‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 225 sur 444 · III. Hémorrholdcs · texte numérisé non relu

III. Hémorrholdcs

Ricliter , Anfangsgrfinde , vol. Vf, pag. 393.

Jbernethy , Surgical Works , vol. Il, pag. 231.

Kirby, Obs. on the treatment of hemorrhoidal excrescence. Dublin , 1817.

(*) Ce procédé , que nous avons oublié d'indiquer plus haut , est ainsi décrit par V elpeau (2) : ou passe sous l’artère une simple épingle dont les deux extrémités sont ensuite embrassées par une anse de fil comme dans la suture entortillée, qu’on serre suffisamment pour empêcher le sang de passer. Un second fil, fixé à la tête, permet d’extraire l’épingle quand on le juge convenable. La ligature , devenue libre , n’offre plus alors la moindre résistance , et tombe, pour ainsi dire , d’elle-mème.

(1) Médecine opératoire. Paris, 1832, T. 1 , pag. 87.

{Noie du traducteur.)

(2) Mcdizinische Zeitung. Berlin , août 1832.

IIÉJIOKRUOIDES.

Kirby, Additionnât observations. Dublin, 1825. Whyte, Obsv. ou affections of lhe rectum. Bath, 1820. Howschip f Obs. on tbe diseases of the anus, etc. Lond., 1820.

Dupuytren , Excision des bourrelets hémori boïdaux. Leçons orales, T. I, pag. 339.

Wagner , üiss. de hæmorrboïdibus. Basle, 1615. Helzberger , biss. de hæmorrboïdibus. bips., 1616. Meiboinius , Diss. de hæmorrhaïdibus Itclmst., 1670. Santon nus , Opusculum deüæaiorrhoïdibus.!,ugd.,l 710.

ÎDehaen , Thèses palbologicæ de hæmorrboïdibus. Vindob., 1759.

Richter, Diss. de bæmorrhoïdibus. Wittemb. 1766. Nebel, Diss. nonnutla de bæmorrhoïdibus. Ileidelb., 1775. Claxton , Diss. de bæmorrhoïdibus. Edimb., 1777. Reinsius, Diss. de bæmorrhoïdibus. Argent., 1781. Rochette , Diss. de bæmorrhoïdibus. Blontpell., 1783. Beels, Diss. de bæmorrhoïdibus. Lugd.-Batav , 1790. Knebelj üiss. de bæmorrhoïdibus. Marburg., 1800. Récamier, Essai sur les hémorrhoïdes , Paris, 1800. Hildebrarit , Sur les hémorrhoïdes fermées, traduit par Marc. Paris, 1810.

Monl'egre, Dict. des sciences medicales, T. XX, art. Hémorrhoïdes .

Calverl } A praclical Treaiise on hemorrhoïdes. London,

Saucerotte, nouveau traité des hémorrhoïdes. Paris,

1384. Les hémorrhoïdes consistent dans la dilatation variqueuse des veines de la partie inférieure du rectum. Par suite de la stagnation du sang, ces veines forment de petites poches dont la grosseur varie de celle d’un pois à celle d’une noix. Ces tumeurs sont désignées sous le nom d’héraorrhoïdes sèches ( hœmorrhoides cœcœ ), par opposition aux hémorrhoïdes fluentes ( hœmorrlioïdes fluentes , apertœ ), qui fournissent du sang en plus ou moins grande abondance. Ces tumeurs se tuméfient périodiquement , et s’affaissent de nouveau de manière à ne présenter que des culs-de-sac vides. Lorsqu’elles sont volumineuses, on les désigne sous le nom de bourrelets liémorrhoïdaux ( hœmorrho'ides saccatœ ), et sous le nom de tubercules hémorrhoïdaux ( tubercula hœmorrlioïdalia ) si elles sont peu développées. Il n’est pas rare de voir le sang se coaguler dans l’intérieur de ces varices , qui alors présentent des tumeurs dures et résistantes.

Lorsque ces tumeurs sont peu volumineuses, mais alors seulement, elles peuvent être formées uniquement par la dilatation des parois des veines; mais, si elles ont atteint un certain degré de développement, le sang s’épanche sous la membrane interne du rectum , et la distend en forme desac. L’excessive grosseur que prennent souvent ces tumeurs justifie celte manière de voir; souvent, dans l’excision de ces bourrelets , il s’écoule une très-petite quantité de sang , et quelquefois pas du tout; à la suite de ceLte opération il est facile de se convaincre que le kyste 11’est formé que d’une seule membrane. Il n’est pas rare de leur voir affecter une forme que ne prennent jamais les tumeurs variqueuses. Du reste cette opinion se trouve confirmée par les recherches de Kirby , qui a constaté que ces excroissances n’étaient pas formées par des veines dilatées , mais bien par du tissu cellulaire épaissi , allongé en forme de sacs, autour desquels on trouve quelques veines, et que l’on voit recouverts par

la peau qui forme les plis de l’anus. — Les veines qui entretiennent ces tumeurs sont des branches de l’iliaque interne. — Dans tous les cas d’hémorrhoïdes internes, Kirby a observé la même structure : les veines paraissaient dépendre des hémorrhoïdales. — Contrairement A l’opinion que nous venons d’émettre, Brodie (1) pense que les tumeurs hêmorrhoïdales sont, formées , dans tous les cas, uniquement par des veines dilatées. Cependant , lorsque les hémorrhoïdes sont volumineuses , on trouve plus qu'une dilatation des veines , car il y a évidemment épanchement de lymphe et épaississement de toute la circonférence de la veine affectée.

