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CAACER DE LA VERGE

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froides. Lorsque la plaie est parfaitement nettoyée, une canule en argent ou un morceau de sonde en gomme élastique est introduite dans le canal de l’urèthre, et les lèvres de la plaie sont, avec des bandelettes de diachylon, réunies dans une direction de liant en bas. On applique au-dessus un plumasseau de charpie, une compresse en croix de Malle, et le tout est assujetti par une bande étroite. La canule, que l’on laisse à demeure dans l’urèthre, doit être assujettie par des lacs passés dans les anneaux.

2232. Lorsque la verge doit être amputée à sa partie moyenne, l’aide et l’opérateur saisissent l’organe eu arrière du mal, et en avant de l’endroit où doit porter la section. La peau ne doit être attirée ni en avant ni eu arrière : le reste de l’opération se lait comme dans le cas précédent.

2233. Pour l’amputation de la verge tout près des pubis Scuueger a proposé de faire l’incision à I aide de petits coups d'e bistouri afin de faciliter la ligature des vaisseaux en empêchant le retrait du moignon de l’organe. Un aide dont la main est placée au périnée appuie fortement le bulbe de l urèlhre contre l’arcade des pubis afin de le faire saillir en avant. L’opérateur saisit le pénis d'.une main, attire en avant la peau, qui est coupée d abord sur le dos de la verge; les artères dorsales soûl liées immédiatement après la seconde incision ; on fait également la ligature des artères caverneuses de la verge, et, lorsque la troisième section est faite, on pratique la ligature des artères caverneuses de l’urelbre. Lorsque tout écoulement de sang est arrêté , on achève la section de l’organe : le pansement ultérieur est le même que dans le cas précédent. Si l’hémorrhagie fournie par le corps spongieux de l’urèthre ne peut être arrêtée par les applications d’eau froide, on couvre la partie de poudres stypliques, et par-dessus un plumasseau de charpie, que l'on assujettit de la manière indiquée plus haut.

Langcnbeck (1) procède de la manière suivante afin de prévenir le retrait du moignon : il incise, en commençant, au dos de la verge, assez profondément dans ies corps caverneux, jusqu'à ce qu’il soit arrivé sur leur ligne blanche, et qu'il aperçoive le septum. Il passe alors une anse de fil dans le moignon, et achève la section. Cette anse sert à maintenir Je moignon, et à le rendre plus saillant. — Pour prévenir le retrait, et rendre plus facile la recherche de l'urèthre, qui quelquefois esi difficile à trouver, Barthélemy (2) conseille d’introduire dans la vessie, avant l’opération, une sonde en gomme élastique, que l’on pousse assez avant pour que son bec are-boute fortement contre la paroi postérieure de la vessie, (.'incision divise tout à la lois le pi fiis et la sonde, liés que la section est achevée, la portion de sonde qui se trouve dans la vessie est repoussée par l'élaslicité des parois de cet organe, et se présente au dehors.

2234. Parmi les accidens qui peuvenfaccompa-

(1) rîeue Bibllotbck fiir die Chirurgie, vol. I cah. ry

(2) Journal universel des sciences médicales, août 1829, p*e« 209.

gner celle opération il en est un surtout qui méiite notre attention, c’est l'hémorrhagie consécutive. Si elle est fournie par quelques vaisseaux qui n'auraient pas élé liés pendant l’opération, il faut en pratiquer la ligature. Si elle provient des corps spongieux, ou cherche à l’arrêter par l’eau froide, les poudres stypliques, la compression, et, si la longueur du membre le permet, par la compression, que l’on exerce à l’aide de la canule d'uno pari, et d’un bandage de l’autre. Si ces moyens sout infructueux, on a recours au cautère actuel. — Une violente inflammation, l'ischurie spasmodique, qui peuvent survenir, sont combattues d’après les préceptes' déjà donnés. On ne retire la sonde introduite dans le canal qu’à l’époque où la cicatrisation est complète; car, sans elle, l’ouverture de l’urèlhre se rétrécirait considérablement. Quelquefois il est indispensable, comme je l’ai vu une fois, d’introduire des bougies afin de prévenir ce rétrécissement. D’autre part on a vu des cas dans lesquels aucune canule n’avait élé inlroduile, et pù cependant il n’est survenu aucun rétrécissement. Il n’est pas rare de voir survenir, après une opération de ce genre qui a complètement réussi, une mélancolie et des accidens graves attachés à cette dernière, chez des personnes déjà âgées, et incapables de remplir aucune des fonctions propres aux organes génitaux : ces accidens de mélancolie ont quelquefois été incurables. [J’ai vu un jeune homme mourir de chagrin à la suile de l’ablation de la verge qui avait parfaitement réussi.]

