I. Tumeurs sanguines à la tête des enfants nouveau-nés
Levret , Journal de médecine, 1772, vol. XXXVH , pag. 410.
Michaelis, Loder's Journal fur Chirurgie, vol. II, cali. IV, pag. 657.
Naegele , Erfahrungen und Abhandlungen,etc.,pag.245.
Klein , Bemerk. über die Folgen des Slürzes der Kinder, etc. Stuttg., 1817, pag. 20.
Paletta , Exercitationes pathologicæ. Milan, 1820, caput. X, art. 1.
Zeller, Comment, de cephalæmatomate , etc. Heidelb.,
Iloere , De tumore cranii recens natorum sanguineo. Berlin, 1824.
Schœmmann, De tumore cranii recens natorum sanguineo. Jena, 1832.
P igné, Mémoire sur les céphalæmatomes. Journal hebdomad., sept. 1833.
Dubois (Paul), Dict. de médecine (en 25 vol.), T. VII, art. Céphalœmatome.
Valleix , Mém. pour servir à l’histoire des céphalæm. Gaz. méd., 1835.
1663. On remarque assez souvent, à la lêledes enfants nouveau-nés, une tumeur molle, fluctuante, plus ou moins insensible et circonscrite ; la peau qui la recouvre n’a subi aucune altération ; dans son intérieur ( entre le péricrâne el le crâne ) on trouve du sang. Celte tumeur a ordinairement son siège sur le pariétal , plus souvent à droite qu’à gauche; quelquefois cependant on l’a observée sur l'occipital et sur le temporal. Le volume de ces tumeurs varie depuis celui d’une noix à celui d’un œuf de poule;
! quelquefois , mais rarement, elles occupent toute la surface du pariétal; on en a vu même occuper les deux pariétaux. Il peut exister simultanément plusieurs de ces tumeurs de grosseurs différentes. — Immédiatement après la naissance elles sont peu élevées et peu tendues , mais elles augmentent avec une rapidité plus ou moins grande dans les premiers jours qui suivent ; lorsque leur accroissement est complet, leur tension diminue , elles deviennent molles , pâteuses , fluctuantes ; dans les premiers jours elles sont quelquefois le siège de véritables pulsations. Lorsque l’on promène le doigt autour de leur base, on sent un cercle osseux saillant, inégal, et on croirait qu’il y a à l’os une perle de substance.
1664. La cause de ces tumeurs sanguines est complètement inconnue; l’expérience démontre qu’on les rencontre souvent à la suite d’accouchements faciles, et surtout d’accouchements qui se sont terminés rapidement; on en a même vu sur la tête des enfants qui étaient venus par les pieds. — L’expérience a également démontré que cette affection n’était pas toujours liée à une altération des os qui , ayant détruit la lamelle externe, aurait permis au sang de suinter comme d’une éponge ( Michaelis , pag. 659). L’aspérité de l’os que l’on a trouvée, mais pas toujours, à l’autopsie, est consécutive à l’épanchement, et l’effet de la résorption. Si en effet l’altération de Fos était la cause de cet épanchement , on ne concevrait pas comment la guérison pourrait se faire aussi promptement. — D'autres ont pensé que la rupture des vaisseaux qui traversent la substance osseuse du crâne pourrait bien être la cause de ces tumeurs , mais les faits ne sont pas encore venus à l’appui de cette opinion. — D’un autre côté, si ces tumeurs s’étaient développées sous l’influence d’une contusion , on devrait les rencontrer plus souvent à la suite des accouchements difficiles; et c’est précisément le contraire.
Busch (1) a observé , sur l’occipital d’un enfant mort probablement depuis plusieurs jours, et extrait avec violence à l’aide du forceps , une bosse sanguine bleuâtre , et qui était en communication avec les sinus de la dure-mère. La théorie que Busch a bâtie sur ce seul fait ne saurait être admise, car ce fait n’appartient nullement aux tumeurs qui nous occupent. — Flint (2) décrit un cas analogue , plusieurs jours après la naissance d’un enfant , il vit sur l’occipital une tumeur sanguine qui était, ainsi que le prouva l’autopsie , en communication avec les sinus par une ouverture qui existait à l’os malade. On avait ouvert la tumeur, et l’enfant était mort d’hémorrhagie.
1665. Quant au diagnostic différentiel du céphalæmatome et des autres tumeurs qu’on rencontre sur la tête des enfants nouveau-nés (caput succédaneum, hernie du cerveau , tumeurs aqueuses , etc.), nous ferons remarquer qu’il est élastique , circonscrit, fluctuant; qu’il siège sur le pariétal; que la pression ne le fait nullement diminuer, et ne détermine aucun des accidents de la compression du cerveau ; qu’il ne préseute pas toujours ces pulsations qui ont été données comme un signe de diagnostic de la hernie; que, dans la hernie du cerveau, il y a une véritable perte de substance, tandis que, dans le céplialæraalome , s’il n’est pas très-tendu , on peut , à l’aide de la pression , sentir l’os à sa base. II est impossible de confondre ces tumeurs avec l’œdème de la tête; on pourrait, il est vrai , les confondre avec les tumeurs désignées sous le nom d’hydrocéphale partielle externe , dans lesquelles du liquide s’est épanché sous la calotte aponévrotique ou sous le péricrâne; mais l’existence
(1) Heidelberg klinische Annalen, vol. II, cah. H , pag. 245.
(2) New. england journal of medeeine , etc. , vol. IX , avril 1820, pag. 112.