‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 123 sur 444 · PAR LE MERCURE · texte numérisé non relu

PAR LE MERCURE

car cet accident doit faire cesser l’emploi du calomel.

795. Dans ce traitement le malade prend, le soir, quelques heures ayant de se coucher , mais lorsque l’estomac est vide , un paquet de poudre composé de dis grains de calomel et quinze grains de sucre , et boit deux tasses de bouillon gras chaud ; une demi-heure après il prend un second paquet semblable au premier, et, si le sujet est vigoureux , il prend encore un demi-paquet une autre demiheure après ; en sorte que dans un jour il prend vingt-cinq grains de calomel et six lasses de bouillon gras ; après cela il se met au lit. Le lendemain matin il prend deux tasses de café un peu fort ; trois ou quatre selles liquides surviennent ordinairement ; si cela n’a pas lieu , il faut , dix ou douze heures après avoir pris le calomel , que le malade avale une poudre faite avec quinze ou vingt grains de jalap et une dose égale d'émétique afin de solliciter au moins une selle. Après deux jours de repos, et suivant l’état où il se trouve , le malade doit prendre la même quantité de calomel divisée en deux ou trois paquets ; il en fait autant le septième jour; il en prend le dixième jour une quatrième dose , autant le treizième et le seizième jour , et enfin, au dix-neuvième jour, il prend la septième dose ; au vingt et unième jour, la huitième et dernière. Lors de la troisième ou quatrième dose l’estomac est déjà accoutumé à l’irritation du mercure, il faut alors ajouter à chaque paquet de calomel cinq ou six grains de poudre de jalap. En même temps on prescrit une légère infusion de quinquina afin de soutenir les forces reproductrices pendant •que le mercure détruit l’affection générale.

Pendant le cours de ce traitement le malade doit garder la chambre deux ou trois heures le matin afin de favoriser l’exhalation cutanée ; lorsque le temps est beau , il peut vaquer à ses occupations ordinaires. Ce qu’il y a de plus important dans ce traitement c’est qu’il survienne des selles ; car elles empêchent la salivation d’avoir lieu ; si cette dernière se déclare, on doit suspendre le traitement : c’est surtout ce qu’on est obligé de faire chez les personnes qui ont déjà pris beauconp de mercure.

79G. La décoction de Zittmann s’emploie de la manière suivante : le malade prend , le matin du premier jour du traitement , seize pilules mercuj rielles laxatives ; les quatre jours suivans il prend , le matin, une bouteille de décoction forte chaude , et , le soir , une bouteille de décoction faible froide. Le sixième jour il prend de nouveau des pilules laxatives, et, les quatre jours suivans, de la décoction de la manière indiquée. Pendant le traitement le malade ne doit manger par jour que deux onces de mouton rôti et deux onces de pain blanc; les jours où il prend les purgatifs on ne lui permettra que trois soupes. Le malade doit toujours garder le repos au lit afin de favoriser les sueurs. Lorsqu’il a fini de prendre la décoction, il doit encore garder la chambre, être mis à un régime maigre et à l’usage des boissons sudorifiques.

Si le malade n’est pas encore complètement

guéri , on recommence le traitement en entier. Aux individus robustes on donne , pour la troisième fois , des pilules laxatives au onzième jour du traitement. Pendant le cours de cette médication les ulcères doivent être lavés avec de l’eau tiède seulement , et pansés avec de la charpie sèche ou enduite d’un liniment adoucissant. En général cinq , six selles liquides , et même davantage , et des sueurs plus ou moins abondantes , sont le résultat de ce traitement. Je n’ai jamais vu survenir aucun accident qui obligeât de le suspendre.

Lorsqu’il existe des éruptions cutanées très-étendues , et que les personnes sont très-faibles , il peut être avantageux de ne prescrire qu’une bouteille de décoction par jour. Quelquefois les pilules sont vomies par le malade : il faut , dans ces cas , en donner de nouvelles , mais en moindre quantité à la fois. Les rapports , les nausées et même les vomissemens qui surviennent quelquefois pendant l’emploi de la décoction cessent en diminuant la quantité que l’on fait prendre d’une seule fois. Un jour j’ai vu de violentes douleurs abdominales apparaître chaque fois que le malade prenait une potion de décoction faible ; plusieurs fois aussi j’ai vu survenir une légère salivation , qui n’était point fatigante pour le malade (1).

DÉCOCHONS DE ZITTMANN.

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