‹ Traité de chirurgie de guerreChapitre 67 sur 340 · E. Delorme, Archives me.d. tnilil. o. c · texte numérisé non relu

E. Delorme, Archives me.d. tnilil. o. c

BLESSURES DES MEMBRES SUPERIEURS

juste au niveau de l’interligne articulaire et qu’il ne se creuse dans l’os qu’une légère gouttière. Les perforations sont presque toujours accompagnées de tissures iradiées vers la diaphyse. Ces dernières s’observent toujours quand la balle a pénétré aux limites du tissu bulbaire (fig. 83).

Les balles qui atteignent l’apophyse styloïdedu radius peuvent l’érafler, l’écorner. Celles qui longent l’une des deux faces de l'extrémité inférieure de cet os la contusionnent, l’érallent, la creusent en sillon. Dans le dernier cas, le tissu épiphysaire supérieur au cartilage est d’ordinaire sillonné de tissures obliques (fig. 84) ou par une fissure spiroïde.

L’apophyse styloïde du cubitus peut être éraflée, nettement abrasée par une balle, la surface articulaire de cet os écornée, mais dès que le projectile a frappé au-dessus de la surface cartilagineuse cupulaire, les échancrures, gouttières et perforations s’accompagnent d’ordinaire de traits

tissuriques(tig. 85). Quelque exiguës que soient les dimensions de l’extrémité inférieure du cubitus, celle-ci était aisément traversée par une balle de 11 millim. Ces perforations s’observeront plus communément encore dans des tirs avec des balles de 8 millim.

En somme, et c’est là la donnée la plus essentielle à retenir, dans les lésions de l’extrémité radio-cubitale par balles, les dégâts sont rarement limités à une faible étendue de l’os, à la portion articulaire. Cela ne veut pas dire que la fracture, même compliquée de fissures, soit sérieuse. En effet, les traits fissuriques n’atteignent pas généralement le canal diaphysaire quand la balle a frappé à peu de distance de l’interligne.

Nous avons déjà fait remarquer à propos des blessures de la main que du côté des os de la première rangée du carpe, les lésions sont variables comme étendue, suivant que la balle a pénétré dans le sens antéro-postérieur ou transversal. Dans le premier cas, très souvent un seul des os du carpe est atteint. Les lésions consistent dans des écornures et des sillons quand le projectile pénètre au niveau de l'interligne ou près des bords de l’article, en des perforations avec éclatement quand l’os est traversé. Lorsque la balle, au lieu d’intéresser les os ducarpe dans le sens antéro-postérieur, les frappe dans le sens transversal, elle produit des écornures, des sillons, des gouttières, des perforations et ces lésions, en raison de la forme presque curviligne de l’interligne intercarpien, peuvent intéresser les os de chaque rangée. La gravité du traumatisme varie avec le degré de vitesse de la balle. En général, bien que les os restent en place, ils sont comminutivement fissurés. Dans les coups de feu transversaux, les lésions osseuses sont plus étendues, mais elles sont aussi moins corn-

Fig. 83.

Fig. 83. Perforation de l’extrémité inférieure du radius à la limite du tissu bulbaire. Type diaphysaire de la fracture. (Pièce de notre collection.) — Fig. 84. Gouttière de l'extrémité inférieure du radius presque au niveau de la surface articulaire. Fêlures irradiées sur la diaphyse. (Pièce de notre collection.) — Fig. 85. — Perforation de l’extrémité inférieure du cubitus au-dessus de la surface articulaire. Type diaphysaire. (Pièce de notre collection.)

BLESSURES DU POIGNET

pliquées d’ordinaire; l’ouverture des gaines, les blessures des nerfs et des j vaisseaux sont moins fréquentes que dans les coups de feu antéro-postô- . rieurs. Dans les coups de feu antéro-postérieurs, il y a lieu de distinguer | les trajets dorso-palmaires des trajets inverses. Dans les coups de^feu postéro-antérieurs, la balle chasse devant elle et abandonne parfois dans la grande gaine des fléchisseurs de la poussière osseuse qui l’irrite.

Les lésions du poignet par éclats d'obus échappent à toute description t méthodique et no peuvent guère être rangées que dans les deux grandes J classes de blessures périarticulaires et de plaies articulaires avec lésions ! osseuses plus ou moins étendues.

Les lésions du poignet par armes blanches sont exceptionnelles et i s’observent plutôt sur le poignet gauche que la théorie enseigne de sabrer que sur le poignet droit que la poignée du sabre protège chez les cavaliers. Elles consistent en des sections plus ou moins transversales, habituellement profondes et intéressant à la fois les parties molles et les os. Les g auteurs citent quelques exemples de section complète du poignet parles ■\ armes tranchantes.

Le diagnostic général des lésions du poignet est d’ordinaire facile et basé plutôt sur les rapports du trajet avec les os que sur la déformation de la jointure et la crépitation.

Complications des blessures du poignet. — Comme nous l’avons dit déjà, i les blessures du poignet s’accompagnent souvent de lésions des gaines -synoviales tendineuses, des vaisseaux et des nerfs. Nous n’avons rien à dire de la première complication sur laquelle nous nous sommes déjà arrêté à propos des blessures de la main. Les hémorrhagies artérielles du poignet ne comportent aucune médication thérapeutique spéciale. C’est aux modes d'hémostase déjà indiqués à propos des blessures de la main (compression directe, compression indirecte sur l’humérale, etc.) qu’il faut d’abord avoir recours. La ligature des deux bouts est le mode d’hémostase définitif le : plus sûr. Les hémorrhagies fournies par les grosses veines de la face dorsale - s’arrêtent d’ordinaire sous l’influence d’une compression directe.

Nous ne nous arrêterons pas aux blessures des nerfs.

Traitements des blessures du poignet. — Conservation. —

La suture aidée d’une position qui favoriserait le rapprochement des parties, assurerait, sous un pansement antiseptique, la réunion immédiate des plaies par armes blanches. La section simultanée des tendons et des autres parties molles réclamerait une suture directe, au catgut, des extrémités 1 des tendons divisés, avant l’application de la suture superficielle.

La conservation pure et simple, aidée dans certains cas de l’esquillo- [ tomie, est aujourd’hui la méthode de traitement préférée dans les lésions I osseuses du poignet produites par les projectiles lorsque la destruction | des parties molles n’a pas été poussée jusqu’à ses dernières limites. C’est I dire que cette méthode est presque toujours, nous dirions toujours utilisée primitivement dans les fractures produites par les balles, s il n y avait pas | lieu de faire une exception pour quelques coups explosifs et pour les cas I dans lesquels le nerf médian et le nerf cubital ont été simultanément sec- ! donnés. L 'amputation primitive est surtout réclamée par les plus graves | traumatismes déterminés par les volumineux éclats d’obus.

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