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VIII. Hydropisie ascite

Martini, Chirurgische Streitschiifle, part. II, pag. 25. Monro , OEuvres complètes, pag. 178.

Ackermann , De Paracentesi abdorninis. Jena, 1787. Spiritus, Yariæ rationes paracentesis abdorninis. Jenæ,

Ehrlich , Chirurgische Beobachtungen, vol. I, Chap. X. Hoffmann, Diss. de hydrope ascite. Halle, 1718. Buchner , Diss. de hydrope ascite. Halle, 1743.

1714. Dans l’hydropisie ascit e (hydrops abdominis) le liquide peut être libre dans la cavité abdominale , ou renfermé dans un kyste ( hydrops saccatus) dépendant du péritoine ou d)un organe quelconque contenu dans la cavité de l’abdomen, et le plus souvent c’est de l’ovaire ( hydrops ovarii ). — Dans l’un et dans l’autre cas , lorsque l’amas de liquide est tel qu’il distend outre mesure les parois de l’abdomen, et lorsque les moyens ordinaires ne suffisent pas pour le faire diminuer, il faut donner

hydrocèle ASCITE.

issue au liquide à l’aide d’une ponction ( paracente sis oldominis).

1715. Cette opération n’est , il est Yrai , qu’un moyen palliatif, puisque le liquide évacué ne tarde pas à se produire ; mais elle peut préparer la cure radicale ; car on a vu souvent que des médicaments qui avaient été administrés en vain avant la ponction ont commencé à agir d’une manière efficace du moment où le liquide a été évacué ; et souvent ce n’est qu a ce moment qu’on peut reconnaître la véritable cause de l’épanchement , et la combattre avantageusement. Cet heureux résultat sera d’autant plus aisément obtenu que l’opération sera faite plus tôt, et qu’on ne laissera pas le liquide s’amasser en trop grande quantité. D’ailleurs, considérée comme moyen palliatif, l’opération a certainement des avantages sur l’emploi longtemps continué des moyens internes qui ont pour but de résoudre l'épanchement par la voie des urines et des selles. — Dans les hydropisies enkystées la paracentèse a rarement pour résultat de favoriser la cure radicale ; mais les chances avantageuses qu’elle peut avoir seront d’autant plus grandes que l’opération sera faite de bonne heure , parce qu’alors les altérations organiques du kyste, telles que l’épaississement, l’induration et la dégénérescence squirrheuse, etc. , n’auront pas eu le temps de se produire. — Lorsque l’hydropisie abdominale est ancienne et compliquée d’indurations douloureuses des organes abdominaux, de même que dans les hydropisies enkystées, lorsque l’épanchement est considérable, qu’il existe depuis longtemps , et que le malade est affaibli , l’opération peut procurer une amélioration momentanée ; mais l’état général empire , et le résultat définitif est ordinairement funeste. Dans l’hydropisie enkystée , si la position du sac est telle que l’opération ne puisse se faire sans intéresser un organe important, il y a contre-indication formelle.

1716. Le point où on doit faire la paracentèse abdominale a été diversement indiqué : les uns ont choisi le point qui sépare en deux parties égales une ligne qu’on mènerait de l’ombilic à l’épine antérieure et supérieure de l’os des iles, et principalement du côté gauche ; d’aulres>i§nt choisi !e point d’entrecroisement de deux lignes, dont l’une s’étendrait du bord inférieur de la dernière fausse côte à la crête iliaque, él dont l’autre partirait de l’ombilic pour se rendre horizontalement à la colonne vertébrale. Cependant, si on songe que, dans l’bydropisie de l’abdomen , la paroi antérieure de cette cavité est considérablement distendue , que les muscles droits sont notablement plus larges que dans l’état normal, on verra que la ponction faite sur l’un des points indiqués peut tomber sur une partie de l’abdomen où la couche musculaire est plus épaisse , et où l’on pourra facilement diviser l’artère épigastrique ou l’une de ses branches. D’après cela , la ponction faite sur la ligne blanche à deux ou trois pouces au-dessous de l’ombilic, à l’endroit où la paroi abdominale est très-mince et

et où on ne peut blesser aucun vaisseau, doit être préféré. (S. Coopeb.).

