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CHAPITRE SECOND

Des anévrysmes en particulier.

I Anévrysmes de l' artère carotide et de ses branches.

1293. L’anévrysme de la carotide a ordinairement son siège à sa bifurcation. Cependant on l’a observé en différens points de la carotide primitive , près de son origine , ainsi que sur ses ramifications , telles que l’artère ophthalmique , temporale, etc. Le diagnostic est basé sur les phénomènes généraux qui caractérisent les anévrysmes; dans le plus grand nombre des cas il y a en outre douleurs vives, déchirantes, dans toute la moitié de la tête, baltemens dans la tête , perle instantanée de connaissance , et , suivant les positions différentes de la tumeur anévrysmale , gêne de la respiration , etc.

Burns (1) a vu souvent une dilatation de la carotide primitive et de la racine de la carotide interne formant , après la mort, une tumeur du volume d’une noisette , et deux fois il en a senti également pendant la vie sans que jamais elles aient déterminé d'accident. J’ai vu une semblable dilataion chez un sujet jeune et vigoureux : elle avait son siège à la bifurcation de la carotide ; elle s’était formée à la suite d’un effort violent; et, si ce n’est les battemens très-forts qu'on y remarquait, elle ne donnait lieu à aucun accident; elle a continué A se développer pendant plusieurs années.

1294. La ligature de la carotide primitive est le seul traitement à opposer à cet anévrysme , pourvu toutefois que la position et le volume de la tumeur n’y mettent pas un obstacle insurmontable.

Acrel (2) dit avoir guéri en cinq ou six mois un anévrysme vrai de la carotide primitive en exerçant sur la tumeur une compression graduelle et aussi forte que pouvait le permettre la position du vaisseau.

1295. De nombreuses expériences ont démontré que , après la ligature de la carotide primitive , le

(1) On the surgical Anatomie or lhe head and neck, page

(2) chirurgische Vorfaellc, part, I, page 255.

cerveau recevait assez de sang, et que ses fonctions n’en étaient nullement troublées. Outre les nombreuses anastomoses qui unissent entre elles les carotides des deux côtés, elles s'abouchent aussi toutes les deux en différens endroits avec les artères vertébrales, qui remplissent alors les fonlions d’artères collatérales.

Magçjill (1) a, dans l’intervalle d’un mois, fait la ligature des deux carotides pour combattre des tumeurs développées dans l’orbite. Plusieurs mois après cette double opération, le malade se portait bien , et les tumeurs avaient diminué. Mussey (2) a aussi pratiqué cette double opération pour des tumeurs anévrysmales.

1296. La ligature de la carotide primitive peut être faite eu trois endroits différens, suivant le siège de la tumeur anévrysmale : 1° immédiatement audessus de la clavicule ; 2e au-dessous du point où le muscle omoplat-hyoîdien croise la direction de la carotide ; 3° au-dessus de ce point. Si la position et le volume de la tumeur ne permettaient pas de faire la ligature au-dessous d’elle, il faudrait la faire audessus (§ 1292). — Pour opérer la ligature de ce vaisseau on doit faire coucher le malade horizontalement sur une table, la tête sur un oreiller, et le côté du cou qui est affecté tourné du côté de la lumière.

1297. Pour la ligature de la carotide immédiatement au-dessus de la clavicule , on commence , à la partie supérieure du sternum , une incision à laquelle on donne deux pouces d’étendue , et même davantage, le long du bord interne du muscles sterno-cleïdo-masloïdien. Cette incision divise la peau et le muscle peaussier. Dès- que le bord du muscle sterno-cleïdo-mastoïdicn est mis à découvert, on divise le tissu cellulaire qui l’unit aux muscles sternohyoïdien, et sterno-thyroïdien; on le rejette en dehors tandis qu'un aide porte les deux dernierrs muscles en dedans à l’aide d’une airigne mousse. On incline la tête du malade du côté affecté afin de relâcher le muscle sterno-cleïdo-mastoïdicn. Bientôt appaÉaît dans la plaie la veine jugulaire interne, que l’on éloigne deTartère en la portant en dehors avec les doigts de la main gauche ; puis , à petits coups de scalpel, on divise la gaine celluleuse de l’artère; ou bien encore , pendant que la veine est fixée en dehors par un aide , on soulève la gaine de l’artère avec la pince , et on l’ouvre avec précaution ; on isole alors l’artère avec le manche du scalpel , et on passe une ligature avec l’aiguille de Dèschamps.

En cet endroit l’opération est. toujours très-difficile, parce que l’artère est profondément située au-dessous du muscle sterno-cleido-mastoïdien, et recouverte en entier par la veine jugulaire.

Zang (3) a donné la précepte de commencer l’incision A

(1) New-York medical and physical Journal, vol. IV, page 576.

(2) American Journal of medical Sciences , vol. V, pag. 3l6.

(3) Blutige Operalionen , vol. I, pag. 233.

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