DES MAMELLES
Le caractère et la marche de l’inflammation sont subordonnés à ces diverses causes ; elle peut être si intense quelle détermine la gangrène ; dans le plus grand nombre des cas cependant elle est moins intense, et peut se terminer par suppuration , induration, et engorgement sarcomateux.
130. Lorsque l’angine parotidienne est bénigne, elle cède facilement quand on maintient chaude la tumeur à l’aide de flanelle ou de tout autre moyen, et que l’on emploie des diaphoniques légers. Lorsqu’au contraire il existe manifestement un état inflammatoire accompagné de fièvre , on doit avoir recours à des antiphlogistiques, et même à la saignée , mais avec la plus grande prudence. Si le malade est faible, et si la fièvre a de la tendance à devenir nerveuse, il faut employer la mélisse, la valériane, la liqueur de Minderer, le camphre, etc. Lorsque la tumeur est peu élevée, ou qu’elle s’est affaissée , ou bien que la sueur dont elle était couverte est supprimée, il faut immédiatement appliquer un vésicatoire. Si la tumeur se transporte aux parties génitales , il faut les tenir chaudes avec de la flanelle, et envelopper les testicules d’un suspensoir. Si plus tard il se manifeste quelques symptômes du côté du cerveau , on doit appliquer un vésicatoire sur la parotide ou le scrotum, et à l’intérieur donner la liqueur de Minderer et des boissons chaudes; il faut administrer du camphre ou tout autre stimulant lorsque les forces du malade sont abattues , et des antispasmodiques à l’intérieur et à l’extérieur, lorsque des vomissemens dus à une irritation nerveuse surviennent; enfin, lorsque le gonflement persiste longtemps, et que rien n’annonce sa résolution prochaine, il faut avoir recours à un Uniment fondant et camphré.
131. Lorsque l’inflammation de la parotide est concomitante à une affection spécifique, il faut employer un traitement général qui lui convienne. Le traitement local doit se borner, suivant les circonstances , à des sangsues , des frictions mercurielles, des emplâtres résolutifs, des dérivatifs, etc.
Si cette inflammation est un phénomène critique, il faut mettre le plus grand soin à combattre toutes les causes qui pourraient la reproduire. Si la tumeur qu’elle détermine est enflammée , il suffit de la couvrir d’émolliens; si au contraire elle est indolente et sans vie , des applications irritantes et même de vésicatoires doivent être faites.
132. Lorsque la suppuration se déclare , l’abcès peut s’ouvrir sous l’influence du traitement qui a été prescrit, et alors la guérison est rapide ; ou bien la formation de l’abcès détermine des symptômes très-graves, tels que du délire et des contractions spas. modiques de la mâchoire : dans ces cas il faut, dès qu’on le peut, ouvrir etouvrir largement l’abcès afin de faire cesser la tension de la gaine aponévrolique qui entoure la parotide ; puis, suivant l’état où se trouve l’abcès, il faut avoir recours ou aux émolliens, ou aux irritans. La guérison est ordinairement lente; les cicatrices sont souvent noueuses , et le siège de petites indurations. Lorsqu’il reste une petite ouverture fistuleusepar laquelle s’écoule la salive, il
faut en toucher les bords avec du nitrate d’argent , et exercer une compression méthodique. Enfin , lorsque l’induration s’empare de la glande ou d’une de ses parties , elle doit être traitée d’aprèsles règles générales données plus haut.