V. Lux allons de la clavicule
A. Cooper, Traduit par Chassaignac et Iiichelol , avec notes, page 72.
Petit, Uict. des sciences médicales , T. V, article Clavicule
Pellieux , Revue médicale, août 1834, page 161.
Sédillot, Gazette médicale, 1833, page 623.
Porral , Journal universel hebdomadaire, T. Il, page 15.
934. La luxation de la clavicule est beaucoup plus rare que sa fracture. Elle peut avoir lieu à son extrémité sternale ou à son extrémité acromiale.
935. Du côté du sternum on admet généralement que la luxation peut avoir lieu en avant, en arrière, en haut. Dans ces luxations, lors même que le déplacement est peu considérable, les fibres accessoires, le ligament interclaviculaire, et quelquefois aussi les fibres tendineuses du muscle claviculo-mastoïdien , ont été déchirés. La luxation en avant est la plus ordinaire. Elle est produite par une forte pression exercée, sur l’épaule, d’avant en arrière, ou de dehors en dedans ; lorsqu’elle existe , on remarque , à la partie antérieure et supérieure du sternum , une saillie qui disparait lorsqu’on porto l’épaule en dehors ; l’épaule est plus basse que l’autre, et dirigée plus en dedans; la tète est inclinée sur le côté malade ; les mouvemens du bras sont difficiles et douloureux ; si on soulève l’épaule, la saillie est portée eu bas, en haut au contraire si l’épaule est abandonnée à son propre poids. Quelquefois la luxation n’est qu’incomplète, et alors la partie antérieure seule du ligament capsulaire est déchirée ; la saillie que forme l'os est peu considérable. Dans la luxation en haut la distance qui sépare les extrémités sternales des deux clavicules est diminuée , l’extrémité luxée est plus élevée que celle correspondante du côté opposé. Dans la luxation en arrière on remarque une dépression à l’endroit où la tète luxée s’articulait avec le sternum ; derrière cet os, à la partie inférieure du cou , on sent la tète articulaire déplacée ; la trachée-artère, l’œsophage, les vaisseaux et les nerfs du cou sont plus ou moins comprimés. Du reste on manque de faits bien avérés des luxations eiihaut et en arrière.
LUXÀTIOWS DE L’HDMÉKCS.
A . Cooper cite une observation dans laquelle on voit que, par suite d’une forte courbure de la colonne vertébrale en arrière, la clavicule s’était peu à peu luxée en arrière : dans ce cas la déglutition était tellement gênée qu'on fut obligé de réséquer l’extrémité de la clavicule qui avait été déplacée.
936. La réduction de ces luxations est en général facile : il suffit pour cela de fixer le coude avec une main ; de l’autre on saisit la partie supérieure de l’humérus, et on porte l’épaule en avant et en dehors , comme pour la réduction des fractures de la clavicule. Dans la luxation en avant l’épaule doit être portée en avant; en haut pour la luxation en haut, en arrière pour celle qui a lieu en arrière. La luxation réduite, si on veut en prévenir le retour, il faut fixer le bras dans une position convenable au moyen des appareils dont nous avons parlé ( § 588) pour la fracture de cet os. Comme l’appareil que l’on applique se relâche plus ou moins, il en résulte, si on ne prend soin de le resserrer , une difformité plus ou moins grande, mais qui ne peut avoir aucune influence fâcheuse sur les mouvemens du bras.
Voyez :
Métier, Archives générales de médecine, T. XIX, janvier 1829, page 53.
Froriep’s Chirurg. Kupfertafeln, planche CCXXVII.
937. L’extrémité acromiale de la clavicule ne peut être luxée qu’en haut; et, dans ces cas, l’éloignement des deux faces articulaires est très-peu considérable. La cause qui la détermine est le plus souvent une chute , d’un lieu élevé , sur l’épaule , parsuitede laquelle celle-ci serailviolemment portée eu arrière. Les signes de cette luxation sont : douleur au niveau de l’épaule; écartement plus ou moins considérable de l’acromion et de l’extrémité delà clavicule; mobilité contre nature de ces deux os, quelquefois saillie du dernier; altération des mouvemens du bras, surtout de ceux qui tendent à le porter en haut; disparition de la saillie dont nous avons parlé dès qu’on porte l’épaule en arrière , sa réapparition dès que l’épaule est abandonnée à ellemême ; enfin , lorsque le doigt parcourt l’épine de l'omoplate d’arrière en avant, il est arrêté par la saillie que forme l’extrémité de la clavicule.
938. Cette luxation se réduit toujours avec facilité : on n’a qu’à porter le bras en haut contre la clavicule , et à déprimer celte dernière. L’appareil le plus convenable pour la maintenir réduite est celui qu’employait Desaulx pour la fracture de la clavicule, légèrement modifié : on doit appliquer quelques compresses graduées sur l’extrémité acromiale de la clavicule ; serrer assez fortement les tours de bande , qui , passant au-dessus de ces compresses, se rendent au-dessous du coude, et enfin assujettir le bras contre le tronc par quelques tours <ie bande. Dans les premiers jours des applications froidesou résolutives doivent être faites sur l’épaule. Dès que le bandage prête, il faut le resserrer ; il doit rester appliqué do quatre à six semaines. Le plus
souvent le malade conserve une difformité plus ou moins grande , mais qui ne porte aucun obstacle aux mouvemens de l’épaule.