1385. Ces tumeurs ont leur siège soit à la marge de l’anus, soit au niveau des sphincters, soit plus haut dans le rectum.

1386. Les accidens auxquels les hémorrhoïdes sèches donnent lieu sont •. Y inflammation ,\o suppuration, un écoulement muqueux (2) parle rectum, des hémorrhagies abondantes (3). Lorsque ces tumeurs ont acquis un volume considérable ; lorsque les efforts faits pour aller à la selle font sortir les bourrelets hémorrhoïdaux qui sont renfermés dans le rectum, on voit quelquefois qu’ils sont pris d’étranglement (4) ; ils se tuméfient considérablement, et deviennent très-douloureux : cette douleur s’étend à tout l’abdomen , et le malade éprouve des coliques ( 5 ) affreuses ; enfin ils peuvent être pris de gangrène. Lorsque ces tumeurs sont prises de suppuration ( dans ce cas il y a presque toujours affection syphilitique) , le pus s’épanche souvent dans le tissu cellulaire très-lâche du rectum , y détermine de larges décollemens (6) , et donne lieu à des fistules (7 ). Il n’est pas rare de voir ces bourrelets se convertir en une masse charnue , et dégénérer en cancer (8).

1387. Les causes des hémorrhoïdes sont tous les obstacles au retour du sang dans la veine porte ; une prédisposition héréditaire; l’afflux du sang vers les viscères de l’abdomen; l’engorgement ou la dégénérescence de quelques organes de cette cavité ; la position assise longtemps continuée; la pression que l’utérus peut exercer sur les veines ; une irritation locale du rectum par suite de constipation ,

(1) Froriep's Nolizen , janvier 1833, n° 18.

(2) Alberti, De hæmorrhoïiiibus albis. Ualæ. 1717. Baumer , De hæmorrhoïdibus mueosis. Giess., 1776. Seligmann , De hæmorrboïdibus albis. Goett., 1782.

(3) Hoffmann, De iimnoderatà hæmorrhoïdum fluxione.

Ha de , 1730.

Fisch , De hæmerrhoïdihus excedenlibus Halæ, 1718.

(4) Stnhl , De hæmorrhoïdum internarum motu. Halæ,

Juncker , De prolapsu intestini reeti , etc. Halæ, 1744.

(5) IV edel , Æger hæmorrboïdibus doleutibus. Jenæ ,

Heister , De clavo hemorrhoïdali. Helms, 1734. Alberti, De colicâ hemorrhoïdali. Halæ, 1718.

(6) De Larroqus , Traité des hémorrhoïdes. Paris, 1812, pag. 244.

(7) De Theyls , De hæmorrhoïd. ut causé fislulæ aui. Lngd.-Bat., 1744.

(8) Montègre , Dict. des sciences médicales, T. XX, pag. 480.

UÉBIORRCOIDES.

d’exercices à cheval; enfin une irrilation qui, prenant sa source dans un organe voisin du rectum , s’étend à ce viscère , etc.

1388. Le traitement des tumeurs hémorrhoïdalesdoit varier suivant l’état où elles se trouvent. Si elles sont enflammées , de légers purgatifs , des sangsues au périné , des applications froides ; et , si ces dernières ne peuvent être supportées , des frictions adoucissantes et des fomentations antispasmodiques doivent être mises en usage. Si l'inflammation est la suite de l’étranglement des tumeurs , il faut, avec le doigt enduit de cérat, tâcher de les faire rentrer : pendant ces tentatives le malade , qui doit avoir le siège élevé , évitera toute espèce d’efforts. Si la réduction ne pouvait se faire par ce moyen, il faudrait vider les tumeurs à l’aide d’un coup de lancette. Si la suppuration s’en empare, il faut ouvrir l’abcès dès qu'il est reconnu , afin d’empêcher le pus de fuser dans le tissu cellulaire ; si l’ulcération tenait à une cause syphilitique , il faudrait la combattre par un traitement local et général approprié. Si l’hémorrhagie fournie par les hémorrhoïdes était tellement abondante qu’elle compromît la vie du malade , il faudrait lui faire garder le repos au lit sur un matelas dur et dans la position horizontale ; prescrire à l’intérieur des astringens , et à l’extérieur des bains de siège froids avec de l’eau et du vinaigre , avec de l’esprit de vin étendu, des décoctions froides de plantes astringentes ou une solution d’alun portée dans le rectum en lavemens ou avec une éponge. Si ces moyens étaient infructueux, et si le danger devenait imminent, il faudrait avoir recours au tamponnement dont nous avons parlé § 880.

