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L L’affection scrofuleuse est en généra! l’apa

L'LCÈi.ES SCitOFELEEX.

nago do l’enfance. L’enfant vient au monde avec une prédisposition à cette affection , qui, plus tard, se développe sous l’influence de la négligence des parens , de la malpropreté , de la mauvaise nourriture, etc. Celte prédisposition se manifeste sous une double forme :

1° L’enfant se développe rapidement d’esprit et de corps ; il est très-agile ; sa peau est blanche , ses joues colorées, ses yeux animés et étincelans, ses formes arrondies, ses cheveux blonds ou bruns, fins et bouclés ; il est en général doué d’une sensibilité très-exaltée.

2° L’enfant est pourvu d’une constitution lymphatique et spongieuse ; il a une bouffissure générale et surtout de la face , une boursoufflure des lèvres, saillie très-prononcée de l’angle de la mâchoire. Les individus de cette constitution se développent lentement, digèrent péniblement, sont prédisposés aux blennorrhées , aux exanthèmes ; chez eux l’affection scrofuleuse se déclare dans la forme la plus hideuse , et affecte le caractère torpide.

714. Les scrofules, lorsqu’ils se sont développés, déterminent des affections graves , telles que l’inflammation chronique des muqueuses , des exanthèmes cutanés, des engorgemens et ulcérations de glandes, un amaigrissement effrayant, la phthisie, une tuméfaction et une ulcération des os et des articulations.

715. Les ulcères scrofuleux sont le résultat de l’inflammation , et de l’ouverture d’engorgemens glandulaires ; dans quelques cas la peau s’enflamme en différens endroits et s’ulcère. Ils sont ordinairement sans douleur ; leurs bords durs , irréguliers et décollés; les parties qui environnent l’ulcère, et l’ulcère lui-même, sont pâles et d’un rouge violet ; son fond offre çà et là des stries de lymphe consistante ; le pus est très-liquide. Avec ses symptômes se rencontre un engorgement des glandes ou une constitution scrofuleuse.

716. La guérison des ulcères scrofuleux est subordonnée à l’amélioration de la constitution. Il est permis de l’espérer lorsqu’aucun organe important n’a été atteint, et que la faiblesse générale n’est pas trop grande. L’affection scrofuleuse disparait souvent avec le développement du corps, surtout à l’époque de la puberté. Chez la femme on la voit quelquefois subitement disparaître à l’époque de la première grossesse.

717. Le traitement des scrofules réclame , avant tout, un bon régime, des alimens substantiels et faciles à digérer, un air très-vif, une grande propreté, etc. Les moyens pharmaceutiques que l’on emploie sont toniques, ou agissent d’une manière spécifique sur le système lymphatique: le quinquina, l'acorus , l’écorce de chêne ou de châtaignier , les extraits amers, les préparations de fer, de mercure et d’antimoine , la ciguë , la belladone , les alcalis , l’éponge brûlée, etc. Les rcincdes qui agissent sur le système lymphatique ou glandulaire conviennent surtout aux constitutions très-lymphatiques , et aux engorgemens considérables des glandes. Les remèdes que nous venons d’indiquer doivent être, suivant

l’état où se trouve le malade, administrés seuls, ou unis les uns aux autres. Leur action doit encore être secondée par des purgatifs prescrits de temps à autre, et l’on 'doit préférer le calomel, la rhubârbe ou le jalap. Les bains , et surtout ceux qui sont préparés avec des plantes aromatiques, du vin, du soufre, des préparations ferrugineuses, etc., sont d’une utilité très-grande , surtout lorsqu’on y joint des frictions sur tout le corps avec de la flanelle ou des linimens spiritueux.

718. Les engorgemens des glandes doivent être combattus par des frictions fondantes, telles que les préparations mercurielles et camphrées, ou ammoniacales ; par des emplâtres irritans , tels que l’emplâtre mercuriel , de ciguë et d’ammoniaque, de savon uni au camphre, à l’opium, etc. Lorsque l’affection a un caractère chronique très-prononcé , les préparations d’iode peuvent avoir quelque avantage. Ces moyens doivent être employés lorsqu’on veut obtenir la résolution des indurations qui d’ordinaire entourent les ulcères scrofuleux. Si ces engorgemens offrent de l’inflammation et de la douleur, il convient d’appliquer des sangsues en petit nombre et à différentes reprises , de faire des frictions mercurielles, des applications chaudes sèches, ou chaudes humides si la tension des parties est considérable.

