LUXATIONS DES COTES. — LUXATIONS DE LA CLAVICULE
répandre dans le tissu cellulaire très-lâche du bassin, el y déterminer des accidens plus ou moins graves.
Luxations des côtes et de leurs cartilages.
930. La luxation des extrémités postérieures des côtes a été complètement niée par beaucoup d’auteurs, et reconnue par beaucoup d’autres, qui en admettent trois espèces ; savoir : en dedans, en haut et enbas. Selonces derniers il y en aurait de complètes et d’incomplètes ; cependant l’autopsie n’a pu en-
I coi e suffisamment prouver leur existence. La question de savoir si ce qu’on a pris pour des luxations en était réellement, ou si ce n’étaient pas de véritables fractures , reste donc encore à résoudre.
931. D’après ceux qui les ont décrites ces luxations peuvent être reconnues par une grande mobilité des côtes, qn’on sent lorsqu’on suit leur direction en appuyant sur elles avec le doigt , et qui est d’autant plus sensible qu’on se rapproche davantage de leur extrémité postérieure ; par un bruit particulier, mais qui n’a aucune analogie avec celui qu’on reconnaît dans les fractures de ces os , ou dans l'emphysème , bruit que le chirurgien peut constater en faisant mouvoir le corps ou les côtes , et que le malade sent très-bien dans chaque mouvement ; enfin par l’enfoncement que l’on fait, à la moindre pression, subir aux parties qui recouvrent l'extrémité de ces côtes. Du reste la toux , la respiration pénible, les douleurs très-vives et tous les autres symptômes qu’on rencontre dans les fractures des côtes se rencontrent dans leurs luxations.
932. Pour réduire ces luxations on fait coucher le malade sur le ventre ; on place un oreiller sous sa poitrine , de manière à ce que l’extrémité antérieure des côtes luxées soit poussée en arrière ; puis on pousse en avant la colonne vertébrale en appuyant sur elle au-dessus et au-dessous du point afalfecté. Pour maintenir la réduction, des compresses graduées sont placées à l’extrémité antérieure des côtes et sur la colonne vertébrale , et solidement maintenues par un bandage de corps. Lorsque ce moyen de réduction n’a pas réussi , on a conseillé d’ouvrir la cavité thoracique en arrière, et , avec le doigt ou avec une érigue , de tâcher de rapporter à sa place la côte luxée; mais assurément ce conseil dangereux ne sera suivi d’aucune personne sage. Dans tous les cas ce qu’il y a de plus comenable est, de même que dans les fractures des côtes , d’empêcher tout mouvement du thorax au moyen d’un bandage de corps très-large, et de surveiller et combattre les accidens qui pourraient survenir.
933. Les cartilages des fausses côtes supérieures j et des vraies côtes inférieures peuvent, dans quelques mouvemens forcés de flexion en aniére, se séparer de l’extrémité des côtes : dans ces cas le cartilage inférieur croise le supérieur en passant en arrière. Dans ce point on remarque une saillie et une dépression formées par les extrémités de la côte
et du cartilage ; le malade éprouve de la douleur , et sa respiration est gênée. On fait aisément reprendre aux cartilages leur situation normale en engageant le malade à respirer profondément, et le faisant fortement fléchir en arrière , et en appuyant sur la saillie que nous avons signalée plus haut. Le traitement est du reste le même que celui des fractures de ces cartilages.
Cooper pense que la luxation des sixième, septième, hniiiènie cartilages est la plus fréquente; il dit avoir, chez les enfans, remarqué la luxation de ces cartilages, soit dans leur articulation avec le sternum , soit dans celle avec le» côtes, comme étant la suite d'une faiblesse générale.