‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 54 sur 340 · SECONDAIRES · texte numérisé non relu

SECONDAIRES

CAS

MORTALITÉ

CAS

MORTALITÉ

CAS

MORTALITÉ

Main et doigts. .

Poignet

Avant-bras . . .

Coude

Bras

Epaule

Pied et orteils. .

Cou-de-pied. . .

Jambe

Genou

Cuisse

Hanche

Les pansements antiseptiques, en faisant disparaître ou en modérant les processus suppuratifs, en diminuant dans une large mesure les chances d’insuccès liées aux hémorrhagies consécutives d’origine pyémique,à l’infection purulente et à l’ostéomyélite, causes principales de la mort des amputés, ont considérablement diminué dans la pratique journalière la léthalité des amputations traumatiques, comme elles diminueront dans une proportion notable mais encore mal déterminée celle de nos amputations pour traumatismes de guerre. Poinsot, réunissant plusieurs statistiques importantes de grands chirurgiens qui appliquent avec rigueur la méthode antiseptique, a constaté que celfe-ci a diminué de près de moitié la mortalité des amputations en bloc et d’un tiers celle des amputations traumatiques '. Il ressort d’un autre côté des faits d’une observation commune que bien que la léthalité des amputations pratiquées à la période intrafébrile (arnpu-

1. Poinsot, Encyclopédie internationale de chivuryie , t. II, p. 482ct suiv.

gravité des amputations traumatiques.

tâtions intermédiaires) se soit atténuée, elle reste encore supérieure à celles des amputations primitives antéfébriles, surtout quand l’amputation est faite chez des blessés qui présentent des complications d’origine osseuse. Entin, bien que les différences soient moins frappantes qu’autrefois et que, dans des conditions favorables, les unes et les autres puissent guérir aussi simplement, les grandes amputations du membre inférieur exposent plus la vie du blessé que celles du membre supérieur. Les désarticulations, pour guérir, réclament plus de soin et d’attention que les amputations dans la continuité, mais elles ne comptent plus, comme autrefois, une mortalité notablement supérieure à celle des amputations dans la continuité.

Des statistiques réunissant en bloc les succès ou les insuccès d’une amputation ne peuvent éclairer que d’une façon fort imparfaite le chirurgien sur les chances de guérison ou de mort du blessé qu’il a à amputer, c’està-dire sur la question qui l’intéresse le plus. Il lui faut chercher d’autres éléments d’appréciation. Or les conditions qui règlent le sort des amputés sont celles qui influencent aussi celui des autres blessés. Elles sont extrinsèques ou intrinsèques , elles relèvent de la nature du traumatisme , de l'état du blessé, du milieu dans lequel il est placé, du traitement utilisé.

Nature du traumatisme. — Les chirurgiens qui ont pris part aux guerres desiège (Anvers, Sébastopol, Strasbourg, etc.), ont insisté sur la gravité des amputations pratiquées pour les blessures produites par les éclats volumineux des obus. Les chirurgiens de Strasbourg, entres autres, furent très frappés des différences que présentèrent au point de vue de la rapidité et du nombre des guérisons les blessés transportés de Wœrth qui, pour des fractures par balles, durent être amputés et ceux qui furent opérés, même au début du siège pour des traumatismes par éclats d’obus. Les blessés atteints de fractures pendant les guerres des rues et d’une façon plus générale tous ceux qui ont été frappés à courte distance par des balles animées de très grandes vitesses se sont le plus souvent présentés dans des conditions telles qu’elles laissaient peu d’espoir pour le succès des interventions. Les luttes intestines de 1830, de 1848 et de la Commune nous ont renseigné sur ce point. L’intensité du choc traumatique, l'état de stupeur des tissus, l’étendue des lésions, la difficulté qu’éprouve le chirurgien à en établir les limites, sont les raisons principales qui expliquent les trop nombreux insuccès qu’on constate dans ces cas et qu’on déplore journellement dans la pratique chez les blessés amputés pour des traumatismes graves de l’industrie (accidents de chemins de fer, etc.).