Lorsque les ulcères scrofuleux ont un caractère torpide, on panse avec les décoctions astringentes de quinquina , d’écorce de chêne , de châtaignier , ou de brou, auxquelles on ajoute de l’extrait de ciguë, de belladone ou de camomille. On peut encore faire des lavages avec ces mêmes décoctions, auxquelles on ajoute de la solution de sublimé ou ou de pierre infernale , enfin des frictions avec l’onguent de précipité rouge, l’onguent nutritif, etc. On favorise la cicatrisation en touchant souvent, avec le nitrate d’argent, le fond de l’ulcère , et en enlevant complètement les parties de peau détachées ou minées par l’ulcère. Lorsque les ulcères sont enflammés et trop douloureux, on fait garder le repos , observe;- un régime hygiénique convenable, faire des fomentations chaudes, et on éloigne tout ce qui pourrait irriter.

lugol (l) regarde remploi continu de l’iode comme le moyen le plus efficace dont on puisse user contre toutes les affections scrofuleuses. II prétend n’avoir jamais observé aucun effet nuisible , alors même qu’il l’a employé pendant plusieurs mois de suite. 11 ne met en usage que la teinture d’iode. Si quelque affection gastrique survient dans le cours de ce traiiement , on doit suspendre l’iode , et prescrire quelques onces de vin de quinquina.

La formule donnée par Lugol est la suivante :

Iode. de 1/2 à 2/3 ou 1 grain ;

Eau distillée. 1 livre;

A prendre tous les jours à l’intérieur.

üydriodate de potasse, de 4 à 5 ou 6 onces ; iode. de 4 à 14 ou 16 scrupules;

Axonge récente. 2 livres ;

Pour frotter , deux fois par jour , la partie affectée.

(1) Mémoire sur l’emploi de l’iode, etc. Taris, 1829

ULCÈRES AR'iUlUTIQUES.

loiîe. Je 2 à 3 ou 4 grains;

Eau distillée. 1 livre;

Pour laver la partie affectée , ou mouiller des compresses dont on la laisse habituellement couverte.

Le malade doit observer un régime hygiénique convenable , et vivre dans un air aussi vif que possible. — Mes observations confirment l’efficacité de ce traitement.

Voyez , sur V emploi de l’iode par Mucller et Kunz , Hagas. de Rust , vol. XXXVII , page 61.

719. L’inflammation scrofuleuse delà lèvre supérieure, du nez et des joues, qui souvent se termine par ulcération et large destruction des tissus, et qui amène aussi le raccourcissement des cartilages du nez , doit être combattue par un traitement général approprié ; et pour le traitement local, rien ne saurait arrêter les progrès de la maladie aussi bien que des lavages faits avec la décoction de morelle , que l’on emploie seule ou avec addition de sublimé , ou que l’emploi du nitrate d’argent , avec lequel on touche souvent la plaie. Lorsque les scrofules sont invétérées , ou qu’elles sont compliquées d’engorgemens très-durs , on ne peut souvent parvenir à en arrêter les progrès que par le traitement que nous indiquerons plus bas, § 796 , dont l’effet s’étend à tout l’organisme.

IY. Ulcères arthritiques.

Grant, Beobachtungen iiber cbronische Krankheitcn, vol. 1 , von der Giclit. Leipsic, 1792.

Wenzel, Diss. de ossium arthriticorum indole. Mogunt. ,

Chomel , Essai sur le rhumatisme. Paris , 1813. (Thèse.)

VaUerand-de-Lafosse , Essai sur le rhumatisme. Paris, 18 15. (Thèse.)

Roche , Des plilegmasies du système fibro-séreux des artieul. Paris, 1819. (Thèse.)

720. Les ulcères arthritiques ( uleera arthritica ) sont la suite de la goutte ; ils ont, avec cette affection , des rapports plus ou moins évidens , plus ou moins occultes. Ils sont ordinairement superficiels; leur fond large sécrète une certaine quantité d’un liquide séreux qui corrode les parties ambiantes, et colore assez souvent en noir le linge qu’on applique au-dessus. Leurs bords sont ordinairement irréguliers, pâles et durs. Ils s’aggravent périodiquement lorsque la température devient humide ; assez souvent l’affection arthritique augmente d’intensité lorsqu’il y a de l’améliojation du côté de l’ulcère.

