CHAPITRE CINQUIÈME
TRANSFORMATIONS DE PARTIES ORGANISÉES ET PRODUCTION DE TISSUS NOUVEAUX.
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1923. Les deux classes de maladies que nous allons examiner dans cetle cinquième division, savoir -.les dégénérescences départies organisées, et les productions de tissus nouveaux, ont entre elles de nombreux points de contact; un caraclère commun aux dégérescences consiste dans un développement de l’organe, dû non-seulement à une augmentation des tissus qui le composent à l’état normal, mais encore à la déposition, plus ou moins abondante dans son parenchyme, de sucs tout à fait étrangers à son organisation naturelle. Aussi est-il souvent très-difficile de savoir si on doit compter telle altération parmi les dégénérescences organiques ou parmi les productions nouvelles.
1924. Toutes les dégénérescences des parties organiques paraissent avoir pour base une augmentation de l’activité vasculaire dàns les parties où elles se développent. Cetle modification dans le système circulatoire a pour effet la déposition de sucs plus ou moins analogues aux parties constituantes de l’organe , ou bien encore la déposition d’un tissu morbide particulier. Ces dépositions se
font dans les interstices des organes, et elles y sont entretenues par la continuité des vaisseaux, et par la force génératrice anormale, ce qui contribue encoreaudéveloppementdela tumeur. C’est pourquoi nous voyons que le développement de ces dégénérescences est, dans le plus grand nombre des cas, accompagné d’une élévation de la température, d’un sentiment particulier de pression, de tension, etc. , bien qu’il n’y ait aucun phénomène apparent d’inflammation. Dans beaucoup de cas l'augmentation de l’activité circulatoire n’est point signalée paf les phénomènes qui la caractérisent ordinairement; mais, de même qu'il nous est impossible de concevoir la formation et le développement d’un organe naturel sans une augmentation de l’acliyité vitale, de même il nous est impossible d’admettre que cette même activité ne coïncide pas avec la formation d’un tissu morbide. — Développement de vaisseaux, sécrétion morbide, persistance du tissu, formation accidentée dans son intérieur de vaisseaux nouveaux, tels sont les phénomènes que nous voyons toujours se succéder dans ces altérations organiques. Le mélange des sucs sécrétés, leur nature et leur quantité peuvent produire des tissus tout à fait nouveaux, s’infiltrer dans les tissus normaux, augmenter leur volume, ou changer leur structure. La véritable dégénérescence qui persiste dans son accroissement ne peut avoir lieu que par le développement des vaisseaux existans , et par la formation de vaisseaux nouveaux. Quant à la déposition des tissus accidentels, tout à fait étrangers aux organes dans lesquels ils se développent, ils peuvent rester indéfiniment dans l'état même où ils se trouvent au moment de leur déposition, ou bien se durcir, et exercer une certaine action sur les parties qui les environnent, sans que l’ouvoie autour d’eux, ou dans leur intérieur, se former des vaisseaux nouveaux; ils se comportent exactement comme les tubercules.
1925. Dans les transformations morbides de9 organes, nous voyons tantôt se développer les artères, les veines, les vaisseaux lymphatiques, et souvent dans des proportions différentes, tantôt les parties du tissu cellulaire qui n’ont point de Vaisseaux, s’hypertrophier par la déposition d’un tissu amorphe , et tantôt enfin nous rencontrons ces deux phénomènes à la fois. Lorsque celte hypertrophie a pour base seulement la sécrétion d'une quantité plus grande des produits naturels, elle peut acquérir un volume énorme, et elle ne peut nuire que d’une manière mécanique aux parties environnantes. Lorsqu’au contraire elle est due à une modification dans la qualité des sucs nourriciers, elle reconnaît pour cause une diathèse générale et une altération de la force formatrice : alors elle prend un caraclère spécifique; elle réagit d’une manière funeste sur toute l’économie, et envahit tous les tissus, quelle que soit la différence de leur organisation.
1926. Tantôt les productions morbides accidentelles consistent dans la déposition de matières existantes dans l'économie ; telles sont les tnmeurs