ULCÈRES SCORBUTIQUES
le malade a exercé trop tôt des mouveinens; ou bien encore à ce qu'il existe une affection générale , ou que l'ulcère est devenu , pour le malade, un exutoire indispensable : dans ces cas il faut s’attacher à détruire ces différentes causes. J’ai employé ce traitement contre des ulcères de cette nature qui dataient de quinze et vingt ans, et jamais je n’ai observé aucun des aceidensque détermine quelquefois la suppression d’un exutoire an ien.
Ph. Boyer (Y), qui emploie aussi ce genre de compression dans toute espèce d’ulcères aux extrémités, recommande de ne lever l’appareil que toutes les 48 heures , et même de laisser le mémo appareil aussi longtemps que le malade ne souffre pas. Undcnvood. propose de faire marcher les malades affectés d’ulcères aux jambes, Ph. Boyer en fait une règ e indispensable pour que l’ulcère, avec inflammation,, gangrène, callosité, décollement de la peau, etc., se guérisse en peu de temps,, que la cicatrice soit plus solide , et qu’elle se moule bien sur les parties. Quand on astreint les malades à garder le lit , la cicatrice, une fois achevée, se rompt facilement. par la distension qu’elle éprouve pendant la marche ; déplus elle est mince et saillante, tandisque, par le traitement de Boyer, elle est épaisse , plate , solide , offre un tissu analogue a celui de la peau , glissant comme elle sur les parties sous jaoentes, et très-résistante. — Plusieurs fois j’ai employé ce genre de compression en suivant les principes posés par Ph. Boyer , et la guérison a été parfaite en très-peu de jours, même pour des ulcères datant de plusieurs années ; et je suis en outre convaincu, ainsi que Boyer , qu’il est plus avantageux pour les malades affectés d’uleères aux jambes, de guérir en marchant que de guérir en gardant le repos.
Home (2) applique, deux fois par jour, de la poudre trèsfine de rhubarbe, à laquelle il joint un huitième d’opium lorsqu’il y a un sentiment insupportable de chaleur; sous l’in— tluenee de cette médication le fond insensible et pâle de l’ulcère devient rmge, se couvre de nouvelles végétations , et l’ulcère se guérit de lui-même. — * Ilesselbach (3) a employé avec beaucoup d’avantage une drachme de cyanure de fer dans une once d’axonge. — II gginbollom (4) touche avec du nitrate d’argent pour empêcher qu’il ne se forme aucune phlyctène, puis il recouvre tout l’ulcère d’une feuille d’or. Ce traitement diminue l’inflammation an pourtour de l’ulcère, et détermine une escarre très-solide. I.e lendemain de celte application on ramollit la feuille d’or avec de l’eau chaude, et on fait,rau centre de l'escarre, une incision superficielle afin de laisser s’écouler le pus sous-jacent; on touche de nouveau avec le nitrate, on applique une nouvelle feuille d’or, et ainsi les jours suivans. l.es parties d’escarre qui se détachent sont enlevées avec des ciseaux. — James Tyme (5) applique un vésicatoire qui recouvre une large étendue du membre malade : par ce moyen il fait disparaître l’œdème , et excite une rougeur érysipélateuse; de nouveaux bourgeons se développent sur la plaie, et la cicatrisation marche rapidement.
On a recommandé , contre ces ulcères, tous les aromatiques, tous les astringens en général, des lavages avec la décoction d'écorce de chêne, de saule , de feuilles de noyer, de plantain, de diasçordium, de rhue, employés seuls ou unis
(1) Rapport au conseil-général des hôpitaux. 1831.
(Noie du traducteur.)
(2) Biblîoth. chirurg. d ' Arnemann , toin. I, cah III.
(3) Jîihlioth. de la médecine et de la chirurgie allemande, 1828, cah. III.
(41 IVotizen de Froriep, vol. xvr, n" 20, page 315.
(.ôl Même journal, vol. XXVII, nn 9.
(Note du traducteur.)
â la teinture de myrrhe. l orsque la sécrétion de l’ulcère est abondante, on emploie ces médicamens en poudre, unis â la pondre de camomille, au camphre, à la myrrhe, etc ; ou bien encore on emploie des pommades irritantes, telles que l’emplâtre iligestif et le camphre, le précipité rouge, etc. — I.orsque, â cause de circonstances particulières au malade, il m’a été impossible de faire garder le repos, et d'employer la compression, j’ai fait prendre avec avantage, pour déterger l’ulcère, des pédilitves de camomille ou d’eau de lessive, et appliquer sur l’ulcère de l’onguent digestif uni au précipité rouge.
Bast (1) emploie, dans les ulcères chroniques des jambes, le traitement par la faim (un quart de portion par jour), deux fois par semaine un purgatif ; le lendemain il prescrit un bain chaud, et, le reste du temps, des fomentations froides avec de l'eau de rivière simple.
705. Au traitement local doit être jointe une médication interne basée sur l’état général du malade. Lorsqu’il existe une faiblesse générale, les toniques, les purgatifs, la diète, etc., doivent être prescrits , selon l’état de l’abdomen, qui, dans les ulcères des extrémités inférieures, est souvent modifié. — La gratiole peut, dans certains cas, avoir de bons résultats, surtout chez les sujets phtegmaliques.
706. Les récidives sont fréquentes dans les ulcères atoniques, surtout lorsqu’on n'a pas suffisamment combattu les causes qui les ont déterminés. Ordinairement elles ont lieu en automne ou en hiver. — Le meilleur moyen de les prévenir consiste dans une compression permanente des jambes à l’aide d’un bas de peau assez ferme ; on doit aussi observer un genre de vie régulier, et éviter les mouvemens brusques et violens des extrémités.