Roche (l) regarde l’arlhrite goutteuse comme consistant en une surabondance de matériaux nutritifs dans le sang, et dans la suranimalisation des tissus fibro-séreux des articulations , et la regarde comme une affection inflammatoire. L’ouverture des cadavres a constamment ( selon lui ) offert des traces non douteuses de phlogose sur tous les tissus qui entourent les articulations , telles que la rougeur , l’injec-

(i) Dict. de méd. et chirurg. pratiq. , T. III , page 455.

tion et le ramollissement de ces tissus, Il est vrai que jamais ou ne les a rencontrés en état de suppuration ; mais Bâillon avait démonlré que les tissus fibreux ne suppurent pas à la manière de la plupart des autres, et Bichat n’a-t-il pas prouvé que le véritable mode de suppuration des ligamens et des membranes fibreuses consistait dans une sorte de sécrétion et de dépôt de matière albumineuse ? Enfin on rencontre quelquefois du pus dans le tissu cellulaire environnant les articulations enflammées. Il est donc hors de doute que l'arthrite goutteuse soit de nature inflammatoire , produite et entretenue par l’état du sang indiqué par l’auteur de cette théorie. — Il pense en outre que la différence qui existe entre la goutte et le rhumatisme réside tout entière dans l’état général des individus, et il définit ce dernier une inflammation du système fibro-séreux des articulations, avec une altération du sang qui le rend plus excitant pour les organes que dans l’élat normal.

{Note du traducteur.')

721. Tantôt ils surviennent , à la suite d’une lésion accidentelle , dans le cours d’une affection arthritique ; tantôt c’est une tumeur qui s’enflamme, et donne lieu à une ulcération. Aussi les rencontre-t-on le plus souvent aux extrémités inferieures et dans le voisinage des articulations. Leur diagnostic est ordinairement facile ; cependant il peut offrir quelque obscurité dans les cas où le malade n’a éprouvé aucune atteinte de goutte avant le développement de ces ulcères. Dans ces cas il faut tenir compte des phénomènes qui accompagnent ordinairement certaines anomalies de l’arthrite , telles qu’une altération de fonctions du côté des voies digestives et du foie, la sécrétion anormale de l’urine, des douleurs qui se promènent dans les membres , et qui reparaissent périodiquement , l’inflammation des muqueuses , des éruptions cutanées , etc. , qui souvent ont des rapports intimes avec le développement de ces ulcères.

722. Les ulcères sont le plus ordinairement trèsrebelles. Souvent ils sont entretenus par une déposition de substances calcaires ; et ce n’est qu’avec beaucoup de prudence qu’on doit tenter leur guérison , car il n’est pas rare qu’elle expose les malades à des dépositions métastatiques.

723. Dans le traitement de ces ulcères on doit surtout s’attacher à combattre l’affection goutteuse. Il faut, avant tout, prescrire au malade une alimentation régulière , quelquefois complètement opposée à celle dont il faisait précédemment usage. Tantôt on lui recommande un régime gras et irritant ; tantôt, et c’est le plus souvent, on a besoin de prescrire une nourriture très-simple et végétale, secondée par beaucoup d’exercice. Suivant le caractère qu’affecte l’arthrite , on emploiera une médication capable de favoriser ou de diminuer les sécrétions cutanée et urinaire : l’esprit de Mindereu, le vin émétique, l’aconit, le gaïae, le camphre, différentes préparations d’antimoine , les alcalis, et surtout la teinture de semences de colchique, etc.; dans d’autres cas onarecours aux amers et aux toniques : au quinquina , aux extraits amers , aux préparations de fer , aux laxatifs et aux résolutifs. Les bains , et surtout c£ux qui sont soufrés , peuvent être d’une grande utilité.

ÜLCÈ1ÏES UU'KTlGlJfEUX.

