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ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT

lu sang’ en abondance, un brancardier doit exercer d’abord une compression digitale immédiate au niveau de la plaie; un second brancardier met i découvert, par dégagement ou section du vêtement, la région occupée par 'artère principale du membre et déterminer sur elle, avec un garrot, une impression mécanique indirecte. En cas de persistance de l’hémorrhagie, ! exercerait une compression au-dessous et au niveau de la plaie (hémorhagie veineuse). Avant l’adoption des pratiques antiseptiques et lorsque es orifices des plaies étaient plus larges qu'ils ne le sont aujourd’hui, il ùt été permis à un brancardier de faire un tamponnement de la plaie, aujourd’hui ce mode d’hémostase serait inapplicable et dangereux, et e ne serait que dans les vastes plaies à lambeaux de la face, de la tète ou es membres, sans fracture, qu’il serait utilisable.

Des signes qui permettent aux brancardiers de reconnaître une fracire, la douleur , Y impotence fonctionnelle, la déformation du membre , agrandissement notable de l'orifice de sortie vestimentaire sont les teilleurs. La crépitation qui constitue encore un excellent signe, quand i le constate accidentellement, ne sera jamais recherchée . En cas de Dute, il est préférable d’immobiliser le membre plutôt que de l’abandonïr à lui-même.

Les brancardiers n’ont pas à faire de manœuvre chirurgicale de réducjn, si ce n'est dans les cas où la déformation du membre est considérable, ïtte réduction est alors facile, car les déformations considérables ne observent guère que dans les fractures très comminutives. On enseignera ix brancardiers les manœuvres de réduction indispensables, l’extension tement progressive et la coaptation qu’ils n’ont besoin de pousser que squ’au degré où elle permet l’application du membre blessé contre le îmbre sain ou la poitrine.

S’agit-il d'une fracture humérale commune? Saisissant, d’une main, vant-bras et le fragment inférieur, puis les parties molles qui recouvrent le .gment supérieur, à pleine main, et faisant parcourir aux deux segments la fracture un chemin égal, il applique et fixe le bras contre la poitrine, agirait de même pour les fractures de l’avant-bras comminutives. Pour les du membre inférieur, il rapproche le membre inférieur blessé du •mbre inférieur sain , se gardant de faire le contraire et comme nous •vons dit et figuré dans notre chapitre général des fractures, il réunit les ix membres au niveau du pied, des genoux, des cuisses (p. 132).

D’une façon générale (il n’est point inutile peut-être de le répéter), lès * gens de contention seront pris sur le blessé lui-même; ils seront fournis • les pièces de l’habillement ou de l’équipement et ce n’est qu’exccptionlement que les brancardiers les emprunteront au matériel de leur •sette. Ces moyens contentifs seront appliqués avec la plus grande dour, avec le minimum de secousses possible, surtout sans à-coups et sur vêtements.

En principe, il doit être interdit au brancardier de toucher aux plaies, es recouvrir d’un pansement antiseptique primitif. Nous en avons déjà • né les raisons; la principale est qu’ils ne peuvent que les infecter. Ce ne . lit que dans les plaies en surface de la tète et de la face, d’une façon plus

SERVICE DE SANTE EN CAMPAGNE

générale dans les vastes plaies compliquées d’hémorrhagies, qu’ils ont à faire un pansement rapide. Dans les cas d’éventration, les intestins ou l’épiploon seront recouverts de compresses antiseptiques, sans tentatives de réduction.

Contre la syncope, si fréquente après les hémorrhagies, les lésions nerveuses ou les blessures du tronc, les brancardiers emploieront les moyens ordinaires : décubitus horizontal, tête basse, aspersions d’eau froide, frictions générales, respiration artificielle. La respiration artificielle ne doit pas être pratiquée quand le blessé est atteint à la poitrine ou à l’abdomen.

Presque tous les blessés éprouvent une soif vive, surtout ceux qui ont éprouvé une perte de sang un peu abondante. « A boire » est leur cri. Un des premiers soins des brancardiers sera de les faire boire, à moins qu’ils ne soient frappés au ventre.

Les soins à donner aux blessés qui présentent des hémorrhagies graves, des fractures, à ceux qui sont en état de syncope, ne peuvent guère être assurés pendant la phase du combat ; pendant cette période, les brancardiers ne songeront qu’au relèvement et au transport rapide des blessés. Ce n’est qu’à la suite des luttes de peu d’importance, ou après l’action qu’ils pourraient être appelés à assurer des secours.

