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CORPS CARTILAGINEUX DES ARTICULATIONS

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cartilagineux n’est point volumineux , lorsqu'il s’est développé dans un point de l’articulation qui le met à l’abri de tout frottement, et lorsqu’il est suspendu à un pédicule de peu de longueur, il peut demeurer pendant longtemps sans déterminer aucun accident; mais, si le pédicule a une certaine longueur , le corps étranger peut , dans les divers mouvemens de l’articulation, venir se placer entre les extrémités articulaires des os, et il détermine alors des douleurs très-vives , une impossibilité subile de mouvoir le membre , et les accidens persistent jusqu'à ce qu’il ait abandonné l’inlervalle compris entre les surfaces articulaires ; souvent même les moindres mouvemens suffisent pour déterminer ces accidens. Tant que le corps étranger est adhérent à son pédicule, le malade peut toujours indiquer exactement la place qu’il occupe entre les têtes articulaires. Dans l’articulation du genou on les rencontre habituellement sur l’un des côtés. On les sent manifestement à travers les tégumens , on peut même les déplacer. Lorsqu’ils sont libres, ils changent souvent de place; dans les divers mouvemens ils se glissent dans les espaces que les surfaces articulaires laissent successivement libres; le malade peut même, par certaines pressions sur l’articulation , et pac certains mouvemens qu’il connaît bien, les déplacer, et leur faire occuper un point dans lequel ils ne le gênent pas. — Ces accidens surviennent tantôt lentementà la suite d’une violence externe , lorsque la tumeur inflammatoire qu'elle a déterminée dans l’articulation s’est dissipée , et tantôt sans aucune violence antécédente ; il survient, dans l’articulation , avec ou sans tuméfaction , une douleur plus ou moins vive, que l’on regarde ordinairement comme une attaque de rhumatisme. Il n’est pas rare , dans ces cas de corps étrangers , de voir se manifester une douleur vive et permanente accompagnée d’une tumeur inflammatoire de l’articulation , ou un amas considérable de synovie.

Il arrive assez souvent que l’on attribue à une affection arthritique ou rhumatismale les accidens détermines dans une articulation par ces concrétions cartilagineuses. l,e diagnostic différentiel sera basé sur les circonstances sui vantes : les individus affectés de corps étrangers n'ont eu antérieurement aucun symptôme de diathèse rhumatismale. La douleur arrive subitement , et immédiatement après un mouvement de l’articulation ; elle se manifeste le plus souvent après certains mouvemens : une fois qu'elle a cessé, elle ne reparaît que lorsque le malade essaie de changer de position ; elle n’est nullement influencée par les changrmens de température ; lorsque , par déplacement du corps étranger , la douleur a disparu, les mouvemens ne recouvrent pas leur entière liberté, et, lorsque le malade a souvent éprouvé ces douleurs, il peut , par certains mouvemens, les faire subitement disparaître.

2040. Le développement de ces corps étrangers dans les articulations est souvent précédé d’une violence extérieure, mais il n’en est pas toujours ainsi : on est loin d’être d’accord sur leur mode

d’origine. — Quelques pathologistes (Reimarüs , MoNRo)les regardent comme des lambeaux de cartilages qui se sont séparés des surfaces articulaires; Theden (1) croit qu’ils ne sont autre chose que des glandes articulaires altérées à la suite d’une violence; Bichat pense qu'ils sout le résultat de la transformation en cartilage d’une portion de la membrane synoviale ; hunter suppose qu’ils ont leur source dans du sang extravasé qui s’est organisé, et qui a pris la nature oes„ parties avec lesquelles il était en contact; Sander les regarde comme une matière déposée par la synovie. Laenncc (2) a soutenu que ces corps s’étaient formés à la surface externe de la membrane synoviale; que, se portant insensiblement vers la cavité , ils avaient entraîné avec eux la membrane synoviale qui les recouvre, et forme leur pédicule ; que ce pédicule est insensiblement détruit par les tiraillemens auxquels ces corps étrangers sont exposés, et qu’alors ils tombent libres dans la cavité articulaire. Riciîeran» (3) regarde quelques-uns de ces corps étrangers comme des productions organiques développées à la surface interne de la synoviale , et quelques autres comine des concrétions tout-à fait inorganiques. Schreger partage la même opinion , et croit que ceux qui sont inorganiques sont le résultat d’une augmentation de plasticité ; tantôt des corps nouveaux qui se sont séparés de la synovie dans laquelle iis se trouvaient primitivement suspendus; tantôt des incrustations ( delà leur structure lamelleuse ) , et tantôt des portions de cartilages articulaires qui se sont détachées ; enfin il ajoute ceux qui primivement étaient adhérens sur un pédicule, et qui sont devenus libres : la force’ organique a cessé chez eux, leur croissance est arrêtée , et, s’ils augmentent, c’est par. suite de la déposition autour d'eux des parties solides contenues dans la synovie articulaire. Il pense que la formation de ceux qui sont organisés est liée à une diathèse, à une altération survenue à la suite d'une violence qui a déterminé une modificaliondans l’organisme, qu'ils soient produits par une excroissance dans l'appareil glanduleux , ou par une altération des surfaces cartilagineuses normales. Qu’ils soient le résultat d’une déposition de nature tophacée sarcomateuse , cartilagineuse ou infiltrée de tissu osseux , tous ces corps étrangers , qui sont solidement ou faiblement adhérens à leur point d’origine , s’ossifient , et, s’ils se détachent , ils ne sont jamais aussi mobiles que ceux qui n’ont pas été organisés, parce que leur surface est beaucoup plus irrégulière. — Dans les cas de cartilage mobile organisé l’appareil articulaire se trouve toujours dans un état inflammatoire plus ou moins prononcé,’ quelquefois même il est près d’une

(1) Nette Bemerkungen uni! Erfabrungen , part. I, pag. 99.

(2) Dictionnaire des sciences médicales, vol. IV,

pag. 127.

(,3) Nosographie chirurgicale , 6e édit., vol. il, pag. 349.

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