724. Le traitement local de ces ulcères doit être, en partie, subordonné au traitement général. Lorsque l’ulcère a un caractère inflammatoire , il faut éloigner toutes les causes irritantes , et le traite*ment général doit être prescrit dans le même sens; on recouvre la partie de sachets aromatiques secs et chauds ; toutes les applications mouillées ou humides sont très-nuisibles. Lorsque l’ulcère a un caractère torpide , ainsi que cela arrive dans le plus grand nombre des cas, on le recouvre d’emplâtres mercuriels ou de ciguë , d’un emplâtre de minium uni au camphre et à l'opium ; ou le saupoudre , tous les jours , avec du quinquina , du camphre ou du sucre. On fait, autour de lui , des frictions mercurielles camphrées ; on recouvre toute la partie de taffetas gommé , et on applique au-dessus des sachets aromatiques camphrés. L’emplâtre de Scn.viucKEU ( assa fœtida ) , savon, gomme ammoniaque , vinaigre de scille, rend souvent de grands services , alors même que déjà les os sont attaqués. A ce traitement on doit joindre les exutoires, etc.

Lorsque les ulcères ne guérissent pas par ces moyens , il faut se garder de solliciter leur cicatrisation à l’aide de dessicatifs. Souvent leur ténacité dépend de complications locales , ils peuvent même être incurables lorsque les parties sur lesquelles ils se sont développés sont complètement désorganisées.

Dans le plus grand nombre de cas , dit Roche (page 442), une matière liquide , comme gélatineuse , est déposée autour des articulations et dans l’épaisseur de leur capsule : c’est d’elle que naissent les concrétions tophacées. Lorsqu’elle est disséminée par gouttelettes , elle se solidifie promptement , et l’articulation se trouve entourée d’une multitude de petites granulations salines. Mais , quand ce liquide forme des collections un peu considérables , le dépôt s’en fait d’une manière lente ou insensible ; ou bien chaque accès laisse autour de l’articulation une certaine quantité de celte matière ; dans l’intervalle qui les sépare la partie la plus liquide en est absorbée , et il reste dans la tumeur une substance molle et comme argileuse. Bientôt cette substance devient solide et friable ; elle forme un noyau autour duquel chaque accès vient déposer une nouvelle quantité de liquide , qui , résorbé, comme le premier , laisse , comme lui , une certaine quantité de matière saline ; de là résultent deslophus plus ou moins volumineux. Lorsqu’ils sont arrivés à un certain degré de grosseur, ils entretiennent auLour d’eux une irritation continuelle , et leur accroissement continue même dans l’intervalle des accès. La peau , constamment irritée , constamment distendue, s’amincit , offre un aréole d’un rouge pourpre qui environne la tumeur; elle finit enfin par s’ouvrir, et des ulcères s’établissent.

( Noie du traducteur.)

Les produits tophacés ou calcaires qui , le plus souvent , se déposent dans les articulations , dans le tissu cellulaire on dans les bourses muqueuses , sont toujours le résultat d inllamma lions successives. Lorsqu’ils se sont amassés en grande quantité , les mouvemens sont p us ou moins gênés ; l’irritation qu’ils déterminent donne lieu à l’inflammation et à la suppuration ; la peau qui les recouvre s’amincit, s’entrouvre, et livre passage à ces produits calcaires , qui sont peu a peu rejetés en dehors, quelquefois un morceau de cette substance se rapproche de la peau , et demeure la fixe , sans exciter aucune inflammation , aucune suppuration. Lorsqu'il déter-

mine de l’inflammation , ou cherche à le détruire par un traitement adoucissant.

Lorsqu’ils sont arrivés au-dessous de l’épinerme , on doit ouvrir ia tumeur ; mais il faut se garder de les faire sortir par la pression : ils sortent peu â peu avec le pus sous l’influence d’applications émollientes. Lorsque l’inflammation a disparu , on peut faciliter la sortie de cette substance calcaire eu enlevant une partie de l’épiderme. S’il se forme un large ulcère dont le fond est recouvert par de la substance calcaire, le moyen le plus sur de la faire disparaître est l’emploi d’un caustique capable de détruire les cellules dans lesquelles elle est renfermée.

Moore j Médico-chirurgical Transactions , vol I , page

Y. Ulcères impétigineux.

725. On désigne sous le nom d ulcères impétigineux ( ulcéra impetiginosa ) ceux qui se forment pendant le cours d’une éruption chronique de la peau. Ils comprennent les ulcères herpétiques , la teigne, la croûte laiteuse et la gale. Ces ulcères doivent être considérés comme un symptôme d’une éruption chronique de la peau ; ils sont déterminés par la longue durée de l’éruption, par sa grande inteusité, par sa disparition rapide d’un endroit, et son développement dans un autre, ou enfin par une lésion mécanique , telle que les écorchures que l’on fait en grattant, etc.

