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L’influence de la fistule stercorale et de î’a

ANLS ANORMAL.

mis anormal sur l’économie esl très-grande. Les matières chyleuses ne parcourent qu’une partie du tube digestif, et sortent par l'ouverture accidentelle : aussi la nutrition est altérée , l’appétit considérable, et le malade maigrit rapidement, surtout dans les commencemens de la maladie. Ces accidens sont d’autant plus frappans que l’ouverture anormale est plus près de l’estomac; lorsqu’elle est située plus loin, à la partie inférieure de l’iléon ou au colon , elle donne passage à des matières fécales pures, et la nutrition est moins altérée. Cet écoulement continuel irrite et excorie les parties qui environnent la fistule, et elles deviennent très-douloureuses. La membrane muqueuse , qui est en contact avec l’air, devient plus rouge, moins villeuse, mais continue à sécréter une grande quantité de mucosités. Lorsqu’il y a un anus anormal complet, le rectum ne reçoit plus que des matières muqueuses blanchâtres , d’une consistance variable , sécrétées par le gros intestin. La partie inférieure du tube intestinal revient sur elle-même , se contracte plus ou moins , mais conserve toujours une partie de son canal ; cependant Begin (1) a yu un cas dans lequel la partie inférieure du tube digestif était presque complètement oblitérée.

858. Il n’est pas rare de voir, par l’anus contre nature , s’établir tout à coup , et à la suite d’un effort violent, ou lentement par süite d'une invagination , une chute de l’intestin, et la partie renversée et faisant saillie au dehors acquérir souvent un volume considérable. Le plus souvent ce renversement se forme aux dépens d’un seul des bouts de l’intestin ; il. a ordinairement une forme conique plus ou moins prononcée ; il est resserré à sa base , et pourvu à son extrémité d’une ouverture par laquelle s’échappent les matières alvines. La partie renversée a une couleur rouge; elle est constamment humectée par des mucosités ; ordinairement elle est peu sensible. Elle est quelquefois le siège de mouveincns péristaltiques , et au commencement do l’accidentelle est si contractile que le moindre contact y détermine de vives contractions ; elle augmente de volume lorsque le malade faitun effort, diminue et même rentre complètement lorsqu’il est couché, ou qu’elle est soumise à une compression convenable. — L’irritation permanente à laquelle elle est soumise la rend plus épaisse , et elle revêt quelquefois les caractères des tégumens externes; dans d’autres cas elle devient noirâtre. La partie ainsi renversée peut contracter des adhérences avec le pourtour de l’anus anormal , elle peut même s’étrangler. — Lorsque ce renversement se fait aux dépens du bout inférieur (ce qui est rare) , il s’en écoule seulement un liquide blanc, muqueux, et les matières fécales qui viennent du bout supérieur s’échappent par la base de la tumeur. Lorsque le bout supérieur et de bout inférieur se renversent simultanément, ily a deux tumeurs, etles fèces sortent par le point central de celle qui provient du bout supérieur.

(1) Dupuytren ; Leçons orales, T. Il, page 211.

Dupuytren (1) ajoute que ces bourrelets, qui peuvent acquérir jusqu’à neuf pouces de longueur ( Desault ) , et même davantage (Sabatier), déterminent souvent des tiraillemens excessivement douloureux dans l’abdomen; et, dans l’impossibilité où les douleurs mettent le malade de relever le tronc, il est quelquefois obligé de marcher le corpspresque horizontalement courbe sur deux béquilles. Lorsque cette complication de l’anus anormal existe, les incommodités inhérentes a la maladie accroissent ; la douleur s’ajoute à l’imperfection de la digestion et de la nutrition; la maigreur fait de plus rapides progrès, et le marasme ne tarde pas à se manifester si l’art ne replace pas les parties dans des conditions moins défavorables.

859. Les fistules stercoraleset les anus anormaux peuvent être la suite de plaies pénétrantes de l’abdomen avec lésion de l’intestin , de hernies étranglées , d’abcès , etc. , qui auraient détruit une partie de la paroi de l’intestin, ou une anse entière de ce viscère. La partie de l’intestin qui a été détruite forme avec le péritoine des adhérences qui empêchent l’épanchement des matières fécales dans l'abdomen.

