EXTRACTION DES CANINES ET DES BICUSPIDES
principes que ceux destinés aux dents centrales, mais de dimensions un peu moins considérables. Ces organes varient plus qu’aucune autre dent dans leurs dimensions extérieures. Ils sont quelquefois trés-pelits, d’autres fois ils sont presque aussi volumineux que les incisives centrales. Il sera donc avantageux d’avoir une série d’instruments pour choisir la grandeur convenable.
Après avoir enfoncé convenablement le davier vers les alvéoles et avoir saisi solidement la dent, par un tour de poignet ferme et assuré, tordez l’organe dans son alvéole et aussitôt que vous' le sentirez cédera la force, il viendra avec un léger effort.
lucisives inférieures. — Les incisives de la mâchoire inférieure sont plus petites que celles de la mâchoire supérieure et beaucoup plus comprimées latéralement. Le davier destiné à leur extraction aura le mors qui doit embrasser la surface postérieure du collet plus petit que celui destiné à la surface antérieure. Ces mors seront droits; mais il est commode que la poignée soit recourbée pour éviter la rencontre du maxillaire supérieur. Une fois la dent saisie, il faut la forcer en dehors, en accompagnant le mouvement du plus petit degré possible de rotation, puis quand on • sent que la dent cède, on peut la tirer en haut et en dehors.
Canines supérieures et inférieures. — Les dents canines des deux mâchoires exigent pour chaque maxillaire un davier fait sur le même plan que ceux destinés aux dents incisives, avec cette seule différence que les instruments doivent être plus grands et un peu plus forts. Celui destiné aux canines inférieures, comme le davier pour les incisives de la même mâchoire aura la poignée légèrement courbée. Parfois ces dents sont très-petites, dans ce cas le davier destiné aux organes voisins peut servir àleur extraction. Les dents canines de l’une et de l’autre mâchoire peuvent être détachées de leur connexion membraneuse avec le maxillaire par un mouvement de rotation, elles abandonneront ensuite leur alvéole avec facilité.
Iticuspides. Les bicuspides seront extraites avec des instruments semblables à ceux déjà décrits ; les mors seuls différeront légèrement, car ici comme dans tous les autres cas, ils doivent s’adapter exactement au collet de la dent. Ces dents ne subissent pas de grandes variations dans leur grosseur, de telle sorte qu’un instrument bien adapté à une dent bicuspide ordinaire s’appliquera à presque toutes. J’ai des daviers, dont les mors sont recourbés à angle droit sur la poignée et s’ouvrent latéralement, pour l’extraction des
bicuspides de la mâchoire inférieure. Mais ils ne répondent pas aussi bien que les instrumenls presque droitsonque ceux dont la poignée est construite, comme le montre la figure 239. Il est moins commode d’appliquer la force nécessaire et plus difficile d’en régler la direction, avec la première qu’avec la seconde forme de ces da-
Fif/. 239. — Davier propre à l’extraction des bicuspides inférieures. L’articulation est placée dans une situation remarquable, et les manches sont recourbés pour permettre' . à l’opérateur d éviter les dents du haut. Le mérite dé l’invention de cet instrument utile revient à M. Evrard.
viers. Dans Uextraction d’une dent quia sa racine comprimée latéralement et placée sur une ligne non brisée avec les autres dents à racines de forme semblable, le seul mouvement utile sera le mou-
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vemenl à angle droit avec la ligne alvéolaire et dans la direction du plus grand diamètre de sa racine. Ce mouvement peut être produit avec un davier droit ou rectangulaire, comme dans la figure 247, mais avec un instrument de cette dernière forme, le mouvement doit s’effectuer par la rotation du poignet, combiné avec un mouvement d’élévation. Le centre du mouvement rotatoire sera à l’extrémité des mors de l’instrument, ou bien dans une ligne passant par le manche du davier et le poignet. La force ainsi appliquée semblerait être très-désavantageuse et dépensée on grande partie sur l’alvéole, déterminant à cet endroit une lésion, qui, poui' ne pas être sentie par l’opéré, dans l’immense majorité des cas, n’en aura pas moins pour résultat d’empêcher la bouche de guérir aussi vite qu’elle le ferait sans cette complication.
