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CHUTE ET RENVERSEMENT DE LA MATRICE

et, avant de la faire lever, on examine si le pessairc a conservé la place qti’on lui avait assignée. Si l’utérus s’abaisse de nouveau, on doit choisir un pessaire plus grand ; on en place un plus petit si celui qu’on a introduit détermine de trop vives douleurs. Cela fait , il faut avoir recours à la médication prescrito au § 1 1 6 1 . Si la femme devenait enceinte , on retirerait le pessaii e yersle troisième ou quatrième mois de sa grossesse. La malade doit garder le repos, éviter toute espèce d’efforts.

Hall (1) a guéri un cas (te prolapsus de l'utérus par le procédé suivant : l’utérus ayant été poussé au dehors, autant qde possible, par les efforts de la malade, deux incisions parallèles furent failes sur la muqueuse, dans toute la longueur du vagin, depuis le col de l’utérus jusqu’à l'ouverture extérieure ; la portion de cette membrane comprise entre ces deux incisions fut ensuite enlevée, laissant un espace de deux pouces et demi de largeur complètement dénudé ; une suture fut d’abord appliquée près du col de l'utérus , qui fut porté immédiatement en haut ; puis elle fut fortement serrée ; plusieurs autres ligatures furent successivement appliquées de la même manière ; chaque ligature, au moment où elle était serrée, relevait et soutenait le col de l’utérus eu haut.

[ Freland (2) a plusieurs fois complètement réussi par le procédé de Hall , modifié ainsi qu’il suit : les incisions qu’il fait sont presque parallèles , excepté à leur commencement et à leur terminaison, où elles convergent brusquement l’une vers l’autre ; l’excision est faite sur le côté latéral de la tumeur afin d’éviter plus sûrement le rectum et la vessie ; la dissection du lambeau est faite de la vulve vers le col utérin, ce qui permet de maintenir la tumeur avec les doigts, et de faciliter l’opération ; enfin il fait tous les points de suture avant de repousser l’utérus dans sa position normale.

C’est par ce dernier procédé que Bérard (3) a fait plusieurs fois avec succès cette opération, à laquelle il propose de donner le nom de élitroraphie.

Frtcke (4), pour parer aux ihconvéniens et aux dangers de la chute complète de la matrice , propose une opération qu’il a faite une fois avec succès : elle a pour but de procurer l’adbérence des deux grandes lèvres entre elles , et de poser ainsi une barrière infranchissable au vagin et à l’utérus remis en place. Pour faire cette opération on place la malade sur une table comme pour l’opération de la taille ; le chirurgien saisit l’une des grandes lèvres entre le pouce et les doigts de la main gauche , et, avec la pointe d’un bistouri , commence une incision à deux travers de doigts environ^au-dessous de la commissure supérieure , et la continue jusqu’à un travers de doigt au-dessous de la commissure inférieure , et à un travers de doigt du bord même de la grande lèvre. L’incision est ensuite conduite en bas, avec le tranchant d'un bistouri, jusqu’à la fourchette, où elle se termine en s’inclinant légèrement en dedans. On enlève ainsi un lambeau de la grande lèvre de la largeur d’un travers de doigt, lin semblable lambeau est retranché de l’autre lèvre en ayant soin que les deux Incisions se réunissent à angle aigu à un travers de doigt audessous de la fourchette , en comprenant une portion de la commissure. Le sang arrêté , on réunit par dix ou douze points de suture , après avoir fait ou complété la réduction. Pendant les premiers jours qui suivent l’opération les urines doivent être évacuées par le cathétérisme. — L’ouverture laissée supérieurement suffit pour le passage de l’urine , du

(1) Gazelle médicale, janvier 1832, page 32.

(2) Gazette médicale de Paris. 1S32, page 26.

(3) Même journal, 1835, page 185.

(4) Mèmè journal, 1835, page 249.

(jdd. du traduct.)

flux menstruel et des mucosités du vagin , et pourra même permettre la consommation de l’acte vénérien.

Fricke donne a cette opération le nom de ùpisioraphie .

Bellini (1 J a mis en usage le procédé suivant, qu’il appelle co/podesmoraphie : la femme placée sur le bord du lit , le chirurgien saisit, avec une double érigne , le segment supérieur de la tumeur saillante au dehors, et l’attire en bas le plus possible. Alors, confiant l’érigne à un aide, avec une aiguille plate et recourbée, munie d’un double fil , il commence, par le bord externe de la commissure vaginale inférieure, au côté gauche de la tumeur, à circonscrire celte tumeur même en formant autour d’elle avec le fil un demi-cercle en fer â cheval ou un a renversé , en pratiquant , à la suite l’un de l’autre, des points de suture àinlervalles d’à peine deux lignes; et, pour ne pas intéresser le rectum , l’indicateur gauche, placé dans cet intestin , sert de régulateur à l’aiguille , quo l’on n’enfonce jamais au-delà de la paroi vaginale , et l’on comprend ainsi dans chaque point de suture une ligne au plus de ces membranes. Arrivé à la partie supérieure de la tumeur, il la contourne en quatre points de suture, puis revient de haut en bas pour compléter le fer â cheval ; alors il n'y a plus qu’à tirer en bas avec une main le chef de l’un des deux fils, à soulever et comme replier et froncer sur elle-même la partie déplacée , et à serrer avec réserve le nœud sur sa base.

Ce procédé n’est donc autre chose qu’une suture à points passés qui circonscrit la tumeur, et l’étreint ensuite de la même manière que l'on serre les cordons d’ude bourse. ]

1164. Quelquefois il est impossible de réduire une chute ancienne du vagin saiis déterminer de angoisses, des douleurs très-vives dans l’abdomen et plusieurs autres accidens (2). Dans ces cas il faut se contenter de soutenir l’utérus à l’aide d’un bandage approprié , et veiller à ce que le cours de l’urine et des matières fécales se fasse librement. Lorsque la chute est complète , et que l’utérus est affecté d’une maladie organique , d’uu squirrhe par exemple , il est indiqué de l’enlever à l’aide de la ligature ou du bistouri : ce dernier moyen a réussi à Langenbeck (3).

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