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On désigne sous le nom d’ulcère ( ulcus ) la

solution de continuité qui se développe lentement sur une partie organisée par suite d’une altération de l’acte végétatif, et qui donne toujours lieu à la sécrétion d’un liquide ichoreux et sanieux, ainsi qu’à la destruction lente et continue des parties sur lesquelles il a pris naissance. — Lesqilcères sont donc différens des abcès et des plaies suppurantes; mais ils peuvent être produits par ces derniers à la suite d’un changement de vitalité dans la partie qui suppure : dans ces cas l’ulcération remplace l’acte de la régénération. «

689. La cause des ulcères est interne ou externe. Parmi les premières doivent être comptées une altération de tout l’organisme, ou seulement de certains organes affectés d’une faiblesse considérable ; certaines maladies qui reconnaissent pour cause une altération des liquides , telles que les éruptions

Eîî GÉNÉUAL.

cutanées, aiguës ou chroniques, les scrofules, la syphilis, la goutte, le scorbut, l’hydropisie, la suppression d’exutoires anciens , etc. Ces différentes maladies donnent lieu à des ulcères, soit par ellesmêmes , soit à la suite d’une cause déterminante. — Les causes externes sont toutes les lésions qui déterminent de l’inflammation et de la suppuration , et toutes celles qui détruisent la continuité des tissus , telles que les plaies et les abcès, dont la guérison est empêchée par certaines maladies générales , ou qui ont été mal traitées ; enfin l’influence de certaines maladies spécifiques.

690. On divise les ulcères en simples et compliqués. Les premiers sont ceux qui ne sont entretenus par aucune maladie spécifique locale ou générale , et qui consistent uniquement dans l’altération de la continuité : c’est à eux surtout que s’applique la définition que nous avons donnée § 688.

Les ulcères compliqués sont ceux qui sont unis à une affection particulière , locale ou générale. Sous le rapport des complications locales on distingue les ulcères fistuleux , calleux, œdémateux , variqueux , fongueux , gangréneux , ceux avec carie ; enfin ceux qui donnent lieu à la sécrétion de matières liquides , caséuses , âcres , infectes , salées ou diversement colorées. Sous le rapport des complications générales on distingue des ulcères atomiques , scrofuleux , scorbutiques , arthritiques , syphilitiques , carcinomateux , et impétigineux.

D’aprèscequenousvenonsdedire, on voit que nous considérons les ulcères tantôt comme une affection générale , tantôt comme une affection locale. Cependant nous ferons remarquer que certains ulcères peuvent être déterminés par une cause générale, et plus tard cependant n’ètre plus qu’un mal local, tandis que d’autres, qui, au début, n’étaient réellement qu’un mal local, peuvent par la suite devenir compliqués, être entretenus par une affection générale , et réagir sur toute l’économie.

691. La réaction que les ulcères peuvent produire sur l’économie dépend de leur nature. Dans les ulcères spécifiques l’affection générale est augmentée par la résorption du pus qui est sécrété à la surface de l’ulcère , et qui sert de véhicule au principe spécifique. Dans les ulcères qui donnent lieu à la sécrétion abondante d’un pus de mauvaise nature, la perte continuelle que fait le malade, et la résorption purulente , déterminent une faiblesse générale , plus tard une véritable cachexie. Lorsque cette dernière a lieu , le pouls est considérablement altéré ; des frissons remplacent une chaleur très-vive, et réciproquement; la respiration est gênée; des douleurs violentes se font sentir aux extrémités ; l’ulcère se dessèche, ou bien sa sécrétion est considérablement augmentée ; les urines deviennent purulentes ; une tuméfaction œdémateuse survient, et bientôt apparaissent la diarrhée et les sueurs colliquatives.

Lorsque les ulcères sont anciens, ils prennent rang parmi les exutoires naturels du corps, et leur sécrétion est en rapport avec celle des autres organes. C'est ce qui a lieu surtout chez les vieillards

qui , depuis longtemps , sont affectés d’ulcères ; la sécrétion de l’urine est considérablement diminuée. — Les ulcères peuvent donc, dans certains cas, être considérés comme des exutoires salutaires, et même indispensables au bien-être du malade.

