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HYPERTROPHIE DES BORDS ALVÉOLAIRES

s’effectue encore de manière à faire saillir les dents en avant ; les incisives supérieures ainsi déplacées produisent l’effet le plus désagréable. La gencive est ordinairement pâle, dure et intihiement adhérente aux collets des dents.

L’hypertrophie de la portion alvéolaire de la mâchoire, d’étendue limitée, est loin d’être une lésion rare. On voit souvent saillir à la surface linguale du maxillaire inférieur une nodosité osseuse du volume d’un pois ; les productions de ce genre peuvent atteindre jusqu’à la moitié du volume d’une noix, sans incommoder le malade; c’est tout au plus s’il en éprouvera une gêne modérée; à la mâchoire supérieure, j’ai observé maintes fois des excroissances analogues, se détachant de la face labiale des alvéoles des dents molaires. Je me rappelle un cas dans lequel une crête osseuse très- I solide seprojetait dans une étendue de plus de 0“,01?, puis remontait en haut. Le malade disait que le dépôt de parcelles alimentaires sur cette tablette, comme il appelait cette exostose, était le seul ennui qu’il en éprouvait (1).

Otto Weber (2) cite l’apparition d’exostoses et d’épaississements limités de la mâchoire près de la marge alvéolaire, et les rapporte à l’irritation provoquée par des dents malades; il fait observer qu’une pression forte au niveau de ces exostoses détermine une sensibilité marquée.

On rapporte un petit nombre de cas dans lesquels de petites exostoses, qui paraissaient résulter de l’irritation entretenue par des dents cariées, ont disparu après l’avulsion de ces organes ; c’est .une opération que l’on doit, par conséquent, toujours essayer. Mais, en thèse générale, tout traitement autre que l’excision de la production morbide sera inutile; et l’on est obligé de recourir à l’excision quand, par son volume ou par sa position, la masse entraîne par trop d’inconvénients. La dureté excessive de quelques*

I unes de ces exostoses rend souvent l’opération plus difficile qu’on n’eût pu le soupçonner. L’instrument le meilleur sera généralement la scie de Hey ; quant à la gouge ou à la pince de Liston, elle sera souvent insuffisante.

Dans d’autres exemples, l’exostose a un caractère mou, spongieux;

I (1) On trouve un excellent exemple de nombreuses exostoses, parsemées sur le bord al- 1 véolaire de la mâchoire, dans «Atlas zur Pathologie der Zâhne » vonHeider und Wedl., j planche XV, fig. 138.

I (2) Otto V^'eber. « Lehrbuch der Allgemeinen und Specialen Chirurgie. »

les dents dont on pratique l’avulsion dans les cas de ce genre cèdent très-facilement. L’os donne à la main de l’opérateur une sensation particulière, comme s’il s’écrasait sous Uapplication d’une force modérée. L’hypertrophie disparaît peu à peu, après l’éloignement de la source d’irritation.

Hyperirophie des gencives et des arcades alvéolaires. — On a observé un petit nombre de fois une hypertrophie générale, enveloppant la totalité ou la plus grande partie des gencives et des arcades alvéolaires ; je dois à l’obligeance de M. Alfred Canton d’avoir été à même d’examiner un cas de ce genre. Les deux maxillaires offraient une hypertrophie considérable de la région alvéolaire, qui se projetait en haut à la mâchoire inférieure, et en bas à la mâchoire supérieure, poussant devant elle une gencive rouge et épaissie, et cachant dans le sillon formé par les côtés lingual et labial de la saillie hypertrophique les surfaces correspondantes des dents. En avant de la bouche, l’os avait une telle épaisseur qu’il était impossible de fermer les lèvres; à la partie postérieure de l’arcade alvéolaire, les gencives de chaque mâchoire, épaissies et élevées, tout en s’aplatissant réciproquement, n’étaient pas assez déprimées par l’action des mâchoires pour permettre aux dents molaires de se mettre en contact.

Le malade était un enfant slrumeux,à moitié idiot, âgé d’environ treize ans, et dont l’apparence ne permettait pas de douter que la maladie ne fût une manifestation de la diathèse scrofuleuse. L’enfant fut remmené dans son village natal, sans avoir subi de traitement.

La science a enregistré plusieurs cas de cette affection (1). Il s’en présenta un fort caractéristique dans la pratique de M. Syme; mon père eut l’occasion de le voir plus d’une fois; le malade, adulte, avait les deux mâchoires également affectées. La maladie marchait lentement, et l’on n’eut recours à aucune opération ; la figure 201 a été copiée sur un modèle de ce cas, qui est déposé actuellement au Musée de la société Odontologique.

Un autre cas, dans lequel la production était beaucoup plus volumineuse et déformait davantage les traits, fut opéré heureusement par M. Pollock.

(1) On trouvera d’autres observations dans — « System of Surgery » by S. D. Gross, M. D., Philadelphia, deuxième édit., vol. H... 535 ; « Boston med. and surg. journal April 1869, deux cas ; « Injuries and diseases of thc Jaws » by G. Hcath, deuxième édition, 1872, p. 194.

IIYPERTROPÎIIE DES GENCIVES.

Voici le résumé de l’observation qu’a donnée du cas précédent M. Salter (1). Cinq semaines après la naissance, six dents apparurent, et l’on remarqua que les gencives étaient épaisses et boursouflées. A l’âge de deux ans, toutes les dents de lait furent extraites^et les gencives cautérisées.

Fig. 201. — Figure copiée sur un modèle de la mâchoire supérieure du cas de M. Syme.

L’enfant fut admiseà l’hôpital Saint-Georges à huit ans ; elle était re marquablepar un développement anormal des cheveux, qui avaient poussé très-bas sur le front, en avant des oreilles et sur les joues.

Fig. 202. — Figure copiée sur un modèle en plâtre du maxillaire supérieur du cas de

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