1717. Il est cependant des lieux d’élection que nous devons signaler; ce sont : — le point le plus fluctuant, lorsqu’il se trouve situé au-devant d’une induration qui a son siège dans un organe de l’abdomen ; — le point qui offre le plus de fluctuation lorsqu’on a affaire à une hydropisie de l’ovaire, et qu’en ce point on ne court pas le risque de blesser l’artère épigastrique ; — l’ombilic, lorsque sa cicatrice est distendue en forme de vésicule; — le scrotum , lorsque le liquide a pénétré dans la tunique vaginale, et qu’il n’y a avec lui ni intestin ni épiploon ; — le vagin, lorsqu’une de ses parois est refoulée par le liquide : dans ces deux derniers cas il faut agir avec précaution, parce que, dans la tunique vaginale, il y a souvent une anse d’intestin ou de l’épiploon qui a contracté des adhérences, et parce que, dans le cul-de-sac que forme le vagin, on trouve souvent aussi des intestins et surtout la vessie (1).

1718. Le malade doit être placé dans une position demi-assise : dans le cas seulement où il serait d’une faiblesse extrême, on le ferait étendre horizontalement; mais le côté sur lequel on va opérer doit se trouver aussi près que possible du bord du lit. On placera, autour du ventre du malade, un large bandage de corps qui sera percé d’une ouverture quadrangulaire au uiveau du point où l’opération sera pratiquée. Les extrémités de ce bandage seront ramenées vers la colonne vertébrale et fortement tendues.

L’opérateur prend un trocart assez gros, muni d’une canule d’argent et frotté de cérat ; il le saisit de la main droite de manière à ce que son doigt indicateur, étendu sur la canule, se trouve à un pouce et demi de la pointe de l’instrument ; il le plonge à travers la peau obliquement de bas en haut, en lui imprimant un mouvement de rotation, puis il traverse le Teste de la paroi directement d’avant en arrière; pendant cette opération le pouce de la main gauche de l’opérateur doit appuyer sur le ventre immédiatement au-dessous du point où se fait la ponction. Dès que le chirurgien n'éprouvo plus de résistance , il cesse d’enfoncer le trocart . saisit de la main gauche la canule tout près de la peau , la fixe , et , de l’autre main , relire le stylet. A mesure que le liquide s’écoule , les aides qui tiennent le bandage de corps le serrent davantage, et un autre aide , appliquant à plat ses deux mains sur chaque côté de l’abdomen , exerce une compression régulière. — Lorsque l amas de liquide est considérable, il faut à plusieurs reprises fermer avec le doigt l’ouverture de la canule ; car, sans cela, les vaisseaux del’abdomen se congestionnent, ce qui détermine souvent des syncopes. Si l’écoulement du liquide est interrompu , soit parce que la canule est bouchée par des mucosités, soit parce qu’un des organes de la cavité abdominale vientse placer au-devant de son ouverture , on doit intro-

(1) Zang, Operationen, toI. 111 , part. I , pag. 295,

HYDROCÈLE ASCITE,

duire dans la canule une sonde dont les ouvertures soient sur les côtés , changer la direction de la canule, la retirer un peu , etc. — Si l’opération n’est faite , dans une maladie incurable, que pour procurer quelque soulagement, et si l’épanchement est considérable, on ne doit, par la ponction , en retirer qu’un tiers ou la moitié au plus. — Dans les cas où le liquide est trop consistant pour s’échapper par la canule, on a conseillé d’introduire un trocart plus volumineux , ou d’agrandir , avec le bistouri ou un morceau d’éponge préparée , l’ouverture faite par la première ponction.

Un trocart rond et un peu volumineux est sans contredit celui qu’on doit employer dans la paracentèse abdominale.

— Au sujet de la forme des trocarts consultez :

Gusav , Diss. de novo paracenteseos instrumente. Régions., 1723.

— Colleclio diss. cliirurg. Ualieri , t. V, pag. 611.

Arnemann , Uebersicht der berühmtesten Instrumenten, pag. 132.

Kromholz , Akologie.

