B. POLYPES DU PHARYNX
2104. Les polypes du pharynx peuvent être implantés à la partie postérieure des fosses nasales,
DES POLYPES
et s’étendre vers ta cavité pharyngienne. Ils peuvent être implantés sur la partie postérieure du voile du palais ou sur les parois mêmes du pharynx. — Ces polypes sont le plus souvent durs, charnus; leur pédicule est ordinairement court, mais épais. — Suivant leur volume, ils déterminent de la pression, de l'irritation au pharynx , de la toux, de la gêne dans la respiration et la déglutition. Les frottemens qu’exercent à leur surface le passage des alimens et les mouveraens de déglutition font qu’ils sont le siège d’une inflammation permanente , et même d’ulcérations. Le diagnostic des polypes du pharynx est toujours facile . pour peu qu'ils soient développés,
2105. La structure des polypes du pharynx et la nature des parties avec lesquelles ils sont en rapport rendent l'arrachement impraticable , ou du moins très-dangereux. Ce mode opératoire ne peut être mis en usage que dans les cas , fort rares, où le polype est assujetti par un pédicule faible et étroit. Le traitement le pins convenable est la ligature, qui , dans le plus grand nombre des cas, doit êlre pratiquée d’après le procédé indiqué (§ 2098). Lorsque la position du polype le permet, on peut pratiquer plus facilement la ligature par la bouche , et on se sert alors du procédé de Desault (§ 2099 ).
Divers appareils ont été proposés pour la ligature de ces polypes.
Voyez à ce sujet : *
Dallas , Edinburgli Essays, vol. ni.
B. Bell , Cours de chirurgie trad. par Bosquillon, T. IV, pag. 63.
Koderik, Bibliothèq. chirurg. de Richter , vol. Il, cab. I, fi g. 6.
Braun , Salzb. med. cbirurg. Zeitung, 1811, vol. m, dag. 429, fig. 1,3.
Ce dernier instrument n'est qu’une modification de celui de Koderik.
2106. Les accideus que détermine la ligature des polypes du pharynx sont ordinairement trèsintenses; caria tuméfaction qui s’en empare amène «ne gêne notable dans la respiration et une suffocation imminente. Une forte constriction de la ligature et les scarifications du polype sont les seuls moyens que l’on puisse employer pour calmer ces accideus. S’il survient une hémorrhagie, la ligature doit êlre immédiatement portée à un degré de constriction tel que la circulation soit complètement interrompue. Lorsque le polype commence à se détacher , on le saisit avec une pince, et on en fait la torsion. Cette torsion doit encore êlre pratiquée lorsque la suppuration qui s’empare du polype devient insupportable au malade, ou que les parties voisines sont affectées de son contact.
2107. La torsion des polypes que nous venons d’indiquer ne peut être pratiquée que lorsqu’ils ont leur siège au-dessus de l’étroite cavité de l’œsophage. Si le polype naît de la paroi même de
l’œsophage, les mouvemens de vomiturition peuvent seuls les porter dans la cavité pharyngienne, où ils ne peuveut rester que peu d’instans sans déterminer la suffocation : aussi est-il impossible d’en faire la ligature. Zang propose, dans ces cas, d'avoir recours à la laryngotomie, et de pratiquer la ligature du polype.
Bell conseille, dans les cas de polypes implantés dans l’œsophage , de faire glisser au-dessous d’eux uneanse de fil métallique , àl’aidede laquelle on tâche d’embrasser le pédicule , et, lorsqu'on y est parvenu , de le comprimer à l’aide d’un double cylindre courbe, dans lequel passe chaque bout du fil métallique.