TUMEURS SANGUINES
de celle dernière tumeur n’est pas encore bien démontrée. Les contusions jqui ont élé assez fortes pour déterminer des bosses sanguines allèrent plus ou moins le cuir chevelu , |qui prend une couleur bleuâtre , etc.
Ces tumeurs peuvent subir une transformation assez importante , qui consiste dans un épaississement et une ossification commençante du péricrâne qui les recouvre ; la tumeur alors jouit d’une élasticité particulière analogue à celle dont jouit un feuillet métallique , et d’une crépitation particulière. Cette transformation n’a encore été décrite par aucun des auteurs qui ont écrit sur cette maladie; elle n’a été qu’indiquée par Schmitt (1) , et il semble qu’on l'ait confondue avec une altération des os. Osiaildcr dit seulement qu’il ne faut pas confondre ccs tumeurs avec les tumeurs congénitales des os , qui se rencontrent trèsrarement , et dans lesquelles le diploé tuméfié soulève la lamelle externe de l’os , laquelle ne manque jamais. Ces tumeurs, osseuses doivent toujours être respectées ; leur incision amènerait presque certainement la mort. — - Dans un cas où il existait sur le pariétal droit deux tumeurs dont l’une présentait les caractères du céphalæmatome , et l’autre les présentait plus obscurément, plusieurs médecins, appelés en consultation , crurent à une altération des os , et rejetèrent l’incision comme dangereuse ; je reconnus la véritable nature du mal ; je conseillai l’ouverture de la tumeur; j’y fis une incision , et mon diagnostic fut confirmé.
1566. Le pronostic offre en général peu de gravité , pourvu qu’il n’y ait pas de complication d’une affection générale, et que le mal soit traité d’une manière convenable. Tous les céphalæmalomes disparaissent , les uns, en quinze jours ou trois semaines, par la résorption du sang épanché; les autres , au bout d’un temps plus ou moins long, par une résorption insensible , lorsque la tumeur s’est recouverte d’une coque osseuse. Quelques praticiens ont pensé que, en retardant trop l’ouverture de ces tumeurs , et en laissant le sang en contact avec les os, ces derniers étaient altérés; mais cette assertion n’est pas justifiée par les faits ; et , sans s’inquiéter de ce que devenaient ces tumeurs quand on les abandonnaient à elles -mêmes, on a proposé un grand nombre de modes de traitement diamétralement opposés les uns aux autres. Dans la plupart des cas que j’ai observés , et dans lesquels le péricrâne s’était ossifié , j’ai vu ces tumeurs complètement disparaître dans l’espace d’un an , et sans le moindre accident.
1667. On sollicite ordinairement la résolution de ces tumeurs à l’aide d’applications vineuses aromatiques , ammoniacales, d'acétate de plomb , de décoction d’écorce de chêne, etc. Ces applications suffisent ordinairement , mais il m’a paru avantageux de les combiner avec la compression ; je connais même des cas où la compression, exercée avec
Voyez :
(1) Chélius , Heidelberg klinische Annale , vol. IV . cak. 4. ’
Pigné, Journal hebdomadaire, T. XI.
une compresse et un bon serre-tête, a fait disparaître ces tumeurs , qui avaient résisté à tous les autres moyens. Du reste nous devons dire que quelques-unes de ces tumeurs, surtout lorsqu’elles sont peu volumineuses , disparaissent complètement sans aucune espèce de traitement. Je doute qu il existe un seul cas où l’ouverture d’un céphalæmatome aitété rigoureusement indispensable ; j’ai dit, il est vrai , il y a plusieurs années , que ces tumeurs devaient nécessairement être ouvertes lorsque , au bout de dix à quinze jours , elles n’avaient point diminué sous l’influence du traitement indiqué plus haut, et qu’elles conservaient toujours le même degré de tension, ou bien encore qu’elles avaient une très grande étendue ; instruit par de nouveaux faits et de nouvelles expériences , je me borne aujourd’hui à dire que l’incision est un traitement plus efficace et exempt de dangers; j’en restreins l’emploi à des cas tout à fait exceptionnels , combattant en cela l’opinion des écrivains qui la recommandent comme règle générale.