1719. Lorsque le liquide est écoulé, l’opérateur ferme l’ouverture de la çanule avec un des doigts ce la main droite; les autres doigts de celte main fixent la canule, et la retirent doucement en lui imprimant un mouvement autour de son axe, pendant que les doigts de la main gauche repoussent en arrière les téguments qui sont appliqués autour de la canule. Après avoir nettoyé les environs de la plaie, on la ferme avec un morceau de diachylon, que l'on recouvre d’une compresse, et on serre d’une manière convenable le bandage de corps qui déjà entourait l’abdomen.

La ponction de l’abdomen peut donner lieu à une hémorrhagie de trois manières différentes : 1° par la lésion avec le trocart d’un des organes contenus dans l’abdomen , et alors le sang s'écoule immédiatement après la lésion et mélangé au liquide de l’épanchement ; 2° par la déchirure des vaisseaux, qui, la compression cessant brusquement, se remplissent outre mesure et avec rapidité : dans ce cas le sang ne s’écoule que vers la fin de l’évacuation du liquide et mélangé avec lui ; 3” enfin par la lésion de l’artère épigastrique ou d’une de ses branches : dans ce cas l’écoulement de sang n’a lieu que lorsque la canule est retirée ; quelquefois u se fait au dehors, d’autres fois il se fait au dedans , et on a tous les signes d’une hémorrhagie interne.

— Dans les deux premiers cas une compression méthodique de l’abdomen, combinée avec les réfrigérants, est le seul moyen qu’on puisse employer; dans le troisième cas l’introduction d’un coTps étranger solide dans l’ouverture faite par le trocart peut arrêter l’hémorrhagie ; on peut encore obtenir ce résultat^en soulevant un pli de la paroi abdominale , et le comprimant pendant plusieurs heures au niveau du point où on a fait la ponction.

La branche externe de l’artère épigastrique ( cpiyastrica externa ), qui ordinairement est la plus volumineuse des divisions de ce vaisseau , est quelquefois très-petite; mais, dans d’autres cas (1), le tronc de cette artère et ses branches

(1) Kamsay. Edinb. med. and snrgical Journal, vol. Y III, pag 281 , t. I , fig. |.

se portent plus en dehors, et on court de grands risques de la léser, et de déterminer une hémorrhagie dangereuse. Les cas où l’artère épigastrique a été lésée dans la

ponction de l’abdomen ont été consignés dans le journal. Medical Communication , vol. II,

1720. Pendant les deux jours qui suivent l’opération le malade doit garder le repos au lit, et ne prendre que peu de nourriture; et encore les aliments doivent être très-légers. Le troisième jour on renouvelle le pansement, et on commence des frictions résolutives, spirilueuses ou ammoniacales. — S’il survient une inflammation du péritoine ou d’un des organes abdominaux , il faut avoir recours aux antiphlogistiques énergiques ou modérés suivant la constitution de l’individu. Quelquefois cette inflammation se termine rapidement par la gangrène ou la suppuration. Les coliques, lorsqu’elles ne sont point inflammatoires, réclament l'emploi des aromatiques ou des antispasmodiques. — Si le liquide s’amasse de nouveau, et si la fluctuation redevient apparente , il faut faire une nouvelle ponction.

1721. Par rapport à la manière d’opérer dans les différents lieux d’élection que nous avons signalés § 1717, nous ferons les remarques suivantes: — dans la ponction de l’ombilic le trocart est enfoncé directement d’avant en arrière dans la cicatrice distendue en forme de vésicule. — Dans la ponction du scrotum on agira d’après les préceptes que nous établirons § 1742. — Pour la ponction vaginale, la malade est couchée en travers de son lit ; ses cuisses sont maintenues écartées par des aides, et un bandage de corps est appliqué dans le but de refouler le liquide vers l’excavalion du bassin ; le trocarl et sa canule sont portés dans le vagin sur le doigt indicateur de la main gauche, et plongés sur le point qui offre le plus de fluctuation. — Dans l’hydropisie enkystée on applique deux bandages de corps, l’un au-dessus et l’aulre au-dessous du poin: le plus fluctuant : et on y enfonce le trocart. Si le liquide est contenu dans plusjeurs sacs, il faut lorsqu’on en a vidé un, cherchera rapprocher h paroi d’un second du bout de la canule , et enfoncei de nouveau le trocart ; ou , si cela était trop difficile , il faud^it faire autant de ponctions qu’il y au lait de kystes.

