I. Manuel du brancardier militaire . Paris
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SERVICE DE SANTÉ EN CAMPAGNE
Lorsque les combattants font un mouvement rétrograde, les brancardiers se portent au poste de secours pour évacuer le plus vite possible les blessés sur l’ambulance.
Après le combat, ils fouillent les replis et abris du champ de bataille. La nuit, ils sont munis, pour se guider dans leurs recherches, des lanternes qui se trouvent dans les voitures médicales régimentaires.
Les brancardiers régimentaires peuvent être employés à l’évacuation des postes de secours sur l’ambulance ou sur le relai des voitures intermédiaire entre ces deux échelons. Dans ce cas, ils échangent leurs brancards chargés contre un brancard vide.
Dans les actions d’importance, les brancardiers d' ambulance assurent avec les brancardiers régimentaires le transport des blessés du champ de bataille à l’ambulance L
Du poste de secours. — Pendant le combat, le service médical régimentaire organise des postes de secours. Ces postes reliés à la ligne de feu par les brancardiers régimentaires, sont disposés par le médecin chef du régiment, après ordre pris du chef de corps. Leur emplacement est indiqué à la troupe.
Situés, au début de l’action, à hauteur ou en arrière des réserves de bataillon (12 à 1 500 mètres), ces postes sont placés autant que possible à l’abri des projectiles, en dehors des points stratégiques, derrière un abri, une levée de terre, un pli de terrain, une maison. Ces postes comprennent :
Comme ■personnel : 1 médecin-major de lre classe du cadre, médecin chef, et par chaque poste quand il fonctionne par bataillon : 1 médecin du cadre, 1 médecin
auxiliaire, 4 infirmiers, 1 conducteur, 17 brancardiers, soit 4 par compagnie, plus un caporal.
Réunis et fonctionnant par régiment, ils comprennent 4 médecins du cadre, 3 médecins auxiliaires, 12 infirmiers, 52 brancardiers, dont 1 sergentet3caporaux.
Aux brancardiers peuvent être adjoints les musiciens du régiment, au nombre de 40 environ, ce qui porte à 100 environ par régiment, le nombre des unités qui assurent les premiers secours sur les champs de bataille.
Le matériel misa la disposition de ces postes consiste en : 1 sac d’ambulance par bataillon, lechar- Voiture médicale régimentaire. (Modèle réglementaire.) gement d’ime voilure médicale régimentaire (fig. 364) contenant 1 paire de cantines médicales, 1 paire de paniers de réserve, 10 musettes à pan-
b Les brancardiers régimentaires qui se distinguent par un brassard spécial (croix de Malle en drap blanc cousue sur fond bleu de roi) ne bénéficient pas, comme les infirmiers régimentaires , des dispositions de la convention de Genève. Leur rôle terminé, ils rejoignent leur unité combattante.
sèment, S brancards, 1 bidon d’eau. Avec les boîtes d’instruments et médicaments, la voiture médicale, contient 800 pansements, ce qui fait 3 000 par régiment en tenant compte de ce que contiennent les sacs et musettes, et, abstraction faite du paquet individuel de pansement mis à la disposition de chaque soldat.
Quand, par suite d’une marche en avant, le ou les postes de secours sont trop éloignés, le médecin chef les rapproche. En cas de mouvement rétrograde, celui-ci évacue au plus tôt ses blessés en commençant par les moins atteints. Il désigne, pour restera côté des autres, unmédecin qui est placé sous la protection de la convention de Genève.
Etant données les conditions d’installation des postes de secours, leurs médecins ne peuvent et ne doivent se borner qu’à assurer les secours les plus urgents, et à faciliter le transport très rapide des blessés sur l’ambulance ou les hôpitaux de campagne.
Ni l’exploration des plaies, d’ailleurs inutile dans l’immense majorité des cas, ni la recherche des corps étrangers, ni l’ablation des esquilles, toutes pratiques qui nécessitent une antisepsie rigoureuse et constituent des actes chirurgicaux méthodiques, ne peuvent être exécutés au poste de secours. L 'arrêt des hémorrhagies par des procédés très élémentaires, Y immobilisation des fractures des membres et en particulier des membres inférieurs, par les moyens les plus simples, les plus expéditifs, la révision des appareils appliqués ; à la rigueur, l’application de pansements sur les blessures légères des parties molles ; le traitement de l’état syncopal, ou des douleurs des blessés atteints de lésions nerveuses, tel est le rôle du personnel sanitaire des postes de secours. L’importance des soins peut varier, du reste, avec les dispositifs du combat, la rapidité avec laquelle l’ennemi s’éloigne, la valeur des abris, etc. Le rôle du poste de secours peut être nul, en cas de recul.
Un pansement ne saurait être appliqué d’emblée sur les plaies. Après section partielle du vêtement, et protection de la plaie par un tampon antiseptique, la région est lavée avec une solution antiseptique et le pansement fixé seulement après ce lavage.
Suivant la nature et l’étendue des plaies, on pourra ou non se servir du paquet individuel.
Celui-ci se compose :
D’une enveloppe extérieure qui le protège à la fois contre l’usure et les souillures, d’une enveloppe intérieure en tissu caoutchouté qui le garantit de l’humidité, d'un gâteau d'étoupe, d’une compresse de gaze, d’une bande de gaze longue de 4 mètres, d'un morceau de tissu caoutchouté, et de deux épingles de sûreté.
Les blessés examinés et pansés sont rangés dans l’une des trois caté- -gories suivantes :
1° blessés atteints de lésions graves, fatalement mortelles à bref délai ;
2° Blessés transportables. Us sont évacués le plus tôt possible ;
3° Hommes atteints de blessures légères et qui peuvent être renvoyés au corps.