Du reste l’incision de ces tumeurs, pratiquée de bonne heure, doit être rejetée parce que l’expérience prouve que, jusqu’à une certaine époque, elles contiennent du sang artériel, et que, si on les ouvre alors, on détermine une hémorrhagie qui peut être inquiétante ; tandis que, si on les ouvie plus tard, le sang qu’elles fournissent est du sang veineux et en petite quantité.
L’application de la pierre infernale que Goells (1) préconise pour hâter la résolution de ces tumeurs offre , sous beaucoup de rapports, moins d’avantages que le traitement indiqué plus haut ( Zeller , pag. 25).
1 668. L’ouverture de la tumeur se fait de la manière la plus convenable avec une lancette; cette ouverture doit être large afin que le sang puisse s’écouler sans interruption. Entre les lèvres de la plaie on place quelques brins de charpie fine , que l’on fixe à l’aide de bandelettes de diachylon et d’un serre-tête. Dans les premiers jours qui suivent l’opération il s’écoule un liquide qui est encore sanguinolent ; plus tard il devient séreux, et enfin purulent. A la levée du premier appareil on trouve ordinairement que les téguments se sont en partie recollés ; la guérison ne tarde pas à être complète. Si , à l’ouverture de la tumeur , on trouve que l’os offre des aspérités , le pansement n’en doit pas moins être simple.
L’incision delà tumeur dans toute sa longueur n’est pas plus nécessaire que l’incision cruciale : une simple ponction suivie de l’évacuation du sang et de la réunion par première intension peut aussi amener la guérison, pourvu que l’on mette en usage des résolutifs et la compression ; si on emploie ce moyen, et que du liquide s’amasse de nouveau dans la poche , on déchire la cicatrice , et on lui
(1) Salzb. med.-chirarg» Zeitnng, 1812, n° 81 pag. 47.
Abhandl. über die Krankheiten des kindlichen Altcrs, vol. 111. Vienne, 1818.
Schmitt, Salzb.-med, chirurg. Zeitung, 1819,n“21, pag. 327.
UÉMATOCÊLE.
donne issue. D’apre9 cela, on voit qu’il est inutile d’ouvrir la tumeur à l’aide d'un séton.
Hoere décrit un cas dans lequel il y avait un foyer sanguin entre la dure-mère et le crâne , ot un second entre le
I crâne et le péricrâne ; ces deux foyers étaient mis en communication par une perte de substance qui existait à l’os. La tumeur interne avait le volume d’un œuf de pigeon, et avait déterminé nn enfoncement dans la partie du cerveau qui lui correspondait; la laine externe de l’os n’avait subi aucune altération; l’interne au contraire était cariée, et même manquait complètement dans un point ; dans un endroit 1a. reproduction osseuse parut avoir commencé. Uoere pense que , dans ce cas , la tumeur interne s’était formée la première , et que la seconde fut le résultat de la fissure qui, au moment de l'accouchement , survint iar suite de l’altération existante à l’os ; il fonde son opinion sur la carie qui s’était emparée de la lame interne de l’os ; mais cette assertion est dénuée de tout fondement, et l’observation qui en est la base ne saurait justifier la division de ces tumeurs en céphalcematomes internes et céphalœmatomes externes.
If. Hématocèle.
Pott, OEuvres de chirurgie, vol. II.
Flajani, Collexione d’osservazioni , etc., vol. II. Richter, Anfangsgründe der Wundarzneilt ., vol. TI. Follet , Journal de médecine continué , vol. XIII , pag. 422.
Haris, Memoir. of I.ondon med. Society, vol. V.
1669. L’hémalocèIe consiste en un épanchement plus ou moins considérable de sang dans les diverses enveloppes du testicule. L’épanchement peut avoir son siège dans le tissu cellulaire du scrotum , dans la tunique vaginale ou dans le testicule lui-mërae.