1722. De toutes les hydropisies enkystées celle de l 'ovaire est la plus fréquente; le liquide , de na ture, de couleur et de consistance variables, est reu fermé dans un ou plusieurs sacs, dont les paroi: sont plus ou moins épaisses. Dans le plus grant nombre des cas cette hydropisie est compliquée di dégénérescence de l’ovaire, de productions morbi des, d’hydatides, d’altérations stéalomateuses oi sarcomateuses, de concrétions osseuses, pierreu ses , etc. Le diagnoslic de l’hydropisie de l’ovain est souvent très-difficile , surtout lorsque sou déve loppement est considérable. Les circonslances sui vautes peuvent guider le praticien : la tumeu commence à droite ou à gauche, en un point où pendant un certain temps , la malade a éprouvé di

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la douleur et de la pesanteur , souvent à l’époque de la ménopause, souvent aussi à la suite d’une suppression brusque des règles. Lorsque la distension est considérable, on rencontre souvent , sur l’un ou sur l’autre côté de la tumeur , des inégalités très-marquées , et , en quelques points , une dureté anormale. — Dans cette affection l’état général de la malade souffre moins que dans l’hydropisie ascite. — Ordinairement la portion vaginale de l’utérus est refoulée à droite ou à gauche. — Lorsque le liquide est renfermé dans [plusieurs kystes , ou lorsqu’il existe quelque altération organique , la ponction n’amène qu’une évacuation partielle; la

I tumeur devient plus apparente , et peut changer de place. Si l’hydropisie de l’ovaire est compliquée d’ascite , son mode de développement pourra peutêtre éclairer le diagnostic, et la paracentèse seule pourra fournir quelques données positives. Il est rare de voir les deux ovaires simultanément pris de celte affection ; le gauche en est plus souvent pris que le droit.

1723. Comme, dans l’hydropisie enkystée, et surtout dans celle de l’ovaire, la ponction n’est qu’un moyen palliatif, on a proposé plusieurs modes de traitement qui ont pour but la cure radicale. — On pourrait, après la ponction, laisser à demeure la canule du trocart afin d’amener une diminution dans l’étendue du sac, et puis agrandir l’ouverture pour solliciter une inflammation adhésive , ou bien encore mettre à demeure une sonde flexible afin d’entretenir l’écoulement (1). — Le Dran (2) ouvrait le sac dans une étendue de quatre à cinq pouces, soit directement, soit sur une sonde canelée introduite à l’aide du trocart; il maintenait écartées les lèvres de la plaie, et cherchait à faire résorber le sac, ou à déterminer l’adhérence de ses parois, soit par des injections , soit par l’introduction de plumasseaux. — Littré (3) et plusieurs autres obtenaient le thème résultat à l’aide d’injections. Chopart et Desault (4) ouvraient , avec la potasse caustique, le sac, qui ensuite disparaît peu à peu. — Dzondi (5) a fait une incision, introduit un bourdonnet, et plus tard extrait le sac par la plaie. — Dans le cas de dégénérescence de l’ovaire , ou d altération stéatomaleuse , le traitement indiqué plus haut ne saurait avoir aucun résultat favorable : aussi de Laporte et Morand (6) ont proposé l’ex- ! tirpation de l’ovaire malade; et Laumonier (7), Smith (8) , Lizars (9) , Chrysmar(IO) , etc., l’ont

(1 ) Richter, Anfangsgründe, vol. Y, pag. 165, 170.

(2) Mém. de l’Académie de cliirurgie, vol. Il, pag. 431.

(3) Mém. de l’Académie des sciences, 1707.

(4) Anleitung zurKenntniss aller chirurg. Krankbeiten, vol. Il, pag. 238.

(5) Lizars, pag. 3.

(6) Mém. de l’Académie de chirurgie , loco cilato.

(7) Lizars , pag. 4.

