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ANUS ANORMAL

des deux bouts de l’intestin est plus facile à trouver. Pour chercher les bouts de l’intestin on se sert de deux sondes de femme : l’une est introduite dans le bout supérieur, et l’autre dans le bout inférieur; cette introduction étant faite , on saisit d'une seule main les parties de sondes qui sont restées au dehors, et on cherche à leur imprimer un mouvement de rotation sur leur axe. Lorsqu’on ne peut exécuter ce mouvement , c’est que l'éperon se trouve entre les deux sondes ; ce qui est un indice certain que les sondes se trouvent dans deux bouts différens de l'intestin.

L’entérotome de Dupuylren se compose de deux branches latérales et d’une vis de pression à plusieurs filets : les branches ont sept pouces environ de longueur; la branche mâle est formée d’une lame, longue de quatre pouces , large de trois lignes , et d’une demi-ligne d’épaisseur sur son tranchant. Celui-ci est ondulé , et son extrémité libre se termine par un renflement sphéroïde. A l’uuion de cette lame avec le manche est une mortaise de quelques lignes d’étendue, derrière laquelle est le manche lui-même, qui a deux ou trois pouces de longueur, et qui est fendu , dans presque toute son étendue , par une autre mortaise , large de quatre lignes.

La branche femelle est un peu moins longue que la précédente ; elle présente, sur un de ses côtés , une gouttière dont les bords, d’épaisseur et de largeur égales à la lame de la branche mâle, sont séparés par un intervalle destiné à recevoir et à loger complètement celle-ci. Le fond de cette gouttière est creusé d'ondulations dont les saillies et les enfoncemens correspondent aux enfoncemens et aux saillies du bord ondulé de l’autre branche ; à son extrémité est une cavité destinée à recevoir le bouton qui termine cette dernière; à l’union de la gouttière avec le manche existe un point tournant qui doit être reçu dans la mortaise de la branche mâle ; enfin vient le manche lui-même , qui est percé d’un trou taraudé , destiné à recevoir la vis de pression.

f.ette vis est longue d’une pouce et demi , terminée par une plaque ou pavillon de forme ovalaire et faite à plusieurs mets , passée dans la longue mortaise de la branche mâle ; elle est ensuite engagée dans le trou de la branche femelle ; son action consiste à rapprocher a volonté les lames de l’iuslrument. {Dupuylren , üict. , page 152.)

( Noie du traducteur. )

Lorsqu’on s’est assuré de la position des bouts de l'intestin, le malade étant couché sur le dos, et les parois abdominales étant relâchées par la demiflexion des membres inférieurs et par l’élévation de la poitrine et de la tète , le chirurgien introduit les deux branches de l’entérotome dans chacun des bouts de l’intestin en les dirigeant, soit avec le doigt, soit avec une sonde cannelée ; ils doivent être introduits à une profondeur telle que , étant réunies par l’écrou, les deux branches doivent saisir au moins deux pouces et demi de l’éperon : alors, saisissant les deux branches d’une seule main , on cherche à leur imprimer le meme mouvement qu’avec les sondes. A l’aide de la vis à pression on rapproche les branches au point de ne déterminer qu’une faible douleur. Les branches de î’entérolome sont ensuite enveloppées de linge, et fixées à l’aide d’un bandage en T. Tous les jours ou tous les deux jours

on serre un peu plus la vis de pression ; tant que ces pressions successives déterminent un peu de douleur on peut être sûr que les branches ne sont pas encore entièrement rapprochées. Pendant le temps que l’instrument reste appliqué le malade ne doit prendre que des alimens légers ; on doit lui faire prendre souvent des lavemens émolliens. Les douleurs abdominales qui se déclarent quelquefois doivent être combattues par des préparations huileuses , des lavemens opiacés, des cataplasmes, et par des antiphlogistiques s’il existe des accidens inflammatoires. Mais les observations de Dcpcytren prouvent que ces accidens sont rares.

L’entérotome ne divise pas les parois intestinales qu’il embrasse à la manière des instrumens tranchans ordinaires; il commence d’abord par frapper de mort tout ce qui est entraîné par la branche mâle au fond de la gouttière de la brandie femelle; il détermine la formation d’une véritable escarre; et, pendant qu’elle se détache , les parties continues sont prises d’une inflammation adbésive. Au moment où l’escarre tombe il y a déjà , tout autour de la partie mortifiée , une cicatrice faible d’abord , mais capable cependant de prévenir les épanchemens dans l’abdomen , et , au bout de cinq ou six jours , elle est assez forte pour résister à des efforts considérables. Plus tard son tissu passe â l’état celluleux , et dès lors sa solidité est égale à celle d’un tissu naturel. ( Dupuytren.) ' {Note du traducteur.')

