HYPERTROPHIE DE LA LANGUE
graisseuses, certaines tumeurs enkystées, etc.* tautôt elles ne rencontrent leur analogue dans aucune partie de l’économie: telles sont les tumeurs fongueuses. Ce sont des organes vivans qui prennent du développement en écartant seulement les parliesau milieu desquelles elles se trouvent, mais sans les faire participer à aucun principe morbide : telles sont les tumeurs mélicériques , graisseuses, les polypes, etc. Plusieurs d’entre elles ne nuisent que par leur poids; d’autres au contraire ont, comme nous l’avons dit, un caractère spécifique, et réagissent sur tout l’individu.
1927. Les tumeurs qui n’ont pas leur analogue dans l'économie constituent la partie la plus difficilede la pathologie. Pourles classer d’une manière convenable nous devons lenircompte de leur mode de formation, de leur développement, et des variétés qu’elles présentent. — Les anciens rangeaient toutes les tumeurs de ce genre sous les dénominations générales de squirrke, carcinome, stéatome, etc. ; mais les progrès de l’anatomie pathologique ont fait établir des différences très-importantes sur lesquelles on a basé la classification de ces tumeurs.
1928. Abernethy divise les tumeursde ce genre en cinq espèces différentes; savoir : le sarcome pancréatiforme, le mammiforme, le médullaire, le tuberculeux et le cancéreux. — Laennec admet quatre tissus morbides : le tuberculeux, le squirrheux, le eérebriforme et le mélaujque. — Meckel regarde le tissu mélanique de Laennec et les sarcomes tuberculeux et médullaire d Abernethy comme étant la même affection ; il admet, lui, six tissus différent, savoir: le pancréatiforme, le mammiforme, le cérébriforme, 'le squirrheux, le tuberculeux et le scrofuleux. Iïayle pousse encore ses divisions plus loin, puisqu'il admet neuf espèces différentes, qui sont : le tissu 1° cancéreux chondroïde; 2° le hyaloïde ou vitré'ïforme ; 3° le larinoïde ou lardiforme, 4° le bunioïde ou napiforme ; 5° l’encéphaloïde ou cérébrifonne ; 6° le colloïde ou gélatiuiforme ; 7° le cancéreux composé ; 8° le cancéreux entremêlé, et 9° le cancéreux superficiel.
Ï929. Ces diverses manières de voir suffisent pour montrer combien il est difficile d’élablir une division bonne et exacte de ces divers tissus anormaux. La cause de celte difficulté repose incontestablement dans les altérations diverses que subit l’élément morbide en traversant les diverses périodes de son développement; elle repose encore dans l’ignorance où l’on est de l’influence qu’exerce la structure naturelle d’un organe sur les tissus morbides qui se développent dans son intérieur ; enfin dans les causes variées qui président à leur formation. On rencontre des tumeurs formées de plusieors des produits morbides que nous venons d’indiquer, et dans lesquelles ils sont taDlôt simplement accolés, et tantôt confondus. Si l’anatomie pathologique veut être d’une utilité directe et d’une application immédiate à la médecine pratique, il ne faut pas quelle se borne, dans les étu-
des de ces affections, à la recherche des altérations que subissent les parties organisées et les tissus morbides ; mais il faut encore qu’elle tienne un compte rigoureux et des symptômes et de la marche de la maladie , et de l’influence qu’elle exerce sur les parties qui l’avoisinent et sur le reste de l’économie. Si nous faisons une analyse exacte de ces diverses circonstances , nous verrons que toutes ies tumeurs dont nous venons de parler peuvent se réduire à trois classes : le fongus hématode, lesquirrhe, le tubercule, les tissus pancréatiforme et mammiforme ne sont que des modifications accidentelles du fongus.
1930. Ces productions accidentelles, ces organes toul-à-fait étrangers au reste de l’économie, se ressemblent tous en ce qu’ils sont formés en grande partie d’albumine; que leur tissu est plus ou moins celluleux ; qu’ils contiennent un liquide de densité variable dans des cellules dont la forme est plus on moins différente; qu’à l’époque de leur formation ils sont plus résistans que dans une période plus avancée ; qu’en général ils sont plus durs que l’organe dans lequel ils se développent, et que , à mesure qu'ils deviennent plus anciens , ils prennent une texture plus lâche, plus fluide; que leur forme est plus ou moins arrondie; qu’ils ont une grande tendance à envahir les parties environnantes, et à réagir sur toute l’économie; qu’ils allèrent les parties voisines soit en les comprimant, soit en les transformant en un tissu semblable au leur; enfin qu'ils transmettent leur influence morbide à l aide des vaisseaux lymphatiques, et peut-être aussi d’une autre manière qui nous est inconnue.