2235. pour pratiquer l'ablation du pénis par la ligature on introduit par l’urèlhre, dans la vessie, une sonde en argent; un cordonnet de soie bieu ciré est passé autour de la vcige, au-dessus des parties malades; on fait un nœud simple, que l’on serre soit avec serre-nœud, soit a\ cc un instrument ad hoc. Celte ligature doit être serrée avec assez de force pour que, de prime abord , toutes les parties situées au-dessous d'elle perdent toute sensibilité. L’instrument est assujetti avec un emplâtre de diachylon, et la partie malade recouverte de charpie et de compresses. Deux ou trois jours après, on peut ordinairement retrancher, avec des ciseaux ou le bistouri , saus douleur et sans hémorrhagie , la majeure partie de la portioudela verge frappée de mort. Vers ie quatrième ou cinquième jour ia ligature tombe ; le cathéter est retiré , et on place dans le canal de l'urèthre une canule en argent ou en or, et la surface de la plaie est pansée simplement jusqu’à cicalrisation complète.

Spcier , Diss. de castralionc, lier!,, 1820-

Michael is , Journal de Graefe et fVallher, vol. IV, cah. II, pag. 33 I .

B/oeiner, Jlème journal, vol. V, cali. II, pag. 360.

Michae/iSj Siéme journal, vol. XIII, pag. 210.

2236. L’ablation par incision est préférée à celle par la ligature par la majeure partie des praliciens ; cependant il faut convenir que les inconvéniens reprochés ordinaire ment à la ligature, tels qu’une duu-

CANCER. Bü TESTICULE.

leur vive et permanente, de la fièvre , des convulsions, etc., une réaction sur toute l'économie, sont suffisamment réfutés par le procédé de Graeff. — L’avantage le plus grand de la ligature est de mettre sûrement à l’abri de l’hémorrhagie, qui peut être l ré- abondante , soit immédiatement après l’opération, soit quelque temps après ; et cet avantage est important , bien que l’on puisse , dans le plus grand nombre des ras, s’en rendre maître lorsqu’elle survient après l’opération par incision.

2237. Bien que, dans quelques cas , la tumeur carcinomateuse ait doublé le volume de la verge, le mal n’atteint pas toute l’épaisseur de l’organe, et se borne aux corp‘ caverneux D’après Lisfranc, il faut, au dos de la verge, sur la partie dégénérée, faire une incision d’avant en arrière , qui divise la partie malade, absterger complélement la plaie, et aller ainsi d’incision en incision sur l’enveloppe fibreuse des corps cavei neux. Si on la trouve saine, on dissèque avec précaution la partie malade , et on ne procède à l'amputation que lorsque le mal s'étend profondément. Ce procédé est appuyé par quelques observations qui lui sont favorables.

Margot, Revue médicale, dOcnnb. 1826, pag. 337.

F, CANCER DU TESTICULE

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2238. Les divers engorgemens chroniques auxquels le testicule est sujet, et qui convertissent son parenchyme en une masse compacte et pins volumineuse qu’à l’état normal sont compris sous la dénomination générale d a sareocele ( sareocele , hernia carnosa). Ainsi on comprend sous le même nom les indurations, les engorgemens scrofuleux et syphilitiques, le squirrhe , la dégénérescence sarcomateuse, la tuméfaction variqueuse et le fongus médullaire. — Quelques auteur» désignent sous lu

nom de sareocele uniquement la dégénérescence cancéreuse du lestieu I e ; d'autres réservenlce mémo nom à une variété de l’éléphantiasis dans la peau du scrotum recouvre une tumeur charnue, qui paraît pédiculée et complètement indépendante du testicule. — Il nous paraît plus convenable de réserver celle dénomination à la dégénérescence squirrheuse et carcinomateuse.