(8) Edinburg med. and surgical Journal, oct. 1822, i pag. 532.

(9) Même journal, oct. 1824, pag. 247.

(10) Hop fer , Journal de Graefe et Waliher)so\. XII, eah. I, pag. 60.

faite avec succès. La possibilité de cette extirpation est fondée en général sur ce que la tumeur que forme l’ovaire est pédiculée, et a contracté peu d’adhérences. Pour faire cette opération on pratique, à droite ou à gauche de la ligne blanche, suivant le siège de la tumeur, et dans une étendue convenable , une incision qui divise la paroi de l’abdomen dans toute son épaisseur, et on prévient la sortie des intestins d’après le procédé indiqué § 1646. On détruit , soit avec le doigt , soit avec le bistouri, les adhérences que la tumeur peut avoir contractées avec l’épiploon, le péritoine, etc. La tumeur est ensuite attirée à travers la plaie; on passe dans le centre de son pédicule une aiguille munie de deux fils , avec lesquels on place une double ligature aussi près que possible du fond de l’utérus. Le pédicule est enfin coupé, la tumeur enlevée , et la plaie pansée comme à la suite de l’opération césarienne.

1724. Pour l’appréciation des divers traitements de l’hydropisie enkystée , et surtout de celle de l’ovaire, nous ferons remarquer que, dans tous les cas , l’opération doit être rejetée aussi longtemps que la tumeur n’occasionne pas de désordres graves; car on voit souvent cette dernière atteindre un certain volume, rester stationnaire , et les malades vivre encore pendant longtemps ; que la ponction ne procure qu’un soulagement de peu de durée ; car en général le liquide se reproduit avec d’autant plus de promptitude que la ponction a été faite plus souvent. — » Si les ponctions répétées prolongent quelquefois la vie, souvent aussi elles l’abrègent beaucoup. Dans quelques cas très-rares la ponction procure une guérison radicale (1). — L’incision du sac, les injections , etc., ont eu, il est vrai, quelques beaux résultats; mais combien le nombre des insuccès est supérieur à celui des succès (2) ! La même réflexion s’applique à l’extirpation de l’ovaire, que l’on a conseillée dans les cas où il était le siège d’une affection carcinomateuse , car alors la position particulière de la tumeur , ses adhérences , le siège et la nature de son pédicule , rendent quelquefois celte opération impossible (3) ; dans tous les cas elle doit être considérée comme une opération des plus graves de la chirurgie ; c’est ce qui a fait que Boyer (4) , niant les succès obtenus par cette opération , dit qu’elle n’a pas été pratiquée , et qu’elle ne le sera probablement jamais.

Callisen (5) avait proposé la ponction de l’ovaire pac. le vagin; mais cette opération, ainsi exécutée, a toujours échoué.

(1) Boyer , 7 railè des maladies chirurgicales , 1831, t. YIII, pag. 446.

(2) Vermandois , Journal de médecine , par Sedillo! v janv. 1813.

(3J Martini, Rusi's Magasin, vol. XXYll, pag. 436.

Dieffenbach , Rusfs Magaz., vol. XXV, pag. 349.

(4) Boyer, loco citato , pag. 450.

(5) Systems ehirurgiæ hodiemæ, vol. Il, pag. 71 .

HYDROCÈLE ASCITE.

1725. Lorsque, dans le cours d’uue grossesse , soit à son début , soit à une époque plus avancée , il survient un épanchement abdominal , la distension qu’acquiert le ventre expose à des graves accidents, soit par la tuméfaction qui s’empare des extrémités inférieures , soit par la pression qu’éprouvent les viscères contenus dans l’abdomen ; la respiration est plus ou moins gênée, et plus tard surviennent une anxiété très-vive et les dangers d’une suffocation imminente.

1726. Lorsque la grossesse est compliquée d’ascite , il est impossible de pouvoir par la palpation distinguer l’étal du fond et du corps de l’utérus à cause de la dilatation, quelquefois extraordinaire, que prennent les hypochondres , par suite de l’interposition du liquide entre l’utérus et les parois abdominales , et du refoulement des viscères vers le diaphragme; l’urine devient moins abondante et la soif très-vive. La palpation fait reconnaître une fluctuation obscure dans les régions hypogastrique et iliaque, manifeste dans les hypochondres, trèsévidente surtout, et vibrante dans l’hypochondre gauche, entre la partie supérieure du côté externe du muscle droitet le bord des fausses côtes.

