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IX. Luxations des différens os de la main

969. Le grand os du carpe est le seul qui puisse , abandonnant son articulation avec les os cunéiforme et semi-lunaire , faire saillie sur le dos de la main. C’est ce qu’on voit quelquefois à la suite d’une violente flexion de la main : on remarque alors, à l’endroit où se trouve le grand os , une tumeur circo’nscrile , qui disparaît sous les doigts qui la pressent pour reparaître aussitôt qu’on cesse la pression. La réduction est facile à faire : on n’a qu’à exercer une pression peu considérable sur la tête saillante del’os pour la faire rentrer dans sa cavité. Pour maintenir l’os réduit il faut que la main reste un certain temps dans l’extension : c’est pour remplir cette indication qu’il faut étendre la main sur une palette en bois. On place, à l’endroit où était la luxation, une compre-se graduée surmontée d’une petite attelle longitudinale ; le tout est maintenu par un bandage roulé. S’il arrivait que la luxation ne fut pas complètement réduite, les inconvéniens qui en résulteraient seraient peu considérables.

LUXATIONS DU FÉSÎUR.

Le grand os du carpe et l’os cunéiforme sont quelquefois, par suite du relâchement de leurs ligamens, plus ou moins déviés de leur direction normale ; en sorte que, au moment où la main est dans la flexion, ils forment une saillie sur sa face dorsale , et que, n’étant plus soutenus par l’appui que lui prêtent les deux os dans l’articulation, la main ne peut remplir qu’une partie de ses fonctions. Des bandelettes d’emplâtres gommées et un bandage roulé sont les seuls appareils nécessaires pour le soutien de la main ; mais il faut chercher en même temps à fortifier les ligamens relâchés par des douches , des frictions, etc.

970. Parmi les os métacarpiens celui du pouce est le seul qui puisse se luxer par suito d’une flexion forcée. La saillie formée par son extrémité qui a abandonné son articulation avec le grand os du carpe forme , sur la face dorsale , une saillie peu considérable ; le pouce est dans une flexion forcée , et ne peut être porté dans l’extension.

Pour la réduction on fait l’extension sur le pouco, la contre-extension sur le carpe , et on exerce sur la tête luxée une pression dans le sens de son articulation. Une compresse graduée, une petite attelle et quelques tours de bande suffisent pour maintenir la réduction. Lorsque la luxation est méconnue, ce qui peut aisément arriver lorsque le gonflement est considérable, les mouvemens du pouce sont à jamais perdus.

971. Les phalanges sont susceptibles de luxations en avant et en arriéré parsuite d’une flexion ou d’une extension forcées. Dans la luxation en avant la phalange luxée est portée en arrière ; le reste du doigt est fléchi ; l’extrémité de la phalange luxée forme une saillie sur la face palmaire du doigt. Des dispositions contraires ontlicu danslaluxationen arrière. Ces luxations deviennent en très-peu de temps irréductibles. La réduction exige souvent de très-grands efforts , car les bords articulaires s’adossent l’un à l’autre, se retiennent mutuellement, et il est souvent difficile de les séparer.

Prenez un très-fort ruban de fit ; doublez-le de manière à en faire un nœud coulant dans le milieu de sa longueur (nœud des emballeurs); engagez le doigt luxé dans le nœud coulant de manière que l’anse du cordon passe au delà ou derrière la phalange luxée ; entourez ensuite votre poignet droit , bien garni d’un mouchoir ou d’une compresse, avec les deux chefs du nœud coulant, et tirez avec force. Le nœud placé derrière la tumeur formée par la phalange luxée arc-boute fortement contre cette tumeur à mesure qu’on tire ; le nœud agit ainsi d’arrière en avant contre la phalange déplacée, et tend à repousser l’os à sa place naturelle au fur et à mesure que le nœud est serré davantage par l’extension et la contreextension. La réduction doit donc s’opérer spontanément.

Ce procédé (1), qui a réussi plusieurs fois entre les mains de quelques chirurgiens italiens, repose, comme on voit, sur une idée nouvelle , savoir repousser l’os déplacé en agissant sur sa propre tête. Ce procédé est bon surtout dans les luxations récentes , et il a l’avantage de pouvoir être mis en usage avec autant de facilité pour une phalangette que pour une phalange quelconque.

Christophe (1), dans un cas de luxation du gros orteil , se servit d’un procédé basé sur le même principe , et qui peut également s’appliquer aux luxations des doigts :

Il saisit l’orteil à pleine main , en appuyant les deux pouces sur la tête du premier os du métatarse ; ceux-ci le maintenaient en poussant dessus, tandis que la main entraînait l’orteil dans la même position où il se trouvait; il arriva facilement au niveau de la tête de l’os : alors il lui fit faire la bascule pour le remettre dans sa direction et position naturelles ; en même temps il reporta la tête de l’os en haut. Toute cette manœuvre si fit presque sans douleur et sans peine.

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