2239. Le squirrhe du testicule tantôt est précédé d’une inflammation ou d'une violence extérieure, et tantôt il se développe sans cause connue. Quelquefois son développement est précédé de douleurs vives dans le trajet du cordon des vaisseaux. — Le testicule se tuméfie, devient dur, et peut rester pendant longtemps dans cet état sans déterminer aucune gène. Plus tard, à la suite d’une irritation accidentelle, ou même spontanément, la tumeur devient plus considérable, plus dure, inégale à sa surface, et bosselée. Les douleurs lancinantes s'établissent dansde trajet du cordon des vaisseaux. L’élal squirrheux envahit le cordon, qui devient plus dur et comme noueux. Les glandes voisines s’engorgent ; le scrotum contracte des adhérences avec la tumeur, s’amincit, s’enflamme, s’ouvre, et devient le siège d'un ulcère à bords durs et renversés, qui fournit un pus ichoreux, trèsfétide, se couvre d’excroissances fongueuses , et les douleurs s'étendent à la région lombaire, et deviennent vives sur le trajet du cordon. Pendant que la tumeur est le siège de ces accidens l’état généra! s’allére profondément, et les phénomènes généraux du cancer se manifestent. L’intérieur d'un testicule pris de celte dégénérescence présente une masse dure, lardacée, de couleur grisâtre ou brunâtre, contenant quelquefois des cellules isolées qui renferment un liquide sanieux.

2240. Dans la dégénérescence sarcomateuse du testicule son parenchyme subit les modifications que nous avons indiquées (§ 2045). Une lymphe coaguîablcetabondantesedeposedansson parenchyme ; les artères spermaliques et les vaisseaux qui se rendent aux enveloppes du testicule sont quelquefois nombreux et considérablement augmentés. Dans le sarcôme le testiculeconseï ve souvent pendant longtemps sa forme naturelle: la tumeur est ovale, et aplatie d’un côté à l’aulix; sa grande extrémité est dirigée en haut et eu avant, et sou extrémité la plus renflée regarde en bas et en arrière. Sa pesanteur spécifique est toujours plus considérable; ordinairement tous les accidens qu elle détermine se bornent au tiraillement du cordon lorsqu’elle n’est point soutenue par un suspensoir. Elle est indolore ; les parties qui la recouvrent n’ont point changé de nature, et, si elles sont altérées, ce n’est que par suite d’un développement considérable de la tumeur. Le cordon peut s'engorger, mais il ne devient ni noueux ni bosselé. Abandonnée à elle-même, ou trailée par des irritans, la tumeur sarcomateuse du testicule peut dégénérer en cancer.

2241. Dans le squirrhe du testicule, comme dan* son sarcome , la cavité do la tunique vaginale d«-

CANCER DU TESTICULE

vient le siège d’une sécrétion anormale de sérosité ( hydrosarcocèle ) qui doit être regardée comme ayant sa cause dans la désorganisation du testicule. Ou sent alors une tuméfaction rénileiite, régulière, quelquefois une véritable fluctuation. [Le doigt qui la comprime écarte le liquide, et rencontre bientôt le testicule ; assez souvent une partie de la tumeur offre une transparence marquée] ; dans d’autres cas la surface du testicule contracte des adhérencesavec la tunique vaginale, et il est impossible de reconnaître les limites qui séparent le testicule de ses enveloppes.

2242. Il est souvent très-difficile de distinguer la dégénérescence squirrheuse et sarcomateuse du testicule des auties tumeurs qui se développent dans son parenchyme ou dans son voisinage. L’examen très-attentif et les antécédens peuvent à peine suffire pour établir le diagnostic. Ces tumeurs sont ;

1° Un épaississement du tissu cellulaire desbourses ; 2° l’hjdrocèle ; 3Ü une tumeur hydatique ou enkystée du testicule; 4° une induration de la tunique albuginée ; 5° le fougus de la tunique albuginée ou du testicule; 6° l'induration du testicule suite d'une inflammation aiguë ; 7° l'engorgement scrofuleux et sy philitique du testicule ; 8° sou fongus médullaire.