726. Les causes déterminantes des éruptions chroniques de la peau sont en général un mauvais état des voies digestives, un engorgement du système de la veine porte et du foie, une altération des sécrétions , une diathèse, l’abus d’alimens ou de boissons âcres et détériorées , un air vicié, le manque ,de propreté dans les vétemens ou dans les occupations , l’action de certaines substances âcres sur la peau , et enfin la contagion. D’après cela on peut diviser les ulcères impétigineux 1° en ulcères purement locaux, 2° en ceux qui sont liés à une affection générale, et 3° en ulcères dus à la contagion.

727. Le traitement des ulcères impétigineux doit varier suivant l’état où ils se présentent , et suivant la nature de l’éruption cutanée qui les a déterminés. Lorsque les ulcères sont enflammés et douloureux , le traitement doit avoir uniquement pour but de diminuer l’irritation. Rarement on a besoin d’avoir recours à des antiphlogistiques énergiques : une diète modérée et des rafraîchissans suffisent ordinairement. Suivant la cause qui les a déterminés , on doit employer des remèdes tantôt dissolvans, tantôt capables de favoriser la digestion et l’assimilation , et tantôt on doit s’appliquer à rappeler les sécrétions supprimées.

Dans toutes les éruptions constitutionnelles non contagieuses il existe un principe maladif qui doit être éliminé. Pour arriver à ce but il faut diriger tous ses efforts du côté des exutoires naturels : la peau , l’appareil urinaire , le tube digestif. Les remèdes qui agissent avec le plus d’énergie sont : le soufre et ses différentes préparations, les anlimo-

ULCÈRES HERPÉTIQUES.

KjS)

niaux, la douce-amère , le sassafras , le genièvre, la salsepareille, l’écorce de garou, le carex arcnaria , la jacée , etc. Lorsque les éruptions sont anciennes , que la peau a subi quelque désorganisation , les mercuriaux , le sublimé et l’arsenic peuvent être très-utiles. Souvent la guérison ne peut être obtenue qu’à l’aide d’une médication qui agisse violemment sur tout l’organisme , telle que les débilitans, la salivation, la décoction de Zittiuann dont nous parlerons plus tard (§ 790) , etc.

728. Le traitement local doit être en rapport avec le degré de l’inflammation ; et , aussi longtemps qu’elle dure , on doit se borner aux applications adoucissantes, aux bains tièdes, etc. Dès que l’état inflammatoire a disparu, il faut, aussi longtemps que la cause interne persiste , n’employer qu’avec prudence les traitemens locaux, parce qu’ils déterminent souvent la disparition brusque de l’affection et des métastases. On emploie avec avantage, dans ces cas, le soufre, le sublimé, l’oxyde de mercure , le calomel , les préparations alcalines en frictions, bains et fomentations. Dans les désorganisations complètes de la peau il est quelquefois indispensable d’avoir recours aux caustiques , et à la destruction complète de la partie affectée. Pendant le cours de ce traitement on doit avoir soin que le malade soit toujours propre, qu’il observe un régime convenable. Il faut en outre établir des exutoires capables de produire une dérivation énergique.

A. Ulcères herpétiques.

Roussel, Diss. de variis herpetumspeciebus-, etc. Cadorn.,

Schlegel, Thésaurus path.-therapeut., vol. II, page 1.

Poupart , Traité théorique et pratique des herpès , 1784.

Conrad, Addition au Traité de Poupart. Strasbourg, 1785.

Muelilenpfort, Diss. de ulceribus esthiomenis, etc. Kilon,

Hensler, De herpeteseu formicâ veterum,etc. Kilon, 1801 .

Tilesius, Théorie der flechtenarligen Ausscldaege. I.eips.,

Aubert , Monographie des dermatoses. Paris, 1832, page

Celse , De re medicâ, lib. V, cap. 28, § 17.

Willan, Pratical Treatise on impétigo, l.ond., 1814.

Rayer , Uiet. de méd. et de chirurg. pratiq., T. X, art. Impétigo.

729. Les ulcères herpétiques (ulcéra, hsrpetica ) sont caractérisés par les signes suivans : au début on remarque , sur la peau , en un point quelconque , de l’inflammation ou de petites vésicules qui donnent lieu à des croûtes qui s’exfolient plus tard sous forme de brins de son , ou quelquefois se séparent en morceaux plus volumineux , et laissent à découvert des points enflammés de la peau. De ces points suinte un liquide d’une odeur particulière et de couleur variable , qui , se desséchant à l’air , forme de nouvelles croûtes, qui bientôt tombent

elles-mêmes. Ces ulcérations ne pénètrent point ordinairement très-profondément , mais elles envahissent rapidement une large surface, et sont le plus souvent accompagnées d’un sentiment de chaleur violente et d’élancemens.

