
lieu de s’étonner que les classiques qui se sont arrêtés si longuement à l’étude de la commotion, de la compression et de la contusion médullaires, aient omis d’étudier, avec le même soin, les efFets des irritations primitives de la moelle ou de ses enveloppes produites par les esquilles, les fragments déplacés, ou d’autres corps étrangers. L’extrême gravité de ces irritations, le traitement actif et rapide qu’elles réclament, désignaient cependant cet accident à l’attention des auteurs. Après Ollivier, Fischer et Leyden sont les seuls auteurs qui l’aient mentionné. Leurs descriptions méritent d’être complétées.
Des crampes, des secousses convulsives pouvant aller jusqu’à l’épilepsie spinale ou faire croire, comme dans certains faits d’Oris, à l’opisthotonos ou au pleurosthotonos ‘, surtout des douleurs rachialgiques ou irradiées très intenses, à forme névralgique ou continues, tels sont les signes de ces irritations méningées. Leyden nous dit que l’irritation produite par les esquilles est telle que les douleurs qu’elles provoquent s’expriment par d’affreuses tortures qui durent jusqu’à la mort. L’intensité particulière de ces douleurs est bien exprimée dans l’observation suivante de Bertherand :
Le capitaine B... du 84e de ligne reçut en Italie une balle qui atteignit la colonne vertébrale au niveau de la onzième vertèbre dorsale. Ce malheureux officier, instantanément frappé de paraplégie, se dressait sur son séant dans le lit qu’il occupait à l’hôpital civil et se tordait sur lui-même. Désespéré de souffrir,
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il appelait la mort à grands cris. L’inspection de la plaie ne fournit aucune indi-
cation chirurgicale de nature à lui faire apporter le moindre soulagement. Il est probable pourtant que la moelle se trouvait irritée par quelques pointes osseuses, peut-être par les aspérités du plomb déformé dans le rachis. L'opium parvint à peine à assoupir momentanément cet officier qui mourut au bout de quelques *
heures d'affreuse agonie 1 2.
Nous retrouvons les mêmes douleurs signalées dans une observation de Bintôt, dans une autre d’OLLiviER, de Gcjyon. Ollivier rattache à l’irritation de la moelle par les esquilles (il serait plus juste de dire à l’irritation de ses enveloppes) les mouvements convulsifs dont était agité le blessé de Desault 3
Si nous nous en rapportons aux observations réunies par Otis, les balles qui compriment, dépriment les enveloppes médullaires, ou sont restées fixées dans la moelle, détermineraient des phénomènes irritatifs moins aigus que les esquilles. Ce point, comme tous ceux d’ailleurs auxquels nous faisons allusion dans ce chapitre, mériterait d’être soumis au contrôle des faits ultérieurs.
Nous trouvons dans Otis l’observation d’un blessé chez lequel une balle resta
logée dans la moelle qu’elle avait traversée. Dans ce cas, il n’est pas question
des symptômes aigus dont nous venons de parler.
L’exemple suivant est encore bien démonstratif:
Le blessé Charles S... est, à Monacocy, pendant la guerre d’Amérique, frappé par une balle qui, pénétrant au niveau du bord inférieur de l’épine de l’omoplate, se dirigea vers 1 épine dorsale et détermina, avec une paraplégie complète, les
1. On sait que la piqûre de la dure-mère, chez les animaux, détermine des convulsions.