I. Chenu, o. c., t. II, p
BLESSURES DU PIED
tion volontaire. D’un autre côté, comme en campagne il est difficile d’obtenir du soldat qu’il tienne ses pieds propres et comme on ne lui accorde de repos qu’autant que ses excoriations sont très étendues, ces accidents en apparence insignifiants sont assez souvent suivis de lymphangites du pied et de la jambe, d’adénites inguinales, de phlegmons diffus de la face dorsale du pied, de phlegmons diffus profonds de la jambe. La propreté des pieds, des onctions avec des corpsgras, le port de chaussures mieux appropriées au pied, permettraient d’éviter ces excoriations; un repos relatif, un pansement antiseptique en amèneraient rapidement la guérison. Quand l’ampoule n’est pas rompue, on la traverse avec un crin de cheval rendu antiseptique.
Le docteur Raynal 1 a décrit sous le nom de cellulite péritendineuse du tendon d’Achille une affection que nous avons fréquemment observée en 1870-71 sur les 3000 hommes d’infanterie que pendant deux mois nous avons accompagnés comme médecin. Due aux fatigues de la marche, à l'irritation, au froissement direct de la région postérieure du cou-de-pied par le port de chaussures inextensibles, favorisée peut-être dans son apparition par d’autres causes encore, cette affection est caractérisée par un gonflement dur qui a son maximum d’intensité en arrière des malléoles, de chaque côté du tendon d’Achille. Ce gonflement est précédé et s’accompagne de douleurs assez vives pour rendre la station et la marche difficiles. Les douleurs sont surtout accusées par le blessé quand le pied se fléchit, elles diminuent pendant son extension. Sous l’influence du repos et d’une certaine compression ce gonflement disparaît, bien qu’assez lentement, c’est ce que nous avons constaté sur la plupart des blessés que nous avons observés. D’après le docteur Raynal, cette inflammation peut devenir suppurative et, dans ce cas, manifeste une certaine tendance à passer à l’état chronique. Cette affection, encore mal étudiée, mérite de fixer l’attention de nos collègues de l’armée. Il y aurait lieu de faire la part de ce qui revient dans son développement à l’inflammation de la bourse séreuse : rétro-calcanéenne.
Pauzat a observé à la suite de marches des gonflements œdémateux de la région métatarsienne chez de jeunes soldats qui n’avaient pas eu à [ souffrir de leurs chaussures, mais qui, avant leur incorporation, exerçaient des professions qui ne les obligeaient pas à de longues marches1 2. L’œdème peut rester limité à la face dorsale du métatarse ou envahir simultanément la face plantaire; il est douloureux, persiste 10, 20, 30 jours et même davantage, pour aboutir à la formation d’une périostose.
Signalons, en passant, la fréquence et la gravité des entorses adduc- \ trices des cavaliers et les traumatismes variés, contusions, plaics'con- • uses, écrasements du pied produits par le passage de roues de voiture ou la chute de grosses pièces de matériel.
Plaies par armes blanches. — Communément observées dans la pratique journalière, les blessures du pied par les armes piquantes et tranchantes sont si exceptionnellement constatées en campagne qu’elles