Ce n’est pas seulement à la période primitive que la nature des lésions présentées par le membre blessé peut inlluencer les résultats des amputations. A la période suppurative, intermédiaire, surtout lorsque des complications osseuses sont survenues, le pronostic de l’opération n’est plus, dune façon générale, ce qu’il est aux autres périodes. Il diffère encore suivant qu’on ampute dans la continuité du segment atteint, dans l’articulation supérieure ou au-dessus. Dans le premier cas on ampute souvent au-dessous des limites du mal, on laisse dans la plaie un os dont la moelle présente des altérations trop profondes et trop étendues pour pouvoir (dre avantageusement modifiées par les antiseptiques et qui n entraînent que trop souvent la mort du blessé par septicémie.

DE L’AMPUTATION DES MEMBRES

État du blessé. — C’est un fait bien connu des chirurgiens d’armée que les amputations pratiquées au début d’une campagne, sur des blessés vigoureux, donnent une proportion de succès beaucoup plus considérable et des guérisons plus rapides que les amputations faites dans le cours ou à la lin de da guerre, surtout si celle-ci a été longue, pénible et si elle a imposé de grandes privations aux blessés. Dans aucune guerre cette influence ne se lit sentir à un plus haut degré que pendant la guerre de Crimée. La débilitation extrême des blessés a sur la cicatrisation des moignons la pernicieuse influence d’un état diathésique grave.

Quand on pratique l’amputation à la période intermédiaire pour des complications suppuratives, chez un blessé fébricitant, l’opération, comme l’a judicieusement fait remarquer Verneuil, se pratique sur un blessé malade, sur un homme dont l’économie est infectée par des produits septiques dont l’action nocive peut persister après l’ablation du segment du membre qui lésa fournis. Si en en supprimant à temps la source, l'amputation peut être suivie d’une amélioration rapide dans l’état du blessé, parfois par le choc, la perte de sang, les émotions morales dépressives qu’elle entraîne, l’opération aggrave l’état de l’amputé. Le plus souvent, l’état général défectueux rend difficiles les réunions primitives, même sous des pansements très antiseptiques. L’influence des émotions morales dépressives se fait surtout sentir sur les officiers dont la carrière est souvent brisée par la mutilation qu’a imposée leur blessure et sur les blessés de l’armée ennemie ; parfois chez ces derniers elles agissent conjointement avec d’autres causes telles qu’une surveillance insuffisante, des pansements incomplets, des transports à distance, une nourriture mal appropriée à leurs besoins, etc., etc.

Des affections médicales graves, le typhus, le scorbut, etc., peuvent encore accentuer un état général déjà grave des opérés. Chez les blessés âgés, le pronostic des amputations serait, d’après Verneuil, plus grave que chez les adultes.

Influence du milieu. — Avant qu’on eût recours aux pansements antiseptiques, il était notoire qu’un blessé placé dans un milieu salubre, à la campagne par exemple, avait bien plus de chances de guérir qu’un amputé soigné dans un hôpital de grande ville où il recevait cependant des soins plus attentifs et plus éclairés. Les terribles épidémies d’infection puru lente constatées dans les hôpitaux encombrés de Paris, n’ont que trop révélé en 1870-71 l’influence du milieu dans lequel étaient placés les blessés; les opérations les plus insignifiantes y étaient souvent suivies des plus graves complications. Plus mal renseignés que nous ne le sommes à l’égard de la contagion septicémique, les chirurgiens d’alors accusaient l’encombrement de produire les accidents qu’ils observaient sur les opérés et, comme mesure de défense, ils réclamaient la dissémination des amputés. Aujourd’hui, grâce aux magnifiques résultats obtenus par des chirurgiens qui opèrent dans des hôpitaux encombrés, on sait faire la différence entre Y encombrement simple dans un milieu salubre, antiseptiquement parlant, et Y encombrement dans un milieu infecté. Des amputés pansés antiseptiquement peuvent subir l’influence du premier sans danger; même sous des pansements antiseptiques, ils seraient toujours exposés dans le second. La dissémination des opérés reste une excellente mesure, lors-

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