EXTRACTION DES DENTS IRRÉGULIÈRES
^ E’élévaloireà fer delance représenté figure 236, est la forme dont 1 utilité est de beaucoup la plus générale: ses dimensions lui permettent parfaitement de rendre tous les services qu’on peut lui demander. Quelquefois, cependant, par suite de l’impossibilité où est le malade d’ouvrir largement la bouche, il peut être difficile, sinon impossible d’atteindre une dent de sagesse inférieure avec un instrument droit. Pour les cas de ce genre on peut se procurer une forme d’élévatoire fort utile ; sa lame a la forme de l'un des
Fig. 256.
mors d’une pince à chicots fine et acérée ; cette lame s’incline sur la flèche en formant un angle un peu supérieur à 90°, ce qui lui permet de s’appliquer sans nécessiter une très-grande ouverture de la bouche.
Dans tout ce qui précède sur Pextraction des dents, il a été supposé que l’opérateur ne rencontrait pas d’obstacle extraordinaire, et les difficultés qui surgissent quelquefois dans le cours de l’opération ont été réservées pour une section spéciale.
Dents irrég^nlîères. — Le praticien — c’est chose admise — doit être familier avec la forme normale de chacun des membres des séries dentaires, mais la couronne peut être parfaitement régulière
sans que cela entraîne nécessairement une condition semblable de sa racine, et l'irrégularité de cette dernière ne se découvrira qu’au moment où l’on essaye d’opérer l’extraction de la dent. Il n’est pas rare que les racines des molaires inférieures se recourbent en arrière, et, de temps à autre, cette courbure se change en un véritable crochet {fig. 257).
Fig. 257. — Mâchoire inférieure dont la table externe a été enlevée pour montrer la position des racines des dents molaires qui, dans cet exemple, se recourbent en arrière et ont leurs extrémités dirigées en haut.
Si l’on avait à extraire la première ou la seconde molaire, que représente la figure ci-jointe, ou bien la pointe des racines resterait dans la mâchoire, ou une portion considérable de l’alvéole serait amenée avec la dent. C’est le premier de ces accidents probablement qui aurait lieu; la dent, pour employer l’expression d’un malade, aurait été brisée dans la mâchoire.
La question de savoir ce qu’on fera des racines d’une dent ainsi brisée dans la mâchoire s’élève aussitôt. Dans ma pratique personnelle, j’ai pour règle invariable de laisser l’extrémité ou môme le tiers inférieur d’une racine au fond de son alvéole, sans y toucher, à moins qu’elle ne soit évidemment malade. Détachée, son extraction est facile à faire; de môme si elle se trouvait en rapport avec un abcès alvéolaire, il n’y aurait pas de difficulté à l’enlever. L’extraction du tiers inférieur d’une racine saine et solidement attachée est, au contraire, une opération très-douloureuse et qui endommage considérablement l’alvéole: tandis aue la présence de