Pollock
Une masse rosée assez volumineuse pour ne pouvoir être recouverte par les lèvres se projetait hors de la bouche ; elle avait une apparence lobulée peu distincte; sa surface était dense, insensible,
(1) « A System of Surgery » by Timothy Holmes, 31. A., deuxième édition, 1870. Art. « Diseases of the teeth » , \ol. IV, p. 342.
comme cutanée. La masse la plus considérable naissait de la màclioire supérieure, qui recouvrait le maxillaire opposé et semblait l’envelopper. La production fut emportée à l’aide du bistouri et des cisailles, en plusieurs opérations successives.
Ellemontra une légère tendanceà récidiver. Dans la structurede la masse entrait une hypertrophie du bord alvéolaire, en même temps qu’un immense épaississement de la portion fibreuse de la gencive et un développement exubérant des papilles. La saillie antérieure qu’elle faisait à la mâchoire supérieure était de près de 0“,02 à partir de la marge alvéolaire.
Celles des dents de lait, qui n’avaient pas été enlevées, étaient enfouies profondément dans la masse (cependant les premières molaires permanentes avaient fait leur apparition, et les secondes molaires temporaires inférieures étaient visibles, parce que l’hypertrophie n’était pas aussi grande au fond de la bouche).
Les racines se trouvèrent au fond de leurs alvéoles ; quant aux couronnes, elles étaient emprisonnées dans des espèces de sacs séreux au milieu du tissu fibreux dense et n’avaient pas de murailles osseuses autour d’elles. L’une des incisives centrales supérieures se trouvait à près de 0™,02o de la surface. Les dents permanentes étaient extrêmement volumineuses — les incisives dépassaient en grosseur tout ce qu’avait encore vu jusque-là M. Salter dans une bouche de sujet du sexe féminin — et leurs cryptes osseuses ne s’étaient pas résorbées dans l’étendue que l’on observe ordinairement à l’âge de la malade. L’épithélium s’était converti en un épiderme dur et épais, au-dessous duquel se trouvaient des papilles d’une longueur énorme, allant jusqu’à 0"*, 004 ou 0™,00t) ; cette production papillaire était en harmonie avec le volume des dents, l’exubérance de la chevelure grossière, l’épaisseur de la peau et autres signes indiquant une tendance à l’hypertrophie tégumenlaire.
Mais l’exemple de beaucoup le plus remarquable de cette hypertrophie est rapporté par M. Mac Gillivray (1), au mémoire duquel nous empruntons l’exposé suivant et la figure 203. L’observation porte que les gencives avaient un volume extraordinaire au moment de la naissance; des dents de lait, deux seulement firent leur apparition et au moment où la petite malade atteignait l’âge de
(1) « Australian medical journal », August 1871. — C’est à l’obligeance de M. Healli que je dois cette communication.