II. Calculs rénaux
H6vin, Mémoires de l’Académie de chirurgie , vol. III,
Troja , Krankheiten der Nieren und der übrigcn Harnorgane. Leips. , 1788.
Combaire , Uiss. sur l'extjrpalion des reins. Paris , 1804. Earle , Médico-chirurgical Transactions, vol. XI, part. I, pag. 2il.
1812. Des calculs de forme et de nature différentes peuvent se développer dans les calices et les bassinets des reins. Leur nombre est quelquefois très-considérable : on en a vu d’une grosseur telle que la cavité des reins en était distendue, et - que leur substance en avait été atrophiée. La composition chimique des calculs rénaux est très-variable; ceux d’acide urique se rencontreut plus souvent que les autres.
Le diagnostic des calculs rénaux est le plus souvent douteux, parce que les symptômes qu’ils déterminent sont très-variables. Quelquefois ils n’occasionnent aucune gêne; souvent le malade ' éprouve simplement une douleur obtuse de pression, de tension dans la région du rein; cette douleur disparaît souvent pour revenir souvent aussi ; elle diminue pendant le repos, augmente lors des mouveraens du corps. Lorsque le calcul rénal est pointu, anguleux, 'la douleur est vive, déchirante,
s’étend à l’aine et jusqu’au testicule. Il n’est pas rare de voir survenir une néphrite avec tous ses accidens. L’urine entraîne quelquefois du sang, des mucosités, du pus ou des graviers.
Les calculs rénaux constituent une maladie longue et douloureuse. Lorsqu’il n’existe de calculs que d’un côté, la vie est moins compromise que dans les cas où les deux reins sont pris. S’il survient de l’inflammation, elle peut déterminer la mort par son intensité et par la suppression complète de l’urine ; elle peut se terminer par suppuration, et le pus se vider dans la vessie par les uretères, ou former une tumeur fluctuante dans la région lombaire.
Lorsque le traitement doit avoir pour but de dissoudre les calculs existans, ou de combattre la tendance à la lithogénèse, il faut se conformer aux préceptes donnés §§ 1809 et 1811. Le plus souvent on doit se borner à un traitement palliatif, qui diminue les symptômes, tels que les sangsues, les saignées, les boissons émollientes mucilagineuses , les antispasmodiques , les bains, les frictions, etc. L’extraction de la pierre par ’ une incision ( nep/irotomia ) ne peut être tentée que dans les cas où il y a dans la région du rein un engorgement œdémateux, une tumeur fluctuante ou une fistule. — Il faut ouvrir l’abcès, et, avec la sonde ou avec le doigt, interroger le fond de l’abcès; lorsqu’on trouve un calcul, on agrandit la plaie si elle est trop étroite, et on l’extrait. S’il existe une fistule qui conduise à un calcul, il faut l’agrandir convenablement, soit avec une éponge préparée, soit avec le bistouri. Si le calcul est fortement enclavé, on attendra pour l’extraire qu’il soit devenu un peu plus libre.-— Il n’est pas rare de trouver entre la peau et les muscles un foyer purulent superficiel dans lequel on rencontre une ouverture qui conduit dans la cavité purulente du rein. Cette ouverture de communication doit être dilatée avant de chercher à pénétrer jusqu’au rein. Que l’on ait trouvé ou non un calcul, la plaie sera pansée avec une mèche de charpie retenue au dehors à l’aide d’un fil. On continuera ce pansement tant qu’il y aura encore des calculs dans le rein, ou que la sécrétion de l’urine indiquera la persislence de la maladie.