692. Le pronostic des ulcères varie : 1° selon la nature de la cause qui les a déterminés ; — 2° selon le siège qu’ils occupent. Il faut tenir compte de l’importance de la partie affectée et des organes circonvoisins. Les ulcères développés dans la peau et dans les muscles guérissent plus vite que ceux qui ont leur siège dans des parties tendineuses ou glanduleuses. Les ulcères des os sont toujours très-rebelles. Dans les parties éloignées du cœur la guérison est toujours très-difficile à obtenir. — 3° Selon leur durée et leur forme extérieure. Plus les ulcères sont anciens, plus la guérison est difficile à obtenir; et, lorsqu’ils ont, pour ainsi dire, pris droit de domicile, on peut, en supprimant leur sécrétion, déterminer de funestes accidcns. Plus un ulcère est malpropre, plus son fond est lardacé, ses bords durs et renversés, le pus qu’il sécrète de mauvaise nature , plus il est profond, plus l’altération des parties molles environnantes est grande, plus aussi la guérison sera lente. Les ulcères arrondis guérissent ordinairement plus lentement que les ovales. — 4° Selon la constitution et l’âge du malade. Chez les jeunes gens, dont la constitution n’a pas encore souffert de la présence de l’ulcère, la guérison s’obtient plus facilement que chez les vieillards , dont la constitution est ordinairement détériorée.

493. Le traitement des ulcères en général doit avoir pour but d’éloigner les causes qui leur ont donné naissance, et de modifier l’activité de la partie ulcérée, afin que, les forces reproductives reprenant leur empire, la réparation des parties perdues puisse avoir lieu.

La guérison des ulcères offre trois périodes : 1° la période de détersion ( stadium digestionis) : l’ulcère perd son aspect dégoûtant , et la matière iclioreuse qu’il sécrétait est remplacée par un pus de bonne nature ; 2° la période de granulation ( stadium incarnationis) , dans laquelle l’ulcère se couvre de bourgeons charnus, et 3° la période de cicatrisation, dans laquelle les bourgeons charnus deviennent plus durs , plus compacts, et se recouvrent d’une membrane fine qui doit donner naissance à la peau.

694. Le traitement doit varier suivant la cause de l’ulcère, suivant la vitalité et suivant la forme. — Nous examinerons d’abord le traitement de l’ulcère, considéré sous ces deux derniers rapports.

695. Tout ulcère peut avoir un caractère inflammatoire, éréthique ou torpide.

Dans l’ulcère inflammatoire, et qui est déterminé par la constitution du malade ou par l’abus de substances stimulantes, les parties qui environnent l’ulcère sont tuméfiées, chaudes, douloureuses; le fond de l’ulcère est rouge, très-sensible, couvert destries blanchâtres; le pus est en général peu abondant. Dans ce cas il faut éloigner toutes les causes d’irritation locale ou générale, faire des fomentations tièdes émollientes, appliquer des cataplasmes et des

iTLCÉiilîS IN GÉNÉRAL.

VihgUens adoucissant, et, chez les individus à forte constitution, avoir recours aux antiphlogistiques généraux. A mesure que l'inflammation diminue, la sécrétion du pus augmente.

Bluff (1) s’élève contre l’emploi des sangsues autour de l’ulcère, bien qu’il ait été préconisé par beaucoup de praticiens. C’est à ces cas surtout qu’est applicable te vieil adage Ubi stimulus , ibi affuxus. « Les sangsues, dit-on, ne font qu’augmenter l 'inflammation que l’on veut combattre. »

Si l’ulcère a un caractère êrêthique, le fond en est également très-rouge, et la sensibilité extraordinaire développée. Il faut avoir recours aux narcotiques à l’intérieur et à l’extérieur ; aux frictions d’extrait de jusquiame chaud, aux cataplasmes de ciguë, de jusquiame, etc.

Lorsqu'il affecte un caractère torpide, dû à une faiblesse locale ou générale, l’ulcère est affaissé ; les parties qui l’environnent sont ordinairement pâles, relâchées, œdémateuses; l’ulcère est insensible, et sécrète une grande quantité d’un pus très-liquide, de mauvaise nature et fétide. Dans ces cas il faut employer tous les remèdes qui peuvent relever la vitalité des parties, et procurer la sécrétion d’un pus de bonne nature. (Fo«r§ 59).