2243. U épaississement du tissu cellulaire des bourses résu Mal d'une infiltration graisse use, séreuse ou sanguinolente, forme une tumeur pédiculé.e, à base laige, qui souventeslsi considérable qu’elle entoure la totalité de la verge. L’ouverture du prépui e représente aloi s l’aspect de la cicatrice ombilicale, et elle est située à la partie antérieure de la tumeur. Le malade ne peut point marcher. Son poids dépasse souvent cent livres; à l’extérieur la tumeur présente des bosselures de grosseur variable, divisées par des excavations qui correspondent aux cryptes muqueux, aux bulbes des poils. Sur une grande partie de la surface de la tumeur, lorsqu'elle est ancienne, on rencontre des croules jaunâtres, ou des espèces d'eschares, qui, à leur chute, mettent à nu des ulcères sécrétant un liquide ichoreux. La tumeur esliudolore, elle peut même supporter une pression considérable dans différons sens ; dans certains points elle est dure, dans d’autres plus molle; elle n'incommode le malade que par son poids. Le plus souvent le testicule et le cordon sont parfaitement sains; seulement les vaisseaux spermatiques sont notablement allongés. Cette affection est particulière aux pays chauds. Cependant on l’a aussi observée en France, en Angleterre et en Allemagne. D’après Labkey, qui a souvent observé celte affection en Égypte, les manœuvriers qui ont une profession sédentaire y sont plus exposés. La cause peut eu être cherehec dans l’affection syphilitique, ou dans toute autre altération des liquides. Souvent les personnes prises de cette affection sont également prises u’éléphar.tiasis, dont cette aifecliou n’est peut-être qu’une modification. Lorsque le mal n'a pas encore atteint un haut degré (Je déve oppemeut, on doit chercher

à en opérer la résolution par les préparations antimoniales , mercurielles et diaphoniques, que l’on alterne avec l'administration des acides minéraux pris dans des boissons mucilagineuses. A l'extérieur on recommande les lotions d'acide sulfurique étendu, de solution de sublimé et d’ammoniaque. Si, malgré ces moyens, la tumeur fait des progrès, il faut pratiquer l’opération. On fait, au niveau de l’ouverture du prépuce, deux incisions qui s’écartent l'une de l’autre àmesurequ'elles sont dirigées plus en arriè’re, et qui se réunissent de chaque côté de la tumeur au-dessous du testicule. — - C’est dans celte direction que l'on divise toutes les parties situées entre les corps caverneux d’une part, et le testicule d’une autre. Il faut, pendant ce temps de l'opération, bien éviter d atteindre le testicule, le cordon des vaisseaux et les corps caverneux ; toute la partie située au-dessous des deux incisions est enlevée. Cela fait, on enlève avec soin toutes les portions qui restent de la niasse sarcomateuse. Les vaisseaux qui fournissent du sang sont liés au fur et à mesure qu’on les divise, les lèvres de la plaie sont rapprochées par des bandelettes de diachylon, et on fait un pansement simple.

Ephemerides nat. curinsarum, 1692

Morgtigni, Epi-aol. anaomica 43, art. 42.

Lunes, Mémoires de chirurgie militaire, vol. II, p. 1 10.

Ri.. lie rau dt Nosographie chirurgicale, vol. IV, pag. 432.

l 'illej-, Medico-chu urg. Transactions, vol. VI, pag. 71.

Fi oriep's cbirurgische kupfcrtafein, planche CXXVI

Clôt, Histoire d une tumeur éléphaiitiaijue du scrolum. Marseille, 1830.

2244. Une hydrocèle simple ne peut être confondue avec le sarcocèle : à son début seulement, lorsque la collection de liquides est encore trèsfaible, les douleurs de la tunique vaginale déterminées par une forte distension, et la dureté particulière dont elle est le siège, peuvent induire en erreur. Mais, lorsque la tunique vaginale est considérablement épaissie , qu'elle est cartilagineuse , le chirurgien peut facilement s'en laisser imposer, et prendre l’affection pour une hydrosarcocèle. Cependant, dans le plus grand nombre des cas d'hydrosarcocèle, la partie postérieure delà tumeur est plus dure et bosselée, et ordinairement le cordon des vaisseaux est tuméfié et inégal. Il y a en même temps des douleurs lancinantes. Dans les cas douteux une ponction exploratrice éclaire le praticien,

2245. La tumeur enkystée du testicule commence par un épaississement de l’épididyme ; cependant en généra! le chirurgien n’est appelé à examiner la tumeur que lorsque déjà elle a envahi le testicule, et qu’elle a Sait certains progrès. Pendant que ia tumeur croît le testicule conserve sa forme normale ; il est arrondi en avant, aplati d'un côté à l’autre, et n’est point aussi pyriforme que dans l’hydrocèle. Entre le testicule et l'épididyme on sent assez souvent, mais pas toujours, le signe de

