EXPLOSIVES
La muqueuse laryngo-trachéale ne présente aucune trace de brûlure. Comme d’ordinaire une partie de la poudre échappe à la combustion, ses grains sont projetés sur les parties découvertes, en particulier sur la lace, et incrustés dans les couches les plus superficielles du derme, ils produisent un tatouage serré de parcelles foncées, noires, irrégulières.
L’expansion subite des gaz de la poudre se révèle par des vergetures, des éclatements de la peau, indices d’une distension exagérée, par des contusions, des déchirures des organes internes, des fractures, des commotions cérébro-médullaires, caractérisées par des épanchements arachnoïdiens ou de la masse de l’encéphale et du canal rachidien tels que les a décrits Duret. Ces commotions sont habituelles. Les tympans que nous avons examinés étaient intacts. Dans certains cas, il est difficile de déterminer si ces fractures, si ces graves confusions viscérales résultent exclusivement de la seule expansion des gaz, ou s’ils sont liés à la^projection des blessés.
Les enveloppes résistantes qui servent à contenir la poudre, les fragments des corps voisins susceptibles de fragmentation, la terre, le sable, sont chassés avec force par l’explosion et déterminent : soit des plaies punctiformes, nombreuses, peu profondes, et si rapprochées qu’elles représentent un véritable tatouage, soit des plaies plus étendues musculo-cutanées, noircies, déchirées, mâchées, enfin, des plaies compliquées de fractures comminutives, des ablations partielles ou totales des membres, des éventrations, des ouvertures larges du thorax, des pertes de substance étendues de la face, des enfoncements du crâne, etc., somme toute, des lésions compatibles avec la vie et semblables à celles que produisent communément les éclats de projectiles creux, ou des traumatismes effrayants qui entraînent la mort immédiate des traumatisés. Maintes de ces plaies sont compliquées de la présence des corps vulnérants qui les ont produites, ou de fragments de vêtements. Quelques-uns de ces corps étrangers, malgré leur insignifiante résistance et leur faible volume, sont trouvés profondément engagés dans les tissus.
Les symptômes généraux sont ceux du choc traumatique.
A la suite de l’explosion de poudrières ou de mines, des pierres, de la terre, des poutres ou d’autres corps volumineux et pesants, agissant à la façon de gros projectiles, produisent des dégâts semblables à ceux qu'on observe à la suite du choc des corps contondants ordinaires volumineux et projetés avec force. Lors de l’explosion de la poudrière du Mamelon-Vert, renfermant 1.500 kilogrammes de poudre, une immense poutre, lancée à plus de 300 mètres dans la direction des tranchées, écrasa une vingtaine de soldats anglais. La projection des madriers, de bois de blindage, des pierres, de la terre, coûta, d’après Scrive, à l'armée française, 150 blessés et 50 tués1. On sait les pertes considérables et les horribles mutilations que causa 1 explosion d’une mine, lors de l’assaut de Constantine.
Le pronostic des blessures produites par la poudre varie avec leur étendue, leur nombre, leur profondeur. Souvent compliquées de stupeur locale et générale, elles ont une tendance marquée au sphacèle et au développe*