696. L’aspect des ulcères doit encore, sous le rapport du traitement fixer notre attention.

L’ulcère gangréneux (ulcus putridum ) estcaraclérisé par une surface grisâtre ou noirâtre, par son insensibilité et la sécrétion d’une matière ichoreuse , de mauvaise couleur, excessivement fétide. Souvent la gangrène s’étend à toutes les parties environnantes de l’ulcère. Les causes de cette complication peuvent être un manque de propreté, un traitement contraire, un arrêt dans la circulation, un air vicié, de mauvais alimens, des saburres, une constitution détériorée, une atonie du système vasculaire , etc. Le traitement consiste d’abord dans l’éloignement des causes, puis dans l’emploi des moyens propres à éliminer les parties frappées de gangrène, ou à rappeler la vitalité dans celles qu’une mort complète n’a pas encore atteintes. On arrive à ces différens buts par des moyens internes et externes.

A l’intérieur on donne le quinquina, la valériane, le camphre, le naphie, les acides minéraux , etc. A l’extérieur on fait des applications de compresses trempées dans une décoction d’écorce de quinquina, d’écorce de chêne avec addition d’eau de chaux, de diascordiuin uni à l’esprit de vin, au vinaigre, etc.; des lavages aromatiques ou spiritueux sur le pourtour de l’ulcère ; on emploie aussi avec avantage la poudre de charbon unie au quinquina , l’essence de térébenthine , des emplâtres digestifs faits avec la myrrhe, le camphre, les cataplasmes fermentés faits avec du miel, de la levure de Lierre et de la farine. — En général les huiles essentielles et les résines agissent avec plus d’énergie que les applications humides.

A mesure qu’une partie de la surface des ulcères se détache, on doit l’enlever; il laut faire desinci-

(1) Hclkologie, page. 18. (Noie du traducteur.)

sions toutes les fois qu’on a à redouter des amas purulens au-dessous des parties gangrenées, l’our prévenir le développement des vers, qui quelquefois se forment sur ces ulcères, il faut souvent les laver avec de l’essence de térébenthine , des spiritueux, de la teinture d’aloès, ou une solution de sublimé.

Au lieu de ces différens moyens, qui ont été ardemment préconisés , et dont l’efficacité est tres-variable, on trouve plus d’avantages dans des applications ou des cataplasmes légèrement aromatisés : ils relèvent la vitalité des parties, et neutralisent l’odeur infecte qu’elles dégagent, ainsi du reste que nous l’avons exposé en parlant du traitement de la gangrène § 66.

Pcrcy , Labarraque y Lisfranc, recommandent beaucoup contre ces ulcères l’emploi des chlorures d’oxyde de calcium et de sodium. Lisfranc (1) les panse avec une compresse fenôtrée , au-dessus de laquelle il place de la charpie trempée dans une solution de chlorure. — Lemaire (2) se sert d’une partie de chlorure de chaux et de trois parties d’eau. — Elct (3) emploie d’abord 15 grains de chlorure de chaux dissous dans une once d’eau ; il diminue graduellement la quantité de chlorure, et finit par n’en mettre que 4 grains dans une once d’eau. — Klimatis (4) croit qu’on ne doit employer cette solution que lorsque l'inflammation a disparu ; on doit donc s’appliquer d’abord â la faire tomber , et, quand on y est parvenu, on peut compter sur une guérison complète, alors mêüie que l’ulcère date de plusieurs mois. Bielt, Cloc/uet et plusieurs autres l’emploient avec avantage ; Cu/lerier (5) et Boullay (6) lui attribuent en outre la propriété de neutraliser in'stantauémënt l’odeur fétide de ces ulcère;.

697. L’ulcère calleux (ulcus callosum)sc distingue par des bords blanchâtres, secs, insensibles, qui quelquefois ont une épaisseur considérable et une dureté presque cartilagineuse. Celte nature calleuse s’étend quelquefois à toute la surface de l’ulcère.

La cause de cette altération est ordinairement une absence de sucs nutritifs dans leurs bords. Aussi la rencontre-t-on beaucoup plus souvent chez les vieillards, et principalement aux parties du corps dans lesquelles, à l’état normal , la circulation est moins active, et dans celle où elle se trouve accidentellement ralentie par quelque obstacle. Elle peut encore être déterminée par un mauvais traitement, par l’abus des substances adoucissantes, ou bien encore par une irritation permanente entretenue à la surface d’un ulcère, ce qui détermine une stagnation des liquides, et donne lieu aux altérations qui sont propres à l’induration des tissus. Ces callosités sont un obstacle à la guérison des ulcères ; aussi doit-on chercher à les ramollir ou à les enlever. Dans les cas seulement où elles ne sont pas très-dures, et où elles sontcomplélement insensibles, on peut avoir recours

(1) Revue médicale, 1821.