Les bicuspides de la mâchoire supérieure ont leur collet comprimé latéralement. Pour les extraire, quelle que soit la forme de l’instrument employé, la force doit être d’abord appliquée dans une direction en dehors et en faièant un angle avec l’arcade dentaire. Puis on ébranlera la dent par des mouvements en dehors et en dedans et enfin on la tirera en bas. Mais que l’on comprenne bien que par ces mouvements en deliorset en dedans nous voulons simplement rompre les connexions de l’organe avec son alvéole et non l’extraire; et que si la force continuait d’agir dans une direction angulaire avec l’espoir d’enlever la dent, celle-ci serait probablement cassée.
Les bicuspides de la mâchoire inférieure ont des racines plus coniques que celles de la mâchoire du haut, capables par conséquent d’être détachées par rotation, puis soulevées hors de l’alvéole.
Quand je dis rotation, je ne veux pas dire que la dent doive subir un mouvement de torsion d’un demi-tour ni même d’un quart mais qu’on la tordra jusqujïce que l’on sente ses attaches se rompre. Si pour y arriver, il fallait déployer plus de force que de raison, on pourrait alors changer ladireclion du mouvement rotatoire ou l’abandonner. ^On voit quelquefois des dents dont la racine diffère tellement de la forme ordinaire qu'il est impossible de les faire tourner dans l’alvéole. Le degré de force qu’il est nécessaire d’employer ici comme dans tous les cas de semblables opérations, ne peut s’apprendre que par la pratique.
Exiraclioii des molaires supérieures. — Les molaires de la mâchoire supérieure ont trois racines, deux externes, et une interne.
Des deux externes, Uanlérienre est la plus forte et elle est située dans un plan légèrement en dehors par rapport tà la racine postérieure, qui est à la fois plus courte et moins volumineuse. La troisième racine, l’interne, est plus grosse et plus longue que chacune des deux autres; elle est située en face de la racine postérieure externe et de l’espace qui sépare cette dernière de la racine antérieure externe. La divergence des racines se fait au point où la dent disparaît dans l’alvéole, laissant au collet la forme qui peut résulter de la réunion des racines ayant les positions relatives que nous venons
Fig. 240
et 241. Da-vier pour 1 avulsion des molaires supérieures du côté droit de la bouche. La seconde figure montre l’instrument embrassant une dent.
de décrire. G est en ce point qu il faut appliquer le davier pour 1 extraction de la dent. Les instruments, — car il en faut deux ; un
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pour le côté droif, l’aulre pour le côté gauche — seront fabriqués sur les* mômes principes généraux que nous avons déjà énoncés. Le mors pour la surface labiale de la dent doit porter deux sillons, un antérieur plus large', un postérieur plus pelit et sur un plan interne relalivement au plan du sillon antérieur. Le mors desliné à lasurface linguale n’aura qu’un sillon s’adaplantà la base de la racine interne. A cause de la po^ition des molaires de la mâchoire supérieure, les mors du davier doivent être nécessairement recourbés à un certain angle sur la poignée. Cet angle ne doit pas dépasser la limite absolument nécessaire, car plus la courbure est grande, plus la manœuvre de l’instrument est difficile. La poignée aura une courbure générale en opposition avec celle des mors {pg. 240).
Les molaires du maxillaire supérieur ont leurs deux racines externes parallèles l’une à l’autre dans leur trajet alvéolaire. La racine interne qui non-seulement est la plus grosse, mais aussi la plus longue, diverge dans son cours des racines labiales et se dirige en haut et en dedans vers la paroi interne de l’antre d’Highmore et se trouve embrassée par une structure assez compacte. Les alvéoles externes se composent au contraire d’un tissu osseux mince et poreux.
Pour extraire une molaire supérieure, la dent saisie fortement à son collet sera d’abord très-légèrement ébranlée en dedans, pour dégager les racines externes de leurs alvéoles. La force sera ensuite dirigée en bas et en dehors, suivant une ligne parallèle au trajet de la racine interne. Ces précautions bien observées, ce sera chose facile que l’avulsion des molaires supérieures. La première et la deuxième molaire de la mâchoire du haut se ressemblent tellement au double point de vue de la forme et du volume que le davier bien adapté à l’une d’elles sera tout aussi commode pour l’extraction de l’autre.