Seiler (l) a proposé une modification qui consiste à rendre les branches de l’entérolome parallèles; Liordat , un emporLe-pièce afin d’enlever une partie plus considérable de l’éperon ; Reybard saisit l’éperon entre les deux branches fénêtrées d’une pince, et ie divise à l’aide d’une lame tranchante, puis laisse la pince à demeure afin de donner aux adhérences le temps de se former ; Desault avait déjà reconnu que l’éperon était le principal obstacle au cours des matières stercorales, et cherchait à le repousser soit à l’aide de tampons, soit à l’aide de plumasseaux do charpie, qu’il introduisait dans les deux bouts de l’intestin , et auxquels il donnait tous les jours une direction plus rectiligne ; il secondait encore leur action en fermant l’ouverture de l’anus anormal; Schmalkalden perforait la cloison , et introduisait dans l’ouverture qu’il faisait, des bourdonnets de jour en jour plus volumineux, afin de rétablir le cours des matières aux dépens de la cloison ; d’après Richerand (2) , Physick aurait , en 1802 , obtenu la guérison d’un anus anormal en perforant l’éperon avec une aiguille qui entraînait un fil; et , quelques jours après , avec des ciseaux mousses , il aurait enlevé toute la partie de l’éperon qui se trouvait entre son bord libre et ia partie traversée par le fil.

Consultiez f sur ta valeur de ces procédé* ;

Sabatier , Médecine opératoire , par Roche et Sanson , vol. IV.

Dupuylren , Dict. déjà cité , page 158.

863. Lorsque l'enlérolome a coupé la cloison qui l’étreignait, et qu’il est tombé spontanément, ce qui a ordinairement lieu entre le septième et le dixième jour, les lavemens émolliens doivent toujours être continués , et on ne doit s’appliquer à fermer complètement l’ouverture de l’anus anormal que long-temps après que les matières fécales ont

(1) Traduct. de Scarpa. Leipsic , 1822, planche VI , figure 14.

(2) Histoire des progrès récens de ia chirurgie, page 52.

FISTULES A L’ANUS

repris leur cours naturel , et que les selles ont lieu sans lavemens. L’oblitération complète de la fistule est souvent la partie la plus longue et la plus laborieuse de l’opération ; on peut tenter , pour l’obtenir, le repos au lit; une compression modérée par un brayer ou un autre bandage herniaire ; la cautérisation avec le nitrate d’argent ; le rapprochement à l’aide de deux pelottes oblongues fixées à une ceinture, et unies entre elles au moyen de deux vis de rappel ainsi que l’a proposé Dupuytren (1) ; l’application de bandelettes de diachylon ; l’excision de la membrane muqueuse qui tapisse l’ouverture, et le rapprochement par la suture enchevillée (2) ; enfin en empruntant aux parties voisines un lambeau cutané qui sertà obturerl’ouverture accidentelle (3). Ordinairement on voit de petites fistules persister pendant des années entières, mais ne rendre qu à des intervalles éloignés une goutte de liquide séreux, muqueux ou stercoral , et enfin se fermer spontanément.

Pour les cas où on ne peut obtenir la guérison de l’anus contre nature on a proposé plusieurs moyens de recueillir les matières fécales : le plus simple et le plus convenable dans tous les cas consiste eu un bandage herniaire, qui, au lieu de pelotte, est muni d’un cercle d’ivoire , percé à son centre d'une ouverture à laquelle est ajusté un tube de gomme élastique, lequel se termine dans une boîte destinée à servir de réceptacle aux matières qui s’écoulent ; à

D. Fistules à l'anus.

Read , treatise ut the fistula in lhe fundament , etc. Lond. , 1538.

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(1) Breschct, Journal de Graere et IValther, vol. II , planch. III , fig. 9.

(2) Dupuylren , Dict. , page 156.

(3) Collier , Journal cité.

l’entrée de celte boîte est adaptée une soupape qui empêche ces matières de sortir.

854. Sous le nom de fistule à l’anus (fistula ani) on entend toul trajet Gstuleux qui se trouve dans le voisinage du rectum , que le tissu cellulaire qui enveloppe la paroi externe du rectum soit seul altéré, ou que ce trajet fisluleux s’étende jusqu'à la cavité du rectum : aussi dislingue-t-on deux espèces de fistules à l’anus ; savoir : les complètes et les incomplètes, suivant qu’elles ont une ouverture interne et un ouverture externe en communication avec l’intérieur du rectum , eu qu’elles ont seulement une ouverture interne ou une ouverture externe : alors on les appelle borgnes internes ou borgnes externes , ou incomplètes internes ou incomplètes externes. Ces fistules à l’anus peuvent encore présenter d’autres variétés : le trajet fistuleux peut s’étendre au loin, et ne s’ouvrir dans le rectum qu’après un trajet très-long ; il peut exister plusieurs ouvertures externes ; ces trajets peuvent s’étendre très-loin sous les tégumens externes ; être compliqués de callosités , d’indurations , de corps étrangers, d’affection des organes voisins, la vessie, l’urètre, le vagin, etc. , enfin de carie des os du bassin.

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