1727. C’est ce dernier point qui paraît être le plus convenable pour pratiquer la paracentèse ; car là on ne court point le risque de blesser ni l'utérus ni aucun autre organe (1). Cepointoffre beaucoup plus d’avantage que celui que l’on choisit ordinairement pour faire cette ponction avec le trocart, pendant qu’un aide refoule, avec ses deux mains, l’utérus vers la colonne vertébrale , soit en soulevant un repli de peau à l’endroit où on veut faire l’opération (2), soit en faisant préalablement une incision à travers les téguments (3).

1728. Il peut se faire, soit hors l’époque de la grossesse, soit pendant cetélat, un amas de liquide dans la cavité de l’utérus ( hydrops uteri , hydrometra ). Dans le premier cas on voit , au milieu de douleurs dans l’aine , d’engourdissement dans les jambes, de désordres dans la menstruation, survenir, dans la région de l’utérus , une tumeur froide régulière, qui s’étend peu à peu au-dessous du basventre , et dans laquelle un examen attentif fait reconnaître de la fluctuation. Les malades éprouvent un sentiment de froid dans la région de l’utérus , et sentent cet organe s’incliner constamment du côté du décubilus. Lorsque la tumeur devient très-volumineuse, il survient de l’anxiété, des embarras gastriques , des maux de cœur , des vomissements, des syncopes, des coliques, de la constipation, de ladysurie , une rétention d’iirine, enfin un amaigrissement considérable de la fièvre hectique. Quelquefois ce liquide s'écoule de temps en temps par le vagin, au milieu d’angoisses et de

(1) Scarpa , Aüi dell" ateneo di Treyiso , vol. i,Trévise, 1817.

(2) Vieusseux , med. and physical Journal , janvier

(3) Bonn, iiber die Harnverbaltung , pag 31.

douleurs analogues à celles de l’enfantement. Assez souvent cet écoulement a lieu périodiquement.

On distinguera cette affection de la grosseur par les caractères suivants : la tumeur ne se développe pas d’une manière régulière; elle est fluctuante et froide; le museau de tanche est mince et tendu ; le col de l’utérus ne s’élève pas vers le troisième mois. Cette affection peut survenir avant l’âge de la puberté, après l’époque critique , et chez les femmes stériles ; les mamelles sont ordinairement flasques et ont diminué de volume : dans quelques cas cependant on a observé le contraire. [ A ces signes nous ajouterons l’absence des mouvements du foetus, des battements de son cœur, et, dans quelques cas, l’ancienneté du mal, qui souvent a manifesté son existence depuis plus de neuf mois. ]

1729. Dans l’hydropisie de l’utérus qui survient pendant la grossesse , et qui peut aussi être compliquée d'ascite, l’abdomen acquiert rapidement un volume considérable et régulier, semblable à celui qu’il acquiert vers la fin de la grossesse ; la palpation ne découvre autre chose qu’une fluctuation faible , profonde , obscure ; par suite de la distension rapide de l’utérus les viscères sont fortement refoulés en haut contre le diaphragme ; delà, gêne dans la respiration et menaces de suffocation ; les jambes sont ordinairement œdématiées. Il n’est pas rare de voir survenir de temps en temps , et quelquefois périodiquement , un écoulement vaginal abondant qui pourrait faire craindre une fausse couche ; le plus souvent cependant l’accouchement se fait à l’époque ordinaire , après que la poche des eaux propres au fœtus s’est vidée. Le siège de cet amas de liquide est entre l’utérus et les enveloppes du fœtus , entre le chorion et l’ainnios , ou dans un kyste particulier, ce qui paraît être le cas le plus ordinaire ; dans quelques cas enfin cette hydropisie n’est autre chose qu'une surabondance des eaux fœtales. Ou a vu quelquefois le placenta rempli dhydalides. — L’œuf peut aussi s’être changé en une masse d’hydatides, qui donne les mêmes symptômes que l’hydropisie de la matrice j et, dans ce cas , le diagnostic est extrêmement difficile.