Aces causes Dupuytren ajoute (2) certains corps étrangers ingérés et parvenus dans l’intestin , et certaines opérations pratiquées par l’art , réduit, dans quelques cas, à cette déplorable nécessité pour empêcher l’issue , plus funeste encore, de quelques lésions intestinales. Nous reviendrons, aux § 1065 et 1443, sur cette dernière cause, qui est d’autant plus importante que l’art peut diriger la formation de l’anus anormal de manière à rendre sa guérison plus facile.

(Note du traducteur .)

860. Du siège de l’anus contre nature et de la position des bouts supérieur et inférieur de l’intestin dépendent la possibilité de la guérison par les efforts seuls de la nature, le besoin que l’art vienne au secours de la nature, et l’indispensable nécessité que l’art ait recours à de grayes moyens. Lorsque la nature agit seule , elle le fait de la manière suivante : l’intestin perforé , et qui a contracté des adhérences avec le péritoine, entraîne lentement avec lui, dans la cavité abdominale, cette membrane, qui forme alors une cavité infundibuliforme ; à mesure que cette cavité augmente , les matières alvines qui arrivent du bout supérieur passent dans l’inférieur. Ce phénomène ne peut cependant pas avoir lieu dans l’anus contre nature qui succède à une plaie pénétrante de l’abdomen , ou à des hernies inguinales ou ventrales anciennes terminées par gangrène ; dans les cas où l’intestin blessé a contracté des adhérences avec la plaie extérieure ; où le sac herniaire est adhérent aux aponévroses abdominales ; où il manque le tissu cellulaire extensible qui existe dans les autres hernies ; enfin où les bouts de l’intestin ne peuvent pas assez se retirer dans l’abdomen pour former la cavité infundibuliorme destinée à rétablir une communication entre le bout supérieur et le bout inférieur.

(1) Dictionnaire cité plus haut page 136.

(Note du traducteur.)

(2) Dictionnaire cité, page 123.

ANUS ANORiîAL.

La guérison de l’anus contre nature par ces moyens tout à fait naturels s’opère avec le plus de facilité dans les cas où une partie seule de la paroi d’un intestin a été lésée ; mais, lorsque les deux bouts de l’intestin ont été complètement séparés, et qu’ils sont unis entre eux de manière à ce qu’ils se trouvent situés parallèlement , ou sous un angle aigu , on rencontre dans leur cavité une saillie ( éperon ) formée aux dépens de leur côté libre. Cet éperon sert à couper les communications entre les deux bouts de l’intestin , et, lorsque cet éperon ne peut être effacé par le retrait des deux bouts de ce viscère dans la cavité abdominale , le seul moyen de rétablir le cours normal des matières alvines est de détruire cette cloison.

L’intestin est surtout entraîné dans l’abdomen par ses propres mouvemens , par la traction qu’opère sur lui le mésentère, qui, d’un côté, est fixé au fond de la concavité de l’angle rentrant formé par l’éperon , et, d’un autre côté, à la colonne vertébrale. Entre ces deux points d’insertion il forme une espèce de corde plus ou moins tendue qui a une tendance invincible à attirer l’intestin vers la colonne lombaire. — D’après cela on aperçoit aisément l’influence que peuvent avoir, sur la guérison de l’anus contre nature, et la supination et les mouvemens. — Dupuylren a vu deux cas où la déchirure des adhérences qui retenaient l’intestin aux parois abdominales avait déterminé un épanchement de matières fécales dans la cavité abdominale. — Les autopsies de personnes qui, depuis plusieurs années, avaient été guéries de cette afj feclion soit par les efforts de la nature, soit par ceux de l’art, chez lesquelles l’intestin n'était plus en rapport avec le point où existait l'anus anormal que par un cordon fibro-celluleux, ont fait plusieurs fois reconnaître que toute espèce de j liaison avait cessé, etque l’intestin était libre dans l’abdomen.

[ W edemeyer a rapporté un cas dans lequel une femme j dont l’anus anormal à l’orifice de l’arcade crurale avait résisté à tous les moyens ordinaires, avait été spontanément guéri à ta suite d’une grossesse. Nul doute, ajoute Dupuylren, que, dans ce cas, l'utérus, en refoulant en haut la portion d’intestin ouverte, ne l’ait graduellement éloignée de la plaie extérieure, et n’ait ainsi déterminé l’alongement de l’infundibu- |j bim et le rétablissement des voies naturelles. ]

{Acid, du traduct.')

