‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 318 sur 340 · T R A J E T S C U T AN KO -MUSC U L A 1RES · texte numérisé non relu

T R A J E T S C U T AN KO -MUSC U L A 1RES

Les dimensions de l'orifice d’entrée varient avec la vitesse de la balle. Aux distances très rapprochées, le diamètre de l’orifice d’entrée est supérieur ou égal à la balle, surtout si on ne se contente pas d’en rechercher le diamètre apparent, mais le diamètre réel, en introduisant, sans frottement, une balle dans cet orifice, seul moyen d’en bien apprécier les dimensions. Aux moyennes distances, il présente un diamètre égal ou presque égal à la balle. A des distances éloignées, il est plus petit que ce diamètre. A 1600 mètres il a 3 millimètres.

Avec la balle de 8 millimètres, comme avec celle de 11 millimètres, l’orifice de sortie peut être circulaire ou ovalaire dans des tirs à courtes distances, surtout lorsque la peau adhère solidement aux plans sous-jacents; le plus souvent, il est en étoile, triangulaire, ou L, en T, longitudinal, c’est-à-dire sans perte de substance et très réduit par l’accolement des lambeaux qui servent à le constituer (fig. 9, 11, pl., p. 72).

Comme l’orifice d’entrée, l’orifice de sortie a des dimensions diamétrales qui varient en général avec la vitesse du projectile. Très étroit, réduit à quelques millimètres à grandes distances, il a 5 à 6 millimètres de diamètre aux distances éloignées, il est presque égal au diamètre du projectile aux distances moyennes, supérieur à ce diamètre aux courtes distances. Pour la balle de 8 millimètres, comme pour celle de 11 millimètres, il est, en général, un peu plus grand que l’orifice d’entrée. Nous savons que le diamètre de l’orifice de sortie augmente d’étendue dans certaines lésions osseuses. Nos recherches confirmées depuis par celles de Bruns et d’H.vbart ont bien affirmé cette importante donnée controuvée.

Les’feuillets du fascia super flcialis se comportent vis-à-vis des balles de 8 millimètres comme vis-à-vis des balles de 11 millimètres. Les orifices du feuillet lamellcux sont un peu inférieurs aux orifices cutanés d’entrée et de sortie (fig. 321, p. 762). Les uns et les autres sont circulaires, ovalaires, irrégulièrement quadrangulaires, linéaires. Ceux du feuillet cellulo-graisseux sont d’ordinaire obturés par les lobules voisins du trajet non touchés par la balle.

Les aponévroses présentent, après le tir des balles de 8 millimètres comme après celui des projectiles de 11 millimètres, des orifices beaucoup plus étroits que les orifices cutanéo-musculaires. Avec la première balle, ils sont notablement plus étroits qu’avec la dernière. Leur étendue est encore liée à la vitesse du projectile, et leur forme la plus ordinaire est la forme linéaire, condition éminemment favorable par l’occlusion spontanée du trajet (fig. 7, p. 762).

Les muscles , parfois échancrés, sont le plus souvent creusés en un canal, dont la rétractilité musculaire augmente les dimensions. Leurs pertes de substance sont, toutes choses égales d’ailleurs, supérieures à celles de la peau, et varient de grandeur suivant la vitesse du projectile. A des distances assez éloignées, on peut déjà, sur le cadavre, introduire la balle dans le trajet musculaire. Ce dernier est le plus souvent béant. Dans les perforations parallèles ou presque parallèles à la direction des faisceaux musculaires, le canal est plus étroit que dans les perforations transversales (Chauvel).

ADDENDAS.

Les lésions tendineuses et nerveuses sont, avec des dimensions inférieures, analogues à celles que produisent les balles de 11 millimètres.

Les artères et les veines présentent avec la balle de 8 millimètres, les perforations, les plaieslatérales et les sections que produisaient des balles de diamètre plus étendu. Etant donne le calibre moindre de ces projectiles, les perforations s’observeront, avec les balles actuelles, sur des vaisseaux que les anciennes eussent sectionnés. Les lésions artério-veineuses déterminées par les nouvelles balles ne diffèrent des anciennes que par leurs plus faibles dimensions.

Nous n’avons qu’à rappeler la similitude presque complète des lésions épiphysaires et diaphysaires des balles de 8 et de 11 millimètres.

Effets des balles ricochées. — Nous avons vu que les ricochets sont grandement escomptés dans les tirs de campagne et qu’un tiers des balles n’atteint le but qu’après avoir touché le sol. Au contact de ce dernier, un certain nombre de balles anciennes ne subissait pas de formation ; elles suivaient une nouvelle trajectoire, la pointe en avant, et produisaient des trajets semblables à ceux déterminés par les balles tirées de plein fouet; d’autres atteignaient le blessé en se présentant de travers; un grand nombre éprouvait des déformations typiques ou atypiques et se creusait des trajets agrandis et irréguliers. Les balles actuelles, après ricochet, peuvent se comporter de même. Il est plus fréquent avec elles qu’avec les anciennes de constater des trajets semblables à ceux des balles tirées de plein fouet; certaines produisent des orifices et des trajets ovalaires ou ellipsoïdes (balles se présentant de travers), des orifices ou des trajets irréguliers (déformation de la balle), ce qui est plus rare. A courte distance, une balle à enveloppe rencontrant un corps très dur se fragmente, surtout si son noyau est entouré d’une enveloppe de cuivre ou de maillechort. Les fragments d’enveloppe ou de noyau qu’elle fournit produisent alors, sur un blessé placé à proximité, un semis de plaies étroites, linéaires ou punctiformes avec séjour du corps vulnérant. Nous avons observé, sur le membre inférieur d’un blessé de Fourmies, frappé par les nombreux fragments d’une balle Lebel ricochée sur une marche d’escalier, une vingtaine de plaies pénétrantes étroites qui semblaient produites par une charge de plomb.

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