Scarpa, loco citato.

Cruveilliier , Essai sur l’anatomie pathologique, vol. I, pag. 280.

Geil ( Prœs. Naoyole ) , Diss. de hydrorrhæâ uteri gravidi. Heidelb., 1621.

1730. Les causes de l’hydropisie del’utérus , hors de la grossesse, sont une oblitération de l’orifice ulérin résultant de crampes , d’adhérences ou de corps étrangers , et une altération dans la sécrétion de la membrane interne de l’utérus. On peut obtenir la disparition du liquide épanché par les remèdes employés en général contre les hydropisies, et qui portent leur action sur les reins , le canal intestinal, ou les vaisseaux absorbants ; on peut encore, s’il y a oblitération de l’orifice utérin , chercher à rétablir son canal par des bains , des douches , des

DE l’hYDKOCÈLE.

injections émollientes, l'introduction d’une sonde si le canal est obtrué par un caillot, etc. S’il y a des adhérences des parois du canal utérin , si les moyens que nous venons d’indiquer n’obtiennent aucun résultat, et s’il survient des accidents graves (comme ceux qui se manifestent dans l’hydropisie de l’utérus compliquée de grossesse), menaces de suffocation , etc. , la paracentèse de l’utérus est indiquée.

1731. Si l’orifice utérin est oblitéré, l’opération peut se faire comme nous l’avons indiqué § 1635 ; ou bien entre l’ombilic et la symphyse des pubis , après avoir vidé la vessie etappliqué sur l’abdomen un bandage de corps fortement serré ; ou bien encore on peut faire la ponction au-dessus de la portion vaginale de l’utérus , après avoir déprimé la tumeur dans l’excavation pelvienne.

Devilliers, Journal de SèdUlot , mars 1812, t. XLII1.

1732. Quelques praticiens ont encore proposé la paracentèse abdominale dans les cas de tympanite , lorsque cet épanchement de gaz est idiopathique, et non le symptôme d’une autre maladie ; qu’il existe depuis peu de jours ; qu’il résiste à tous les moyens destinés à en obtenir la résorption ; que le malade est très-agité, son pouls fort et fréquent; que toute sa peau est très-chaude , et qu’il n’y a pas de froid des extrémités. — Pour faire la paracentèse dans ces cas on se sert d’un trocart long, mince, dont la canule est percée de plusieurs ouvertures. La ponction se fait sur le milieu d’une ligne qui descendrait perpendiculairement de l’extrémité antérieure de la deuxième fausse côte (en comptant de haut en bas) du côté gauche vers la crête iliaque ; le trocart doit être enfoncé de quatre à cinq pouces, afin d’être sûr que le colon descendant a été atteint. On retire le trocart en ayant soin de retenir la canule dans l’abdomen ; les gaz s’échappent, et on retire la canule. Le malade doit faire abstinence de boissons , et ne prendre qu’un peu de lait d’amande étendu d’eau à la glace ; la soif est apaisée à l’aide de tranches d’orange succrées , ou à l’aide de bains plus froids que chauds ; s’il n’y a pas de selles , on prescrit des lavements laxatifs d’abord, puis nourrissants ; en même temps on fait sur l’abdomeu des applications froides, et on prescrit au malade d’avaler de temps en temps des morceaux de glace.

Voyez à ce sujet :

Combalusicr, Pneumatopatliologie. Paris, 1747.

De Marchi, Brera giornale, mai 1813.

Levrat , Nouvelle Bibliothèque médicale. 1823.

Zctug, Operationen, vol. 111 , part. J, pages 290 , 291 , 317, planche 1, fig. 1, 2.

Fuerslenau , Diss. de tympanitide. Rintelii, 1733.

Trnka de Krzowitz , Ilistoria tympauitidis. Vienne ,

Gérardin, Diss. sur les gaz intestinaux. Paris, 1814. (Thèse.)

Btiumès , Lettres sur la présence des gaz dans les voies gastriques. Paris, 1832, 1833.

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