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CULTE DE LA MATIUCE

se manifeste chez les personnes qui n'ont pas eu d’enfans; chez elles, pour que cette affection se de'clare , il faut toujours qu’elles aient été soumises à des grandes -violences , ou que les ligamens de la matrice aient été considérablement affaiblis par d’abondantes pertes en blauc. La chute de l’utérus survient très-difficilement pendant la grossesse , et même l’utérus déplacé et abaissé est relevé par la grossesse. Cependant on a cité des cas (1) dans lesquels la chute de l’utérus s’est déclarée pendant la grossesse et même pendant le travail de l’accouchement ; mais , dans ces cas , il a dû y avoir des efforts bien violens, et les diamètres du bassin devaient être plus considérables que d’habitude. Toutes les affections organiques de la matrice qui augmentent sa pesanteur, telles que les polypes ou toute autre tumeur qui la comprime, peuvent favoriser sa chute.

1158. Le pronostic de la chute de l’utérus se tire de son degré et de sa cause. Sa cure radicale est toujours très-incertaine; les accidens que détermine cette affection peuvent devenir excessivement graves , surtout lorsqu’elle s’est déclarée rapidement.

1159. Le traitement a pour but de remettre l’utérus en place , et d’empêcher qu’il ne s’abaisse de nouveau.

1160. Dans la chute incomplète le replacement n’offre jamais de grandes difficultés ; l’utérus reprend ordinairement sa position normale dès que la malade est couchée. Si cette réduction spontanée n’avait pas lieu, il faudrait vider la vessie et le rectum , exercer avec les doigts le taxis dans le sens de l’axe du bassin ; mais la difficulté est souvent beaucoup plus grande dans les chutes complètes surtout chez les femmes très-grasses ; elle peut même être rendue impossible lorsque l’utérus est considérablement tuméfié et enflammé. Dans ce dernier cas les tentatives de réduction doivent toujours être faites dans la supination , le bassin étant élevé : elles doivent être préparées par des bains chauds, des saignées, des fomentations émollientes, des boissons délayantes; les tentatives ellesmêmes doivent être faites avec beaucoup de précautions afin de ne pas augmenter les accidens.

Si la chute de l’utérus survient pendant la grossesse , il faut remettre cet organe en place le plustôt possible ; mais , si on ne pouvait le faire sans des efforts trop violens , qui pourraient devenir funestes à la mère et à l’enfant , on doit craindre que, à mesure que l’utérus augmente de volume, il ne devienne un obstacle à la circulation , ce qui le ferait tomber en gangrène : dans’ ce cas ce qu’il y a

(1) Harvcus, Exercitationes de partu, page 518.

Fabrieius, Programma de fcetûs vivi extractione utero prolapso. Helmst., 1748.

Saviarct , Loco citato, page 66.

. D ucr eux et Portai dans Sabatier , Loco citato, page 368.

Journal de médecine, T. XL1II, page 366 ; — T. XLV, page

Mutiner , Wahrnehmung einer ausgefaüenen Gebaermutler. Murub., 1771.

de mieux à faire est d’ouvrir la poche des eaux, et de les laisser s’écouler afin de diminuer le volume de l’utérus. Cet organe peut encore rester au dehors des parties génitales externes jusqu’à l’époque de l’accouchement, qui peut se terminer par les efforts seuls de la nature ou par le secours de l’art fl) ; c’est ce qui arrive aussi lorsque la chute de l’utérus survient pendant le travail. Après l’accouchement l’utérus revient sur lui-même, et il est facile alors de le faire rentrer.

1161. Lorsque l’utérus est remis en place , si la chute était peu considérable et récente , il suffit , pour obtenir la guérison, de faire garder à la malade le repos au lit pendant plusieurs semaines; de lui prescrire souvent des lavemens , et d’employer des toniques à l’intérieur et immédiatement sur la matrice , des frictions spiritueuses sur l’abdomen, des injections astringentes dans le vagin, des bains toniques faits avec une décoction de tan , etc. Dans les cas où la maladie est peu avancée on peut encore introduire dans le vagin une éponge imbibée de préparations astringentes; mais, lorsque la chute de l’utérus est complète, il faut avoir recours à des moyens mécaniques, tels que les pessaires.

1 1 62. Les pessaires varient beaucoup quanta leurs formes et les matières qui les composent. Il y en a d’ovales, de ronds, de coniques, de cylindriques, à tige, etc. : ils sont faits en ivoire, en bois, en liège, en gomme élastique, etc. , et recouverts de cire ou de vernis.

Voyez :

Hunold, üiss. de pessarils. Marb. 1799.

Bernstein , Systematisclie Darstellung dcS ebirurg. Verbandes , page 352.

Dugès , Dict. de méd. et de chirurg. pratiques, T. X, art. Hysléroptose, page 300.

Hervez-de-Cheyoin, Mémoires de l’Académie do médecine, T. U, page 319.

Mmc Rond et, Mémoires sur l’emploi des pessaires de caoutchouc. Paris, 1833.

1163. Les pessaires les plus usités sont les ovales faits en liège , recouverts d’une couche de cire , et offrant une ouverture à leur centre. Ils sont maintenus en place par les deux extrémités de l’ovale, qui prennent point d’appui sur les parties latérales du vagin et sur les os du bassin. On les applique de la manière suivante : on évacue la vessie et le rectum; on fait coucher la malade sur le dos , ses cuisses écartées et fléchies sur le ventre ; avec deux doigts de la main gauche on écarte les grandes lèvres , et, de la main droite , on introduit , par une des extrémités , le pessaire , qui a été préalablement frotté d’huile ; ou le pousse aussi avant que possible afin que le museau de tanche vienne reposer sur son ouverture centrale au moment où on le place horizontalement et de manière à ce que ses deux extrémités regardent les ischions. La malade doit , après cette introduction, rester quelques heures couchée ,

(1) Ephemerld. natur. curios , déc. Il, an III, page 375 jaiouset , Journal de médecine, T. i.xm.

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