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ULCÈRES SCROFULEUX

contractilité des tissus, et surtout du système capillaire.

La peau perd sa couleur naturelle, elle devient livide, terreuse ; les malades éprouvent un abattement général ; le moindre mouvement les fatigue ; les gencives deviennent douloureuses, se tuméfient, saignent facilement ; la respiration est fétide. A la surface du corps on rencontre çà et là , surtout aux jambes, des taches bleuâtres de grandeurs variées, qui s’étendent peu à peu , et offrent l’aspect d’une violente contusion. Dans les pays chauds on remarque souvent, dans cette affection, une tuméfaction oedémateuse des extrémités. Le plus souvent il survient de petites tumeurs à la peau ; elles sont surmontées de petites vésicules qui s’ouvrent, et sont J remplacées par de petites taches pourpres. Bientôt les pieds deviennent douloureux , les genoux tuméfiés , les gencives ulcérées et prises des saignemens, qui se reproduisent souvent. La faiblesse devient très-considérable; le malade tousse beaucoup, et crache d’une manière démésurée , et quelquefois du sang ; il rend aussi du sang mêlé aux urines et aux matières fécales. Souvent les gencives sont frappées de gangrène ; le sang abandonne ses vaisseaux pour se répandre dans tous les interstices ; les cicatrices anciennes se ramollissent et se déchirent ; les pertes de sang deviennent si fréquentes et si abondantes que le malade est pris d’une faiblesse effrayante , et que le moindre mouvement suffit pour le faire tomber en syncope; enfin il meurt par excès de faiblesse et d’amaigrissement.

708. Les ulcères scorbutiques ne dépassent point ordinairement le niveau de la peau ; leurs bords sont œdémateux et bleuâtres, ainsi que les parties environnantes ; leur fond , sale, est recouvert de fongosités, et saigne pour peu qu’on y touche. Les matières qu’ils sécrètent sont très-liquides, infectes et mêlées à du sang noirâtre. Souvent les os voisins sont attaqués , et insensiblement détruits. Ces ulcères se développent ordinairement aux gencives , aux joues et aux cuisses ; ils peuvent être, dès leur début, de nature scorbutique ; dans d’autres cas ce sont d’anciens ulcères qui , par suite d’une diathèse scorbutique, affectent ce nouveau caractère.

709. Les causes occasionnelles du scorbut sont: un air humide et nébuleux, de mauvais alimens, de la tristesse, le manque de mouvemens, des efforts violens et longtemps répétés. Ces causes agissent surtout sur la mer, dans les voyages de long cours , et plus particulièrement sur la mer du nord ( scorbut de mer). Cependant l’infiuence de ces causes se fait aussi sentir sur terre, où elles déterminent également le scorbut, qui atteint surtout les individus à tempérament phlegnjatique qui habitent des maisons sombres et humides, et font usage de mauvais alimens ; aussi rcncontre-l-on le plus souvent le scorbut de terre dans les époques de disette et dans les villes basses. L’abus du mercure détermine un état maladif assez analogue à celui du scorbut.

710. Le traitement de ces ulcères exige avant tout que l’on combatte la diathèse scorbutique qui Ses

entretient : on doit faire renouveler, sécher, échauffer l’air, donner une meilleure nourriture consistant surtout en fruits acides , et prescrire un genre de vie très-actif, l’emploi du cresson , du cochléaria , du beccabunga , des acides végétaux et minéraux , de l’alun, des aromatiques amers, de l’acorus, du quinquina, etc. On seconde l’efficacité de ces médicamens par des frictions spiritueuscs sur tout le corps, ou par des lavages avec l’eau froide, qui a la propriété de rendre aux tissus leur élasticité , et d’empêcher la décomposition du sang.

711. Sur les ulcères on applique destoniques et des astringens : la poudre de quinquina unie à l’alun, au camphre, à la myrrhe, de l’alun dissous dans une décoction astringente , de la gomme kino dissoute dans du vin rouge , de l’eau vulnéraire de Tuédeîv, de la poudre de charbon unie au quinquina, de la myrrhe, de l'alun, du storax et des acides mêlés aux décoctions astringentes ; mais ce qui surtout agit avec beaucoup d’énergie c’est un bandage que l’on applique sur la partie ulcérée, et que l’on a soin d’arroser souvent avec des liquides astringens.

On emploie avec avantage, contre les ulcérations des gencives, des gargarismes de quinquina, d’écorce de chêne, une infusion de sauge et d’alun ; il est utile aussi de les toucher quelquefois avec de l’acid© hydro-chîorique étendu uni au miel, etc.

ïll. Ulcères scrofuleux.

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712. Les ulcères scrofuleux ( ulcéra scrofulosa) sont tin des phénomènes de l’affection scrofuleuse portée à un degré plus ou moins avancé. Cette affection reconnaît pour cause une altération de l’acte normal de la nutrition , par suite de laquelle il se fait une mauvaise assimilation , uni mélange anormal de la lymphe avec le sang , des troubles divers dans la circulation de la lymphe, une déposition de ce liquide et une tuméfaction des glandes.

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