1670. L'élasticité du tissu cellulaire du scrotum, la grandeur de ses cellules, l'absence du tissu adipeux , rendent facile l’épanchement de sang , et expliquent suffisamment le volume énorme qu’il acquiert quelquefois. La cause qui le produit ordinairement est une violence extérieure , une contusion , etc., une plaie qui aurait divisé une artère qu’on n’aurait pas liée. — Il n’est pas probable q,u'une violente pression exercée sur les parois abdominales pendant que l’individu retient sa respiration puisse déterminer l'hématocèle. — La rapidité avec laquelle se forme l’hématocèle dépend du volume du vaisseau qui a été divisé. La couleur du scrotum dans celte affection est plus on moins v.iolette et foncée; la tumeur , quoique tendre , n’est pas ordinairement douloureuse. — Des épanchements analogues à ceux qui constituent l’hématocèle se forment , chez la femme , dans le tissu cellulaire des grandes lèvres.
1671. Ces épanchements sanguins, alors même qu’ils sont très-volumineux, se résorbent ordinairement sous l’influence d’un traitement antiphlogistique et d’applications froides ; pendant le cours du traitement il est utile de faire porter un suspensoir, et de faire garderie repos au lit. — Lorsque , par celte médication , l’épanchement ne diminue pas, la tumeur devient de jour en jour plus volumineuse , et il arrive un moment où il est important de faire de profondes incisions, et même d’aller à la recherche du vaisseau divisé pour en faire la ligature : si on ne pouvait le trouver, on devrait chercher à arrêter l’hémorrhagie par de la charpie dont on remplit le foyer sanguin , par des astringents et par un suspensoir compresseur.
1672. L’hématocèle qui a son siège dans la tunique vaginale peut être le résultat de la lésion d'un vaisseau pendant la ponction d’une hydrocèle, d’une déchirure des vaisseaux variqueux qui arrive lorsque le liquide qui les comprimait est évacué avec trop de rapidité , enfin d’une contusion du scrotum. Dans le premier cas la tumeur se forme avec rapidité, immédiatement après la ponction ; dans le second cas son développement est plus lent ; du reste le diagnostic est toujours facile. Dans le troisième cas la tumeur a quelque analogie avec l’hydrocèle, mais elle se développe ordinairement avec plus de rapidité , et n’est point transparente. Si le sang épanché s’est, ep partie solidifié , la tumeur pourrait être confondue avec un sarcocèle. Il n’est pas rare de voir une hématocèle se former, sans aucune cause extérieure, par une simple exsudation sanguine , surtout chez les vieillards ; et alors on ne saurait la distinguer d’une hydrocèle. Dans d’autres cas il se fait une exsudation sanguine lorsque les vaisseaux du scrotum sont variqueux, dans les cas d’hydrocèles anciennes et volumineuses, de sarcocèles, etc. ; maison ne reconnaît cet épanchement sanguin qu’au moment de l’opération. Quelquefois, chez les vieillards, celte affection est promptement suivie de la gangrène et de la mort (1).
1673. Il est rare que l’hématocèle qui a son siège dans la tunique vaginale se résorbe ; on peut essayer pour la combattre les applications froides et résolutives elle traitement indiqué § 1671. Mais, si on n’obtient aucune amélioration, il faut ouvrir la tunique vaginale, évacuer le sang , lier le vaisseau qui le fournit ; et , s’il existe une hydrocèle, solliciter sa: cure radicale par les moyens que nous indiquerons § 1746.
1674. Quant à ce qui a trait aux épanchements de sang dans la substance même du testicule, il est probable qu’on les a souvent confondus avec d’autres altérations organiques de cette glande. Lorsque, à la suite d’une contusion, du sang s’est épanché dans l’intérieur de la tunique albuginée, et que les résolutifs n’ont procuré aucune amélioration, la castration doit être regardée comme indispensable.
(1) Paletia , Excrcitationes pathologicee, pag. 201.
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HYDROPIStE DES BOURSES MUQUEUSES.