Cependant si la première molaire se trouvait isolée, parsuile de l’extractiou anlérieure de la deuxième molaire et de la seconde biscupide, son extraction, lorsque le vide des alvéoles contigus aurait été comblé par une substance osseuse compacte, offrirait une grande résislance, et on voit quelquefois cette dent se briser sous l’effort. A dire vrai, une dent solitaire, environnée d’os compacte, est toujours plus difficile à enlever et exige plus de soin que les dents situées dans une rangée continue.
Quant aux troisièmes molaires, ou dents de sagesse de la mà-
clioire supérieure, bieu que leurs racines soient souvent réunies en une seule masse conique, la forme de leur collet ressemble* cependant si bien à celle du collet des dents précédentes que le davier, convenablement approprié aux molaires antérieures, se trouve souvent assez bien adapté pour l’extraction des dents de sagesse. Mais celles-ci sont quelquefois beaucoup plus petites que les autres molaires ; dans ce cas, on pourrait avoir besoin d’un instrument plus petit; cependant il faut si peu de force pour enlever ces dents-là, quand elles sont de petit volume, que tout instrument capable de les embrasser suffira pour leur exiraction. Une forme utile de davier pour l’avulsion des dents de sagesse supérieures se fabrique avec deux courbures presques rectangulaires, comme celles du fouloir représenté figure 149; le meme instrument suffira parfaitement aux deux côtés de la bouche.
Molaires inférieures. — Les molaires de la mâchoire inférieure ont deux racines, une externe, l’autre interne, qui, en se réunissant, forment le collet de la dent et laissent une dépression ou sillon sur les surfaces linguale et labiale de ce collet. La section transversale du collet d’une molaire inférieure figure dans son contour une sorte de 8 grossier, et c’est à la surface ainsi formée que les mors du davier doivent s’adapter.
Les deux racines ne sont pas d’égale grosseur, ni exactement parallèles dans leur direction. La racine interne ou antérieure est à la fois plus large et plus épaisse que la racine postérieure ou externe. Leur position à l’égard l’une de l’autre est légèrement oblique, donnant à leur point de confluence, au collet de la dent, une largeur un peu plus grande à la surface labiale qu’à la surface linguale. La position de l’organe dans la mâchoire est elle-même légèrement oblique. Une ligne allant du centre delà surface labiale au centre de la surface linguale du collet, à travers la dent, aboutirait (si on la prolongeait), sur la langue, dans une direction légèrement diagonale en arrière. Ces particularités dans la forme des molaires inférieures rendent désirable pour l’opérateur d’avoir, pour leur extraction, des daviers appropriés aux dentsde chaquecôté de la bouche — un pour les dents de droite, et un pour celles du côté gauche. Un seul davier pourrait peut-être suffire; mais, à cause des obliquités de position et de conformation, il est complètement impossible d’approprier les mors d’un seul instrument, de manière qu’ils s’adaptent exactement aux collets des dents molaires infé-
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rieures des côlés droit et gauche tout à la fois. La poignée doit nécessairement se recourber suivant un certain angle avec les mors de Finsfrument, et cet angle sera déterminé parle plan dans lequel les mors sont recourbés.
Fig. 242.' — Davier pour l’extraction des dents molaires inférieures.
Pour Uavulsion des premières molaires permanentes inférieures chez les jeunes sujets, où l’alvéole n’offre pas grande résistance, je
préfère un petit davier ayant à peu prés la forme représentée figure 24?, mais avec la poignée recourbée pour s’adapter à la main ; mais chez les gens figés et, chez tous les individus, jeunes ou vieux, pour l’extraction des secondes molaires, le davier dont les mors se recourbent à angle droit est préférable {fig. 243).
Toutefois quand, dans son ensemble, la dent s’incline en dedans, les manches du davier de cette dernière forme, au lieu d’être presque horizontaux, se dirigeraient en haut dans une étendue qui
Fig. 243. — Davier dont les mors sont placés à angle droit.
rendrait l’application de l’instrument difficile. Aussi, pour les dents qui s’inclinent en dedans, la forme représentée figure 242 est-elle plus commode.
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