(2) Archives générales de médecine, T. IX , pag. 138.

(3) Rat. med. iu scholâ clini. med. et chirurg. univers. Landish. 1826.

(4) Notizen de Froriep, vol. XVI, n° 7 . pag. 107.

(5) Archives générales de médecine, 1823, pag. 1117.

1,6) Jlagas. de Geijer y vol. V , pag. 326.

(Note du traducteur.)

VLCÉïlliS EN GÊXÉÏtAL.

aux applications émollientes et irritantes, aux substances aromatiques , aux emplâtres de ciguë et d’ammoniaque, mercuriel , gommeux, savonneux, au diachylon gommé, etc. Si ces moyens ne réussissent pas, il faut employer les caustiques, tels que le beurre d’antimoine, la pierre infernale, l’hydro-chloratc d’ammoniaque et les cautérisations , les scarifications, et même l’ablation si la position de l’ulcère le permet.

698. L’ulcère œdémateux ( ulcus œdematosum) est de toute part environné d’une tuméfaction œdémateuse qui conserve l’impression du doigt; ses bords sont affaissés, pâles, quelquefois œdématiés ; les excroissances qu’on rencontre à sa surface sont pâles, et les matières ichoreuses et très-liquides qu’il sécrète sont très-abondantes. Les causes qui le déterminent sont locales, mécaniques ou internes, telles que la compression des veines ou des vaisseaux lymphatiques, une atonie générale ou locale, une constitution lymphatique, etc.

Ces ulcères réclament d’abord l’éloignement des causes, et l’emploi des moyens capables de changer le caractère torpide de l’ulcère , puis une compression méthodique de toute la partie sur laquelle repose l’ulcère.

Kopp guérit très-bien ces ulcères, qui du reste sont excessivement difficiles à faire cicatriser, en exposant la partie qui en est affectée au-dessus de la fumée qu’il détermine en jetant sur un réchaux un mélange dont le storax ou le bals.amum tolutanurn fait la base. L’œdème des pal lies diminue rapidement, et l’ulcère se guérit très-vite sans aucune autre médication.

Bluff (l) a obtenu par ce moyen des résultats remarquables.

699. L’ulcère fongueux ( ulcus fungosum) est, sur toute sonétenaue,ou seulement surquelques points, ou bien enfin sur ses bords, recouvert d’excroissances qui offrent un aspect très- varié : tantôt elles sont affaissées, pâles ou rosâtres, insensibles, et saignent facilement ; tantôt elles sont plus fermes, d’un rouge brunâtre et d’une sensibilité exagérée. Les premières doivent être considérées comme un développement anormal d’excroissances charnues; les dernières au contraire comme une dégénérescence de mauvaise nature.

Les causes de ces altérations fongueuses peuvent être : un traitement trop longtemps prolongé, un état torpide de l’ulcère, l’abus des émolliens, un appareil trop lâche , le voisinage d’un os carié , ou enfin la nature carcinomateuse de l’ulcère lui-mème. La guérison de ces ulcères ne peut être obtenue qu’après la destruction de ces fongosités. On atteint ordinairement ce but par un traitement local propre à relever la vitalité de l’ulcère à l’aide de charpie sèche maintenue par unappareil compressif, et en louchant souvent l’ulcère avec la pierre infernale. Mais, si ces fongosités sont très-développées, et si déjà elles sont dégénérées, on doit les cautériser, les exciser, ou en faire la ligature, suivant les cas.

fl) llclkologic, page 30. ( Noie du traducteur .)

