‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 290 sur 444 · VI. De la cystotomie · texte numérisé non relu

VI. De la cystotomie

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DE LA CYSTOTOMIE.

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1841. L’opération de la taille ( lithotomie , r.ystntomie) consiste à faire, en un point quelconque du corps de la vessie ou de son col, une ouverture suffisante pour extraite un calcul urinaire. Cette opération doit toujours être pratiquée le plus tôt possible, parce que, le calcul prenant ne jour en jour de nouveaux développemens , l’opération acquiert, avec le temps, et plus de difficultés, et plus de dangers. Cependant elle est contre-indiquée lorsqu’il existe des douleurs vives , permanentes, dans la région des reins, qu’elles soient le résultat de calculs rénaux , de suppuration, ou de toute autre altération; lorsqu’il existe des ulcérations dans la vessie ( ulcérations qu'il ne faut pas confondre avec une affection blennorrhoïde de cet.organe ) ; lorsque ses parois sont considérablement épaissies, ou ont subi quelque dégénérescence carcinomateuse; lorsque 1 étal général est très-faible, et que le malade est tourmenté par une fièvre continue; lorsque le calcul est très-volumineux ; enfin lorsque la pierre est tout à tait enchalonnée. — L’opération doit être reculée toutes les fois qu’il existe une maladie accidentelle, et qui ne doit être que passagèic; lorsque 1 inflammation de la vessie et de son col est con idérable ; lorsque les organes digestifs sont sympathiquement affectés; enfin lorsqu’il y a un rétrécissement du canal de l'urèthre; car, dans <e cas, il faut auparavant rétablir le cours de l’urine.

L'appréciation des contre-indications A l’opération de la taille réclame un examen bien aitentifet un jugement bien exercé ; car l’expérience démontre chaque jour que l’opération peut très-bien réussir au milieu même des circonstances les plus défavorab es , et que, le calcul étant retiré , les accidens auxquels sa présence donnait lieu disparaissent.

— S’il était possible de s’assurer qu'un calcul est enchatonné, celle circonstance constituerait une contre-indication des plus formelles , parce que l’extraction d’un semblable calcul est très-souvent impossible, et presque toujours mortelle.

— le volume trop considérable de la pierre peut ne constituer qu’une contre indication S certains procédés opératoires. — Il arrive quelquefois , quoique rarement , qu’un calcul dont la présence a été constatée par le cathetérisme , bien qu’il ne donnât lieu â aucun accident , ou du moins qu’à des accidens presque nuis, se développe très-lenlement , et qu’on soit autorisé par là à ne pas pratiquer la taille. Mais on doit toujours craindre, dans ees eas , que , en reculant indéfiniment, des accidens violons ne se déclarent instantanément , et ne rendent l’opération impossible ou très-ehanceuse.

[ Nous ne saurions partager tonies les opinions de Chtlius sur les conire-indications à l’opération de la taille. U nous semble que , si on se conformait aux préceptes qu'il donne , celte operation se pratiquerait assez rarement, car il n’est pas commun de voir des calculeux sans affection inflammatoire des voies urinaires. D’après ce que nous avons vu dans les hôpitaux , nous nous croyons autorisé à dire que , si , chez les calculeux , les affections des voies urinaires qui donnent lieu aux caractères de l’inflammation aiguë doivent être préalablement combattues , il n’en est pas de même désaffections chroniques: celles ci en effet , et surtout si elles durent depuis un certain temps, loin d’étre une contreindication à l'opération , doivenl hâter le moment où on la pratiquera ; les ulcérations de la vessie, l'hypertrophie de ses parois , une sécrétion abondante de mucosités', les affections sympathiques de l’estomac ou d’au res viscères, ne font qu'augmenter par la présence du calcul , et disparaissent presque toujours dès qu’il a été extrait , ou du moins n’augmentent pas. — fl est vrai que , dans de pareilles circonstances, les chances de succès sont faibles ; mais , si oïl songe que le malade est voué â une mort cerlaine , on^n’hésitera pas a pratiquer l’opération qui seule peut le sauver. Cependant il est un cas exceptionnel : c’est celui où ces affections existeraient depuis longtemps chez un individu affecté d une maladie chronique des poumons ; car, dans ce cas, il faudrait respecter le calcul dans la crainte de voir disparaître l’affection de la vessie, et empirer, celle de la poitrine.

Lorsque le hasard aura fait découvrir ta présence d’un calcul qui ne gêne et n’incommode en rien le malade, le chirurgien pourra hésiter sur la conduite qu’il devra tenir; néanmoins il faudra qu’il tienne compte de l’âge de l’individu ; s’il est jeune, il pourra attendre , pour opérer , que quelques signes subjectifs viennent se déclarer , cependant, il ne faut pas qu’il perde de vue que, s’il attend, le calcul deviendra pins volumineux ; que , plus le malade avancera en âge , moins les chances de l’opération seront favorables , et qu'enfin le malade peut , d’un moment à l’autre, se trouver dans de fâcheuses circonstances sous le rapport de sou état général. — Chez le vieillard il lie peut pas y avoir de doute : s’il ne souffre pas , qu’on n’opère pas ; qu’on se contente de placer le malade dans des conditions hygiéniques meilleures ; l’opération est si grave à un âge avancé , et le séjour des calculs est si souvent inoffensif, qu’on serait presque coupable de vouloir les enlever. J’ai vu . pendant mon séjour a l’hospice de la Vieillesse , sept hommes affectés de calculs , dont trois très-volumineux , sans qu’ils aient accusé aucune douleur ; il a fallu qu’ils succombassent a des affections étrangères aux voies urinaires pour qu'on

DE LA CYSTOTOMIE.

découvrit les calculs. De ces malades cinq avalent de soixante â soixante-dix ans , l’un soixante-douze et l'autre quairevlngt-un ans. Qui oserait croire qu’ils seraient tous les sept arrivés â cet âge si on les eût soumis , quelques années auparavant, â une opération quelconque?]

(Note du traducteur.)

1842. Lorsque l’état général du malade est bon, on le prépare à l’opération : pendant quelques jours on diminue graduellement la quantité ti’alimeus qu’il a coutume de prendre; on prescrit quelques bains tièdes; et, les deux jours qui précèdent l’opération, on astreint le malade à une diète sévère, et on lui fait prendre des lavemens. — Chez les individus sanguins, on pratique une ou deux saignées, ou on applique des sangsues â l’anus. Les personnes qui ont un grand embonpoint, et celles qui ont une constitution lymphatique, méritent la plus grande attention, car ces deux conditions exercent la plus grande influence sur les suites de l’opération : dans le premier cas les bains ne doivent être donnés qu’avec précaution; dans le second les ioniques sont souvent indiqués. Les purgatifs que l’on prescrit ordinairement avant l’opération méritent aussi une attention spéciale, et il faut laisser s’écouler quelques jours entre leur administration et le moment de l’opération. S il existe des vers intestinaux, on fera prendre des anthelmintiques , et on ne procédera à l’opération que lorsque les vers auront~été rendus. Dans certains cas on pourra laisser au malade la quantité de nourriture à laquelle il est accoutumé; seulement on veillera à ce qu’elle soit légère et de boqne nature. — Chez les gens de la campagne, qui sont accoutumés à des alimens grossiers, le passage brusque à une alimentation plus légère peut avoir une fâcheuse influence sur le résultat de l'opération. Aux sujets nerveux et irritables il sera bon de prescrire quelques antispasmodiques, tels que l’opium, l’extrait de jusquiame, l’eau de laurier-cerise.

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