PERTES DES ARMÉES EN CAMPAGNE. STATISTIQUES
Etendue des pertes. — Malgré les perfectionnements considérables apportés à l’armement, dans la dernière moitié de ce siècle, malgré la gravité incontestablement plus grande des engins meurtriers de l’artillerie, la rapidité du tir de l’infanterie, la dépense plus considérable des munitions, le rapport entre les tués, les blessés, et le nombre des soldats engagés dans l’action, va sensiblement en diminuant. Quelque paradoxale que cette donnée puisse paraître, elle semble établie de la façon la plus évidente par le relevé statistique (p. 973), que nous empruntons à M. le médecin principal professeur Moracee. On en recherche la raison dans ce fait que, malgré l'imperfection de l’armement d’autrefois, les parties adverses s’abordaient de plus près, en venaient directement aux mains ; la cavalerie pouvait attaquer sans trop de désavantage une infanterie qui, au delà de 200 mètres, n’offrait plus qu’un feu sans précision et sans grand effet. Pour être vainqueur, il fallait faire preuve d’une opiniâtreté qui n’avait pour égale que la solidité de l’adversaire. Dans ces conditions. les deux parties hostiles s’infligeaient les pertes les plus sérieuses1. A mesure qu’on se rapproche davantage de notre époque, le tir s’exécute à plus longue distance, la lactique tend à se substituer davantage à l’action individuelle, et les effectifs engagés sur lesquels se répartissent les pertes sont plus considérables.
On admet assez communément que les pertes par le feu, répondent au 1/10 de l'effectif, c’était déjà le chiffre indiqué par Ravaton, mais connue on peut le constater sur le tableau précédent, on relève, suivant les campagnes, de grands écarts qui oscillent entre 4 p. 100 et 30 p. 100.
Certains admettent une proportion de 15 p. 100 de blessés à secourir. H nous paraît admissible que le nombre de blessés ne variera guère lorsqu il sera directement réparti sur tout l’effectif, mais sera sans doute plus grand sur les troupes engagées, munies d’armes à tir rapide.
1. Moraciie, art. Soldai du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales t 3" sene, t. X, p. 235.
STATISTIQUES