Consultez à ce sujet :

Lallemand, Répert. d’anat. et de physiologie. T. VII, page

Dupuytren, Dict. page 137.

861. Pour le traitement de la fistule stercorale ou de l’anus contre nature, on doit, dansle commencement de la maladie, veiller à ce que les matières fécales aient une libre issue , recouvrir l’ouverture i accidentelle avec des plumasseaux de charpie, éviter toute espèce de compression, faire prendre au malade des alimens bien nourrissans et faciles à digérer;, prescrire souvent des lavemens, et administrer de légers purgatifs. S’il existe extérieurement plusieurs ouvertures fistuleuses, on doit les ouvrir par

(des incisions convenables : l’irritation et les indurations doivent être combattues par des cataplasmes, la propreté , etc. ; les callosités dures et sèches qui ne cèdent pas à ces moyens, enlevées avec le bistouri. Lorsque l’ouverture accidentelle se resserre trop promptement, et que le cours des matières

alvines n’est pas assez libre, ou on dilate l’ouvertnre avec de l’éponge préparée , ou on l’agrandit avec le bistouri ; ce qu’on ne doit faire qu’avec répugnance, parce qu’on s’expose à détruire les adhérences de l’intestin. L'ouverture dilatée, on y introduit un gros bourdoimet afin d’empêcher qu’elle ne se resserre de nouveau.

L’introduction d’un bourdonnet est aussi l’unique moyen qu’on ait à opposer au renversement de l’intestin. Si déjà cette complication a lieu, on cherche à le faire rentrer ; et, si on ne peut y parvenir en une seule fois, on lâche d’en obtenir la rentrée progressive par une compression permanente à l’aido d’un bandage. Le malade doit garder le repos au lit, cl éviter toute espèce d’efforts. Lorsque l’intestin renversé s’est étranglé, on fait un débridement à la base de la tumeur ; mais cette opération doit être faite avec la plus grande précaution.. — Lorsque, par suite de ce traitement , les matières alvines reprennent peu à peu leur cours normal , que cette amélioration dure depuis un certain temps, qu’il n’existe aucune douleur dans l'abdomen , aucun embarras, aucune rétention des matières fécales , on peut laisser l’ouverture se fermer peu à peu ; néanmoins il est prudent de laisser pendant quelque temps une bougie dans l’anus anormal afin de conserver une petite ouverture. Lorsque l’anus contre nature se ferme trop promptement , ou que les matières fécales s’amasseut en trop grande abondance au point de communication entre les deux bouts de l’intestin, il survient dans celte région des douleurs très-vives, une tension douloureuse de l’abdomen , des vomissemens et quelquefois une perforation de l’intestin, et par suite un épanchement dans l’abdomen. Dans ces cas il faut , lorsque l’ouverture n’est pas encore complètement fermée , introduire une sonde élastique dans le bout supérieur, dilater l’ouverture avec de l’éponge préparée , ou l’agrandir avec le bistouri afin de procurer l’issue des matières amassées en trop grande abondance.

862. Lorsque, àl’aide de ce traitement, on n’obtient point la guérison de l’anus anormal à cause do la trop grande saillie que forme l’éperon, il faut diviser, avec l’entérolome de Dupuytren , l’espèce de cloison qu’il forme. Pour cela il faut d’abord bien étudier ta position des deux bouts de l’intestin soit avec une grosse sonde, soit avec le doigt: pour cette opération préliminaire on est souvent obligé de dilater 'l’ouverture externe ; les excroissances qui se forment quelquefois au pourtour de l’anus anormal, et qu’il ne faut pas confondre avec la muqueuse intestinale renversée , doivent être enlevées avec le cautère , ia ligature ou les ciseaux. Ils est souvent très-difficile de découvrir les deux bouts de l’intestin , soit parce que l’éperon , constamment refoulé vers te bout inférieur par les matières fécales , finit à ta longue par en fermer complètement l’ouverture , soit parce que, dans d’autres cas, le bout inférieur, revenu sur lui-même, est caché dans quelques anfractuosités de la plaie , et se dérobe aux recherches les plus attentives. Le pronostic est en général d’autant plus favorable que l’ouverture

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