1389. Lorsque les bourrelets hémorrhoïdaux donnent lieu, par leur volume et leur dureté, à une gêne permanente , à des écoulemens fréquens de sang, de mucosités ou de pus, qui minent les jours du malade , à des douleurs non interrompues, etc. ; lorsqu’ils sont situés à l’extérieur, ou qu’ils sortent pendant les selles , et empêchent la sortie des matières fécales , leur ablation est indiquée. Cependant nous ferons remarquer que l’ablation de ces tumeurs situées à l’extérieur détermine une inflammation qui , s’étendant à toutes les veines du rectum , guérit souvent radicalement les hémorrhoïdes, et que cette affection locale, lorsqu’elle est ancienne , doit, dans certains cas, être regardée comme un exutoire salutaire , et que d’autres fois elle est essentiellement liée à une affection organique incurable , de la phthisie par exemple, et qu’alors il ne faut en faire l’ablation qu’avec une extrême réserve ; que souvent même il ne faut pas y toucher , ou du moins n’en retrancher qu’une partie en respectant l'autre.

Consultez à ee sujet :

Stahl , De consultà utilitate hæmorrboidum. net., 1704.

Perpessa, De hæmorrboidum utilitate. Tolos., 1705.

Hoffmann, De salubritate fluxôs hæmorrhoïdalis. Halæ.

Breilliauptj Deutilitate flnxûs hæmorrhoïdalis. Erfordiæ,

Rosenblad , De lande bæmorrhoïdum restringendâ. Lond. 1771.

Overkamp , Fallax bæmorrhoïdum utilitas. Heidelberg ,

Garmann , Cautclæ circa curationem fluxùs hæmorrhoïdajis. Dasil., 1715.

Alberli , De hæmorrhoïdum salubri provocations. liaiæ ,

Rudolf, De utilitate fiuxûs hæmorrhoïd., præsertim adsneli. Ei tî , 1721 .

1390. Trois manières différentes d’extirper les hémorrhoïdes ont été proposées : 1° passer autour de la tumeur une ligature que l’on serre d’abord médiocrement, mais qui de jour en jour doit être serrée plus fortement jusqu’à ce que la partie embrassée par la ligature soit tombée ; 2° diviser , dans toute l’étendue de la tumeur, son enveloppe extérieure seulement ; disséquer la peau de chaque côté en évitant d’ouvrir la poche qui renferme le sang , et enlever celte dernière d’un coup de ciseaux : ce procédé aurait l’avantage de permettre à la peau qui a été disséquée de recouvrir le bout de la veine excisée, et d’empêcher l’hémorrhagie ; 3° saisir le bourrelet avec une pince , le soulever , et l’enlever avec les ciseaux de manière à laisser près de la base un petit lambeau destiné à recouvrir la solution de continuité. Dans les hémorrhoïdes devenues externes , l’incision ne doit atteindre que les parties situées au-dessous du sphincter; 1 opération terminée, toute la surface de la plaie rentre bientôt dans le rectum, et se trouve comprimée par les sphincters , ce qui prévient l'hémorrhagie. Mais, si la plaie s’élevait au-dessus du sphincter supérieur, il pourrait se faire une hémorrhagie interne. Le troisième procédé est plus simple que les deux autres , et doit leur être préféré. La ligature détermine quelquefois des douleurs très-vives , de l’inflammation , des vomissemens , une rétention d’urine , etc. : et d’ailleurs la section de la peau et de la poche hémorrhoïdale est toujours difficile par la ligature , cl, dans beaucoup de cas , il est impossible de l’appliquer , parce que la base de la tumeur est large , et qu’il s’est formé un vaste épanchement de sang sous la membrane interne du rectum.

Rouseau (l) passe à travers la tumeur du rectum , vers l’extérieur, une aiguille munie de deux fils de differentes couleurs , puis , à deux tiers de pouce du point de sortie de l’aiguille, il l’enfonce de nouveau à travers la tumeur, mais de l’extérieur vers le rectum, en laissant entre les deux points une anse de fil de trois à quatre pouces de longueur. 11 continue ainsi à [aire des points de suture à égale distance les uns des autres jusqu’à ce qu’il ait contourné toute la tumeur; cela fait , il coupe , du côté du rectum , toutes les anses formées par le fil de la même couleur, et, du eôté opposé , il coupe celles formées par le fi! de l’autre couleur. De cette manière la tumeur est entourée de ligatures que l’on serre , et que l’on coupe très-près après avoir fait des nœuds. I.orsque la tumeur est très-volumineuse, et qu elle est devenue

(1) annual medical Recorder, vol. IX, p. 282.

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