Lorsque les plaques formées par ces ulcérations s’étendent à une grande partie du corps, l’exhalation cutanée diminue , la nutrition souffre , la constipation est permanente , et souvent il survient , après un long espace de temps , des indurations aux viscères de l’abdomen, un engorgement œdémateux des membres inférieurs , la lièvre hectique , etc.

730. On divise les ulcères herpétiques ( herpès, lichen , serpigo ) , selon leur forme ; en; herpès furfuracés , crustacés, squammeux , pustuleux , phlycténoïdes , érytliémoïdes , suivant que , dès le principe , ils donnent lieu à de petites écailles , des croûtes, des vésicules, des phlyctènes ou de l’inflammation. On désigne sous le nom d 'herpès rongeans (herpès exœdens , rodens , phagedœnicus) , ceux dans lesquels l’ulcération s’étend rapidement , qui donnent lieu à des croûtes épaisses , au-dessous desquelles le liquide âcre qu’ils sécrètent ronge les parties, et les désorganise profondément. Lorsqu’un ulcère de ce genre affecte le menton , on le désigne sous le nom de mentagra. Cette division des herpès d’après leurs formes est de fort peu d'importance , attendu qu’elles sont excessivement variables.

731. On ne sait pas dune manière positive si la cause prochaine de l’herpès doit être attribuée à une affection spécifique ; si celte même cause est la même pour tous les genres d’herpès , et si leurs différentes formes dépendent de causes diverses. — Certaines espèces de cette affection , et surtout l’herpès rongeant , peuvent posséder une propriété contagieuse, lorsque surtout elles sont fort développées.

La facilité avec laquelle on peut contracter l’herpès , qui quelquefois est héréditaire , est souvent fondée sur la délicatesse particulière et la sensibilité de la peau ; et , dans ce cas, il survient ordinairement un herpès furfuracé. — Les plaques herpétiques se montrent le plus souvent aux parties qui sont très-sensibles , et qui sont constamment en contact avec l’air. Aussi les rencontre-t-on le plus souvent à la face et aux mains. Les causes éloignées de cette affection sont des engorgemens des organes de l’abdomen, la suppression d’exutoires naturels, ou d’exutoires depuis longtemps en fonctions, tels que des hémorrhoïdes , des sueurs aux pieds, des menstrues, etc., une diminution dans les sécrétions de la peau ou des reins, surtout chez les vieillards, une affection aiguë’ quelconque, ou enfin une éruption cutanée aiguë et qui a disparu. On peut encore compter parmi les causes de cette affection la malpropreté de la peau , l’irritation que détermine le frottement des coulures de certaines parties de vêtemens , et surtout de vêlemens de laine ; les travaux qu’on exerce sur la laine ; l’abus de boissons et d’alimens âcres.

Souvent l’herpès est compliqué d’affection scro-

ULCÈRES IMFÉXiGlNEUX.

fulcuse, syphilitique ou arthritique ; et ces diverses affections générales paraissent , dans quelques cas , en être la cause , quoique cependant on le reconnaisse moins par la forme de l’éruption et de l’ulcération qui lui sont propres que par les phénomènes généraux qui en sont inséparables. Dans les climats chauds les herpès sont plus fréquens que dans les climats froids; dans nos climats modérés ils se développent principalement en été ; en hiver ils disparaissent quelquefois complètement , ou restent stationnaires.

I)’apr6s ce que nous venons de dire , il est facile d’expliquer pourquoi la disparilion subite ou un arrêt dans le développement de ces affections peut déterminer des accidens très-graves , tels que des inflammations et des douleurs dans les différentes cavités du corps , des crampes , des convulsions, l’apoplexie, la paralysie, une mort subite, des engorgemens de viscères de l’abdomen, l’ascite, l’ictère, etc.