Du relèvement et du chargement des blessés. — Des blessés frappés sur le champ de bataille, les uns peuvent marcher et gagner le poste de secours ou l’ambulance, seuls ou soutenus par des camarades aussi peu atteints qu’eux. 11 en est ainsi de la plupart des hommes atteints aux membres supérieurs, de ceux qui ont des blessures légères de la tête, du tronc, des membres inférieurs.

Tout homme qui présente une lésion grave de la tête, de la face, du cou, une fracture des membres inférieurs, devra être transporté sur brancard.

Le changement est effectué par deux ou trois hommes qui se placent du côté opposé à la blessure (le brancard étant disposé parallèlement au traumatisé et du côté correspondant à la blessure). Ils soulèvent ensemble, l'un les membres inférieurs réunis, un autre le bassin et le tronc, le troisième la partie supérieure du tronc et la tête. Cette position des brancardiers est bien préférable à celle qui consiste à relever, à deux, le siège et le tronc, le troisième brancardier soutenant les parties blessées. Le chargement est plus difficile que dans le premier cas. Parfois deux hommes vigoureux suffisent. L’un embrasse le tronc, l'autre le bassin et les cuisses. Ils sont toujours placés du même côté. Dans nos services, nous faisons souvent relever et transporter nos opérés par un seul infirmier robuste. Sur un sol inégal et glissant, avec un blessé couché par terre et qu’on ne prend plus à bonne hauteur, il est prudent de faire exécuter le relèvement par deux hommes.

Le blessé n est pas toujours tombé sur un sol plat et découvert, sur lequel on peut disposer le brancard à sa guise, il peut être nécessaire de le transporter, à une certaine distance, jusqu’au brancard. Les Manuels d£ brancardiers décrivent avec soin les procédés de relèvement et de transport utilisables en pareil cas : transport à dos d’homme, à bras, à bras en

s’aidant d’un manteau; transport à deux hommes, le blessé assis, couché; transport à quatre ou cinq hommes.

Cet, modes de transport sont utilisés, dans certaines conditions exceptionnelles, pour le transport direct du blessé du champ de bataille au poste de secours. 1 *

Du brancard , position à donner au blessé sur le brancard , transport du brancard charge. — Les brancards qui servent au transport des blessés .!°n, C ° mode]es dlvers suivant les puissances et même dans chaque armée. .? ,rancard frfn?fis réglementaire est à la fois léger (10 ldlog.). solide et d un montage facile. Ses dimensions ont été calculées pour qu’il puisse se placer dans les voitures d’ambulance. En temps de paix, les brancardiers 'sont exerces à sa manœuvre.

Le blessé doit être déposé sur le brancard avec ensemble et douceur. En principe, il doit être couché sur le dos, la tête un peu soulevée, les

«membres supérieurs rapprochés du tronc, les membres inférieurs allongés m legerement fléchis. &

Certains hommes qui auraient particulièrement à souffrir des secousses ' nseParables de tout transport, doivent être calés avec des vêtements.

Quand la blessure répond à l’un des côtés du tronc, on incline le blessé air le cote sain. Dans certains cas enfin, il peut être avantageux de le cou- On fera toujours en sorte que les extrémités inférieures du blessé ne dépassent pas Ta toile du brancard, afin que pendant le soulèvement de ce ! ernier, les fesses du brancardier de tête ne puissent leur imprimer de dan- ! gereuses secousses.

Le Manuel du brancardier 1 a déterminé les précautions que doivent rendre les brancardiers pendant le transport. Elles sont connues de tous îs médecins de l’armée : hommes choisis de taille égale, pas rompu, réguler, égal, assez petit, réduit au tiers de sa longueur ordinaire, traînant, est-a-dire exécute les genoux étant légèrement fléchis. Il en est de même es manœuvres spéciales qui assurent le transport, sans secousses, en terrain ichne (élévation de deux hampes), le passage d’une clôture, d’un fossé... .n principe, il faut éviter les obstacles, au risque de perdre un peu de temps.

Les brancards improvisés : civières, échelles, portes, planches recou- «rtes de paille, fusils, etc., ne seront utilisés qu’en cas d’urgence absolue. A l’arrivée au poste de secours , le déchargement du blessé s’exécute

vec les mêmes précautions et par les mêmes manœuvres que le chargenent. °

Nous n insisterons pas sur les détails du chargement des blessés sur les ucolets, les litières et les voitures d’ambulance.

Après avoir accompagné ou transporté les blessés au poste de secours, s brancardiers, a moins d’ordre contraire, reviennent immédiatement le us près possible des combattants et continuent à opérer le transport des esses. On a calcule qu il fallait trois quarts d’heure pour effectuer un ansport de I 200 à I 500 mètres.

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