‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 228 sur 444 · KAÏTROCHEMENT ANORMAL EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

KAÏTROCHEMENT ANORMAL EN GÉNÉRAL

paraît avoir été intime, et n’être devenue filamenteuse que par suite des mouvements propres à l’une des parties unies. Ce sont des adhérences de ce genre que nous remarquerons entre le péritoine pariétal et les intestins, entre la plèvre costale et la plèvre pulmonaire. Tous les organes placés dans les conditions que nous avons indiquées sont susceptibles d’adhérences ; mais nous les rencontrons plus souvent entre les membranes séreuses et entre les synoviales ; plus rarement entre les muqueuses; et encore, pour que ces dernières puissent former des adhérences entre elles, faut-il que leur surface ait été détruite , et que le tissu cellulaire qui leur est sous-jacent ait été mis à nu.

1394. Lorsque, dans une plaie avec perte de substance , snrtout dans des brûlures profondes, le traitement n’est pas conduit avec soin , et que l’on ne donne pas au membre une position convenable, les bords de la solution de continuité sont attirés vers le centre de la plaie et il se forme une cicatrice solide, en forme de corde , souvent adhérente aux parties sous-jacentes ; dans d’autres cas il se forme de toutes pièces , à la surface de la plaie , une cicatricalrice saillante, noueuse, informe. Ces cicatrices peuvent apporter des modifications notables dans la direction de la partie , borner ou suspendre complètement ses mouvements, et enfin causer des difformités considérables. 11 ne faut jamais oublier que. lorsque la direction d’une partie a été changée depuis longemps par une cicatrice vicieuse, la rétraction des muscles qui survient elles altérations dont les articulations peuvent devenir le siège, et qui Gnissentpar rendre tout mouvement impossible, font que , dans quelques cas, l’affection est absolument incurable.

1395. Tousles conduits excréteurs ont une structure qui leur est particulière. Ils possèdent un appareil musculaire, propre, ou du moins une propriété contractile d’où dépend leur dilatation ou leur resserrement; leur surface interne est toujours recouverte d’une membrane muqueuse ; d où il suit que, faisant abstraction des cas où ils sont comprimés par une tumeur développée dans leur voisinage , ils peuvent être rétrécis ou oblitérés sous l’influence de plusieurs causes : 1° par une contraction spasmodique , qui tantôt est passagère et tantôt permanente ; 2° par des excroissances, un épaississement ou une induration dont la muqueuse qui les revêt peut être le siège par suite d’une inflammation ou d'une irritation prolongée ; 3" par une véritable adhérence résultant de la destruction de la muqueuse; 4° par des cicatrices qui se forment sur les parois de ces conduits ou dans leur voisinage.

1399. Les oblitérations congénitales ( atresia,im perforatio) des conduits excréteurs, ainsi que les adhérences congénitales ( syneohia ) entre des parties qui devraient être séparées, doivent être regardées comme des arrêts de développement , dans lesquels le fœtus s’est arrêté dans sa formation, à celle période où les ouvertures et les divisions que l’on trouve à la surface du corps ne sont pas encore for-

mées. — Il y a une période de la vie fœtale dans laquelle toute la surface du corps est recouverte par la peau sans aucune interruption ; où la peau qui ferme les ouvertures qui plus tard seront normales a la même consistance que celle qu’on trouve sur les autres parties; mais en ces mêmes endroits elles s’amincit peu à peu , et finit par être complètement absorbée. Les synéchies ou adhérences, telles que celles des paupières entre elles ou avec le globe oculaire, les adhérences delà langue, celles du gland avec le prépuce , etc. , sont des arrêts de développement tout aussi bien que les imperforations.

1397. Lorsque l’oblitération des conduits excréteurs dépend d’un arrêt de développement , ils peuvent être parfaitement conformés dans toute leur étendue ; seulement leur ouverture est fermée par une simple membrane , ou par une substance solide et charnue; ou bien il n’existe à l’extérieur aucune trace de conduit excréteur. Lorsqu’un conduit tel que l’urèthre ou le rectum, par lequel il s’écoule journellement des matières, est oblitéré, on s’en aperçoit peu de temps après la naissance ; mais, si ce canal n’est appelé que plus tard à remplir des fonctions comme le vagin, ordinairement on ne s’aperçoit de son oblitération qu’à une époque plus ou moins éloignée.

1398. Le traitement des adhérences qui existent entre des parties qui, dans l’état normal, sont libres et mobiles, consiste dans leur division avec le bistouri, et dans l’application exacte de bandelettes ou de plumasseaux de charpie, afin d’empêcher leur rapprochement ; car, sans cela, elles se réuniraient de nouveau. Après la division des adhérences, il faut mettre la partie dans une position convenable, et, pendant la période de granulations, on doit souvent toucher la plaie avec le nitrate d’argent, et empêcher que ces granulations n’arrivent au contact dans l'angle de la division : une compression convenablement exercée remplit trèsbien cette indication.

1399. Dans les cicatrices informes qui rapprochent considérablement les parties , changent leur direction, et limitent leurs mouvements , on obtient rarement l’amélioration désirable à l’aide de frictions émollientes, de bains, etc. En général il faut en venir à une opération si on veut obtenir une amélioration notable ou une guérison complète. Le mode opératoire que l'on doit mettre en usage varie suivant la nature et la position de la cicatrice. Si elle est tendue en forme de corde, et si les mouvements ne sont limités que parce qu’elle est trop courte, on doit chercher, par des incisions transverses qui atteignent toute l'épaisseur de la cicatrice , et par l’emploi d’une extension convenable , à obtenir une large cicatrice. Si au contraire la cicatrice vicieuse esllarge, adhérenleaux parties sous-jacentes , et sion peut la disséquer sans intéresser un organe important, il faut en faire l’excision : onia circonscrit par deux incisions, et, à l’aide du bistouri, on la sépare avec précaution des parties sous-jacentes ou du tissu cellulaire. Si, autour de

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