RAPPROCHEMENT ANORMAL EN GÉNÉRAL
i I insensible, on fait rescision de tonte la partie qui a été frap- I i pée de mort. Les ligatures tombent ordinairement entre le { septième et le huitième jour.
Delpech (l) incisa du côté du coccyx les fibres du sphincter, introduisit un pessaire au centre duquel une courroie était attachée ; cette courroie rut confiée à un aide qui , exerçant des tractions sur elle , renversait la tumeur en la I faisant saillir au dehors , et l’opérateur l’enlevait avec le bistouri ; le pessaire restait toujours dans le rectum ; de la charpie était introduite , puis la courroie passée dans un second pessaire ; de cette manière la partie inférieure du rectum était comprimée entre les deux pessaires , et on ne craignait pas d'hémorrhagie.
1391. L’extirpation des bourrelets hémorrhoïdaux se fait de la manière suivante : on administre un purgatif quelque temps avant l'opération , et, une heure avant, on fait prendre un lavement, puis le malade se couche sur le ventre , le siège étant élevé ; ou bien on le fait mettre de manière à
ce que scs coudes et un de ses genoux supportent tout le poids du corps ; l’autre genou est rapproché du ventre par la flexion plus grande de la cuisse; enfin un aide tient les cuisses écartées. Dans les hémorrhoïdes internes on recommande au malade de faire des efforts comme s’il voulait aller à la selle ( dans ce cas on peut préalablement faire prendre au malade un bain de siège d’eau chaude ou de
vapeur); les tumeurs sortent : on les saisit avec une pince , et on enlève la partie saillante d’un ou de plusieurs coups de ciseaux. L’extirpation de toutes ces tumeurs à leur base pourrait déterminer une violente hémorrhagie et un rétrécissement du rectum : on agit de même pour les hémorrhoïdes
externes.
L’accident le plus à redouter après l’opération c’est l’hémorrhagie : souvent elle est peu abonj! dante , s’arrête d’elle-même , ou cède facilement à des injections d’eau froide. Dans tous les cas où elle est considérable on l’arrête facilement à l’aide de la cautérisation avec le fer chaud ; après l’opération, le malade doit être surveillé par un aide intelligent, car on doit toujours craindre l’hémorrhagie, surtout si on n’a pas employé la cautérisation ; après l’excision de bourrelets internes, elle peut menacer les jours du malade sans qu’on s’en aperçoive à l’extérieur. Il éprouve dans le rectum une chaleur qu’il sent peu à peu remonter vers les lombes, et bientôt surviennent les signes d’un épanchement interne ( § 490). Dès qu’on s’en aperçoit , il faut faire donner un lavement d’eau froide ; on recommande au malade de faire des efforts pour expulser le sang que contient le rectum : ces efforts suffisent quelquefois pour faire sortir la partie saignante ; on la cautérise. Les accidens inflammatoires et spasmodi- 1 ques qui surviennent après cette opération , surtout lorsqu’il a fallu cautériser , seront combattus , suivant leur intensité, par des émissions sanguines, des fomentations sur l’abdomen , l’introduction d’une sonde dans la vessie et les antispasmodiques.
(1) Mémorial delà clinique de Montpellier, septembre 1830, p. 545.
Lorsque les bourrelets hémorrhoïdaux qui ont été enlevés étaient très-volumineux , il faut , pour prévenir un rétrécissement du rectum, introduire de temps en temps une mèche de charpie assez grosse et enduite de cérat.
Le tamponnement du rectum peut encore être mis en usage pour arrêter l’hémorrhagie ; cependant ce moyen est très-incommode aux malades; le corps étranger est presque toujours involontairement expulsé dans des efforts spontanés et provoqués par sa présence.
Dupujrtren , Leçons citées, p. 353.