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II. De l'hydarthrose

1683. On appelle hydarthrose un amas de sëro- (1) lnstitutiones chirurgicœ, vol. I, pag. 344,

DE l’hYDARTHROSE.

site dans une capsule articulaire. La tumeur formée parce liquide est molle, évidemment fluctuante, peu ou point douloureuse; elle cède sous la pression, mais ne conserve pas l’empreinte des doigts ; elle est limitée par les points d’insertion de la capsule ; la peau qui la recouvre ne subit aucune altération. La tumeur n’embrasse pas d’une manière régulière toute l’articulation , car elle est plus saillante dans les points où la capsule est plus faible et dans ceux où les parties molles qui l’environnent offrent moins de résistance. Ainsi , à l’articulation carpi-radialc , la tumeur se montre surtout sur les faces postérieure et antérieure, tandis qu’elle est à peine sensible sur les parties latérales ; à l’articulation tibio-tarsienne elle est plus sensible à la partie antérieure des malléoles; à l’épaule elle est bornée à la partie antérieure, et surtout remarquable entre le deltoïde et le grand pectoral. A l’articulation du genou, qui est celle où l’affection se rencontre le plus souvent, la tumeur est surtout apparente en avant et sur les côtés, et, lorsqu’elle devient considérable, elle est plus saillante au côté interne; la rotule et son tendon la divisent en deux parties : en haut elle remonte sous les muscles de la région antérieure de la cuisse. La rotule est repoussée en avant; sa mobilité augmente, il est facile de la déprimer ; mais , dès que la pression cesse, elle se reporte en avant. Dans la flexion de la jambe la tumeur devient plus tendue et plus saillante; c’est pendant 1 extension que la fluctuation est le plus manifeste. Lhydarthrose apporte peu de gêne dans les mouvements du membre.

1684. Celte affection sedéveloppe ordinairement avec lenteur. Les causes qui peuvent la déterminer sont : des violences extérieures, des contusions , des luxations, un refroidissement, une affection arthritique ou rhumatismale , des corps cartilagineux dans l’articulation, en un mol tout ce qui peut amener une inflammation chronique , ou troubler 1 harmonie qui doit exister entre l’exsudation et 1 absorption. Le liquide épanché offre les mêmes caractères que la synovie normale ; seulement , lorsque la maladie est ancienne , elle devient plus consistante et légèrement jaune.

Dans la majeure partie des cas, où les parties articulaires ont subi quelque altération organique, sont tuméfiées, épaissies , ulcérées ou cariées , on voit se former , dans la cavité articulaire, un amas de sérosité ou de pus. Cet etat> que quelques pathologistes ont regardé comme une complication de l’hydarthrose , ne mérite une attention particulière que lorsque la maladie qui l’a déterminé dimmue, et que le liquide amassé n’est pas absorbé, parce qu alors il devient indispensable de lui procurer une issue : c est ce que j’ai fait plusieurs fois avec succès pour l’arti- Ciilation du genou.

1685. Le pronostic de l’hydarthrose est en général grave, excepté dans les cas où le liquide s’est amassé avec rapidité ; car alors on peut souvent en détermiuer rapidement l’absorption; mais, lors-

que le mal existe déjà depuis un certain temps, et a pris un certain développement , lorsque les ligaments articulaires sont tuméfiés , on doit peu espérer de voir la résolution s’opérer, et la ponction de l'articulation pour évacuer le liquide est toujours une opération grave qui peut donner lieu à des accidents terribles. — De plus l’hydarlhrose a une grande tendance à récidiver , et peut à la longue déterminer diverses altérations organiques dans les parties constituantes de l’articulation.

1686. Le traitement de l’hydarthrose commençante est le même que celui que nous avons indiqué contre l’inflammation des membranes synoviales. Si le mal existe déjà depuis quelque temps, tous les efforts devront tendre à solliciter la résorption du liquide accumulé ; on devra prescrire des frictions spiritueuses, mercurielles et camphrées, des applications souvent répétées de vésicatoires, des fumigations , des douches , des moxas , le cautère actuel , l’électricité , une compression méthodique , etc.

1 687. Lorsque, sous l’influence de ce traitement, la résorption du liquide amassé ne s’opère pas; lorsqu’au contraire sa quantité augmente , que, les douleurs devenant plus vives , le malade ne peut en aucune manière se servir de son membre; lorsqu’enfin il existe un corps étranger dans l’articulation , il faut évacuer le liquide , mais de manière à ce que l’air ne puisse pénétrer dans la cavité articulaire. Pour remplir convenablement celle indication on refoule , par la pression , le liquide vers le point de la tumeur qui est recouvert de moins de parties molles; au genou , par exemple , on le refoule vers le côté interne; avec les doigts d’une main on attire la peau sur un des côtés , et on plonge un trocart mince , une lancette ou un bistouri , mais en ayant soin de ne pas intéresser les surfaces articulaires. Lorsque le liquide est évacué , et la canule du trocart retirée , la peau qui avait été attirée sur un des côtés , reprenant sa position normale , le parallélisme qui existait entre la plaie extérieure et la plaie interne se trouve détruit; on recouvre la plaie d’un morceau de dia-

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