732. Le traitement des ulcères herpétiques réclame avant tout l’éloignement de leurs causes. Dans les engorgemens de l’abdomen on prescrit des fondans et des purgatifs ; lorsque les sécrétions de la peau ou de l’appareil urinaire ont été supprimées , il faut immédiatement chercher à les rappeler ; un traitement spécial doit être dirigé contre les scrofules , la syphilis ou toute autre complication. Enfin il faut changer le régime du malade toutes les fois qu’il peut avoir quelque liaison avec le développement de cette affection.

En général on emploie , contre l’herpès , l’antimoine , le mercure et le soufre, séparément ou mélangés, l’œthiops antimonial , l’œthiops minéral, le calomel uni au soufre doré, la graphite (1) ; les boissons qui agissent directement sur la peau ou sur les reins , surtout lorsque la sécrétion urinaire est peu abondante , ou que déjà il s’est formé des amas de liquide ; la douce-amère en infusion, les sudorifiques , la jacée , le genièvre , l’écorce de garou, la teinture de cantharides, etc.; lorsque la peau est très-enflammée , les fleurs de soufre unies à la crème de tartre et au gaïae.

733. Le traitement externe , qui en général ne doit être employé qu’avec prudence , et seulement après un traitement interne, lorsque l’herpès est du à une cause interne , doit être basé sur l'état des ulcères. Lorsqu’ils sont enflammés et douloureux, on emploie seulement les bains lièdes, des frictions et des fomentations adoucissantes. Lorsque l’inflammation a diminué, on a recours aux bains sulfureux , aux solutions de sublimé , aux onguens dans la composition desquels entre l’oxyde rouge de mercure ou le calomel , au soufre uni à l’axonge, au savon dissous dans l’eau, à l’onguent gris, à la pommade cilrine, la pommade oxygénée, une solution de nitrate d’argent. Lorsque les éruptions herpétiques sont anciennes , les douches d’eaux sulfureuses , ou les vésicatoires appliqués sur le lieu même de l’éruption, peuvent la faire disparaître

( 1 ) Wcinhold, Der Graphie, Heilmittel wider die Flechten . iicisscn, 1813.

complètement. On peut encore obtenir le même résultat en cautérisant avec le nitrate d’argent. De tous ces remèdes celui qui m’a paru le plus efficace c’est un Uniment fait avec du soufre, du savon et de l’eau , ou bien encore une solution de sublimé. A ces traitemens doivent toujours être joints des exutoires et un régime sévère.

Si l’herpès a disparu , et qu’il survienne des accidens métastatiques , il faut chercher à rappeler l’éruption aussi vite que possible. Lorsque l’herpès est très-ancien , et qu’il a résisté à tous les traitemens , ou peut retirer quelque avantage des bains locaux faits avec une décoction d’amandes. Lorsque ces ulcères sont très-élendus, et invétérés, que la peau est considérablement altérée, les bains locaux de sublimé (l), une diète sévère et la décoction de Zittmann agissent avec une certaine efficacité. Dans ces cas on a encore recommandé l’arsenic, tant à l’extérieur qu’à l'intérieur. — L’herpès rongeant qui s’est développé à la face peut quelquefois ne guérir que par la cautérisation et par le traitement de Hellmund (2).

B. De la Teigne.

Frank , Epitomc de enraiidis Dominion morbis, liv. IV , page 187.

Gallol, Diss. sur la teigne. Paris, 1802.

734. La teigne ( tinea capitis ) est caractérisée par des ulcères qui ont leur siège dans la peau du cuir chevelu , et qui donnent lieu à des croûtes de différentes épaisseurs, de différentes couleurs, et à la sécrétion d’un liquide ichoreux d’une odeur particulière. Avant que ces ulcères ne se forment, il survient, sur différens points de la tête, une démangeaison plus ou moins vive, de la rougeur, et souvent aussi de petites tumeurs. Il n’est pas rare non plus de trouver un engorgement des ganglions cervicaux , et de la céphalalgie. Ces accidens augmentent, et l’on remarque, entre les cheveux, tantôt des pustules ou des vésicules entourées d’un cercle inflammatoire, tantôt de petites tumeurs circonscrites pisiformes, dont le sommet est ramolli et jaunâtre. Lorsqu’elles percent, il en sort un liquide ichoreux qui colle les cheveux, et, en se desséchant, il forme des croûtes, au-dessous desquelles s’amasse le liquide sécrété. La peau est détruite dans une étendue plus ou moins grande. Le plus souvent les ganglions cervicaux sont douloureux et engorgés; ordinairement enfin il survient une grande quantité de poux.

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