FLEXION PERMANENTE DES DOIGTS
la plaie qu’on vient de faire, la peau est extensible, et si cette plaie n’a pas trop d’étendue, on en dissèque les bords, et on les réunit au moyen d’une suture entrecoupée ou d’une suture entortillée. Quoique , par ce procédé , la peau , après la guérison , soit très-étendue , on la voit en peu de temps se distendre, et la difformité disparaître. Mais si, comme cela a lieu dans le plus grand nombre des cas, ce mode de réunion ne peut être mis en usage, on traite la solution de continuité comme une plaie suppurante, et, à l’aide d’un bandage convenable, on maintient la partie dans sa direction normale. Pour obtenir une large cicatrice quelques praticiens regardent comme utile de toucher sou vent la plaie avec le nitrate d’argent ; maisj’ai remarqué toujours que, si cette cautérisation donnait lieu à une cicatrice régulière et sans nodosités, elle favorisait le rapprochement des lèvres de la plaie vers son centre, et empêchait la cicatrice d’avoir une largeur convenable. Aussi, toutes les fois que je veux obtenir une large cicatrice, je fais tout simplement recouvrir la plaie de cataplasmes émollients, ou de compresses trempées dans un liquide de même nature, et ce n’est que dans des cas trèsrares et exceptionnels que j’ai recours au nitrate d’argent. Par ce moyen la cicatrisation marche lentement ; mais les lèvres de là plaie ont moins de tendance à se rapprocher, et on obtient plus sûrement le but qu’on se propose. Lorsqu’une cij catrice est saillante et noueuse, ou bien on l’enlève par sa base avec un bistouri tenu à pial, et on traite la plaie d’une manière convenable, ou bien, suivant les circonstances, on se comporte d’après les règles établies plus haut.
Pour le traitement des cicatrices vicieuses consultez :
Beck, Heidelb., klinische Annalen , vol. Y , pag. 2lS.
Dupuytren, Leçons orales, vol. II, pag. 1.
1400. Le rétrécissement et l’oblitération des conduits excréteurs réclament un traitement variable suivant leurs causes. Dans les contractions spasmodiques lesantispasmodiques locaux etgénéraux doivent être mis en usage ,• si l'affection est due à une altération organique de la muqueuse , il faut avant tout chercher quelle est la cause de l'inflammation qui 1 a déterminée, et lui opposer, dès qu’elle est connue, un traitement convenable. Mais ce traitement ne suffît pas ordinairement , il faut avoir recours à des moyens mécaniques qui dilatent peu à peu le conduit excréteur ; ou bien encore on peut, suivant ies cas, enlever les callosités dont la muqueuse est le siège à l'aide du bistouri, de la cautérisation, etc. Quel que soit le mode de traitement que l’on adopte, il faut toujours faire attention que, bien que le canal ait recouvré l'intégrité de son calibre, la muqueuse conserve toujours de la tendance à un nouveau rétrécissement.
1401. Le traitement d’une imperforation est plus ou moins difficile suivant qu’elle a lieu à l’entrée d’un conduit excréteur ou dans sa profondeur, et suivant que le tissu qui la forme est membra-
neux ou charnu. Lorsque le canal est fermé par une membrane qui est rendue saillante au dehors par l’amas des matières à excréter, le traitement est facile ; il suffit en effet d’y faire une incision cruciale. Mais, si au contraire l’imperforalion est due à un rapprochement intime des parois, et est formée par un tissu charnu, le traitement offre d’autant plus de difficulté que l’adhérence est à une plus grande profondeur, et qu’elle a plus d’étendue. S’il n’y a, à l’extérieur, aucune trace d’ouverture, il faut, à l’endroit où le canal devrait s’ouvrir, faire une incision, et aller à sa recherche.