Les caustiques dont on se sert ordinairement sont : la pierre infernale , la potasse caustique , le beurre d’antimoine , le vitriol , le sulfate de zinc, l’alumine calcinée. On doit surtout les employer lorsque les fongosités sont régulièrement répandues sur toute la surface de l’ulcère. Les caustiques secs sont employés en solution ou en poudre; ceux qui sont liquides sont appliqués à l’aide d’un pinceau , aprè:> toutefois que l’ulcère a élédétergé. Les premiers sont préférables dans les casoùles fongosités sont flétries, et où elles sécrètent en abondance des matières ichoreuses; les derniers conviennent mieux lorsqu’elles sont plus fermes , et que la sécrétion est peu abondante. Lorsque ces fongosités ne croissent que sur une partie de l’ulcère, on les enlève facilement avec le bistouri , à l’aide duquel on les cerne par leur base ; la ligature doit être employée dans les cas où les fongosités sont pédiculées , lorsque le malade est effrayé par l’idée des instrumens tranchans , ou que l’on a à redouter une abondante hémorrhagie.

Lorsque ces excroissances ne peuvent pas être détruites à l’aide des caustiques indiqués plus haut, et qu’elles envahissent, de jour en jour, les parties environnantes, si le bistouri et la ligature ne peuvent être employés , il faut les attaquer avec le cautère actuel. Les saignemensqui surviennent, soit spontanément, soit à la suite du traitement que nous venons d’indiquer, doivent être combattus par les slyptiques, la compression , la cautérisation avec le fer chaud, ou l’ablation totale des excroissances.

700. Les ulcères variqueux (ulcéra varicosa) surviennent le plus souvent aux extrémités inférieures; leur forme est le plus souvent ovale; ils sont superficiels ; leur fond , bleuâtre , sécrète un liquide sérosanguinolent ; leurs bords, lorsqu’ils sont anciens, sont ordinairement calleux ; la peau qui les environne, bleue ou brunâtre; les veines de la jambe , surtout au niveau de l’ulcère, sont prises d’un gonflement œdémateux. Assez souvent ils saignent d’une manière périodique; en général ilssont sans douleur; quelquefois cependantils sont très-douloureux, mais n’offrent aucune trace d’inflammation.

Ces ulcères se rencontrent le plus souvent chez les individus à constitution variqueuse. Les causes déterminantes sont toutes les lésions qui mettent un obstacle au retour du sang veineux , telles que la compression, la station prolongée, l’habitude d’avoirles jambesdans l’eau chaude oudansl’eau froide, certaines professions, la grossesse, etc.

Les causes prédisposantes auxaffections variqueuses sont la pléthore , la laxité des tissus , la prédominance du système veineux, le développement de certains organes abdominaux, la suppression des héinorrhoïdes ou des menstrues. D’après cela on voit que, dans beaucoup de cas, cette altération des veines n’est que le reflet d’une maladie plus profonde , et que même , dans quelques cas, elle est indispensable au bien-être de l’individu. Quelquefois ces ulcères sont dus à une lésion accidentelle qui détermine l’inflammation et l’ulcération d’une varice; d’autres fois enfin c’est un ulcère d’une nature spécifique qui se change en ulcère variqueux.

ULCÈUES ATONIQUES.

Le traitement de ces ulcères doit toujours commencer par l’éloignement des causes. Il faut toujours s’attacher à combattre la prédominance du système veineux, et à rétablir l’état normal des viscères de l’abdomen à l’aide de purgatifs : on a soin de faire observer un genre de vie régulier , d’éloigner toute espèce de compression, etc. Quant à l’ulcère , on le couvre tout simplement decharpie sèche, et on combatla tuméfaction œdémateuse et variqueuse à l’aide de bandelettes de diachylon qui compriment circnlairement le membre. Si on obtient la guérison , il faut avoir grand soin d’éloigner toutes les causes de récidive. On fait porter au malade un bas de peau de chien lacé.

Le traitement des ulcères fistuleux est le même que nous avons indiqué § 60.

701. Lorsque des ulcères existent depuis longtemps , et qu’ils ont pris rang parmi les organes sécréteurs , on doit, avant la cicatrisation complète , élablirunexutoire. Lorsque les accidens de métastase surviennent après lasuppression brusque de la sécrétion d’un ulcère, il faut rappeler ce dernier, aussitôt que possible, à l’aide de moyens irritans, et favoriser sa suppuration. Lorsque, à cause de ce motif, on craint les suites de la suppression d’un ulcère, il faut s’appliqueruniquement àentretenir la propreté, et à combattre les complications locales , afin de procu- ( rer quelque soulagement au malade.

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