CANCER DU TESTICULE

démarcation naturelle. La tumeur est insensible, pourvu qu'on ne la soumette pas à une pression trop forle. Lorsque la pression est considérable, le malade éprouve la même sensation que si on lui comprimait le testicule. La tumeur cède à la pression mais ne présente pas une véritable fluctuation. Lorsqu’on la déprime en un point avec les doigts, elle ne s'élève pas dans un autre point ; elle offre partout la même dépi essibilité. La pesanteur et le volume du testicule déterminent des douleurs dans les lombesetun malaise général: cependant l’affection reste lout-à-fail locale. Si, après l’ablation, on examine un testicule ainsi altéré, on trouve que la tuniquevaginale est ép. issie, eu partie adhéieute, et que la tunique albuginée est épaissie et plus résistante. Le testicule est formé, en partie, déportions solides, et, en partie, de kystes, dont la grosseur varie depuis le volume d’une tête d’épingle jusqu'à celui d’une balle de fusil. Les petits kystes, dont les parois sont très-vasculaires , contiennent un liquide séreux, claire ou jaunâtre ; les plus volumineux, dont les parois sont plus épaisses, contiennent une matière muqueuse. — A. Cooper (page 63) pense que les kystes sont formés par des canaux sécréteurs oblitérés , et dans lesquels s’épanche un liquide morbide. Nous ne savons absolument rien sur les causes occasionnelles de ces affections; seulement assez souvent les malades se plaignent d’avoir éprouvé un refroidissement ou d'avoir reçu un coup. Celte affection peutèlre facilement confondue avec une hydrocèle: cependant la tumeur cystique ést plus compressible, moins fluctuante, plus lourde, conserve la forme du testicule ; seulement elle est un peu plus pyr. forme; la lumière qu'on lui oppose ne fait découvrir aucune transpai once ; une forle compression détermine des douleurs dans le testicule: dans l'hydrocèle le testicule est ordinairement situé à la partie inférieure et postérieure, bien que, dans quelques cas, on ne puisse le sentir. — L’extirpatiun du testicule est le seul traitement qu’on puisse opposer au mal ; elle n’est point suivie de récidives, à moins que celle affection cystique ne soit compliquée de l’ongus médullaire, ce dont on ne peut s’assurer qu’après l’extirpation, et celle circonstance rend le pronoslictonjours plus grave. — l)e véritables hydalides peuvent se développer dansle testicule,

2246. Une induration de la tunique albuginée du testicule piéscuie une tumeur inégale , cartilagineuse , quelquefois osseuse ; mais le testicule conserve sa structure naturelle. Dans ces cas lu tumeur est indolore; elle fait des progrès extrêmement lents, et détermine ordinairement une accumulation de sérosité dans la cavité de la tunique vaginale. Celte affection n'a aucun rapport avec le cancer du testicule, et ne réclame jamais l’extirpation. Le squirrhe peut quelquefois débuter par ia tunique ai bug niée , qui contracte des adhérences avec la tunique vaginale, et ordinairement le squirrhe envahit l’épididyme; mais le testicule, qui quelquefois est eutouré d’uu peu de sérosité,

ne subit jamais que très peu ou point d'ailératiou. Quelques faits paraissent démontrer que la récidive est peu à craindre à la suite de l'extirpation pratiquée pour celte affection.

Voyez : liictionn. des sciences médicales, vol. L,

2247. Le fongus du testicule ou de la tunique albuginée constitue une maladie particulière qu’il est facile de confondre avec le sarcocèle ; elle se manifeste ordinairement à la suite d’uue violence externe ou d'une blennorrhagie , sous la forme d'une tuméfaction du testicule dure et souvent très-considérable. Au milieu des douleurs très-vives il se forme un petit abcès, qui perce, et, à travers l'ouverture , se présente une fongosité qui se développe de jour en jour: dans celte affection, après que les accidens inflammatoires du testicule sout passés , et lorsque cet organe n'est pas trèsvolumineux, et qu’il n’est pas induré , le traitement qui convient le mieux consiste à enlever le fongus, et avec lui la partie dégénérée du testicule, en respectant la partie qui est saine. Celle destruction se fait avec le bistouri ; on peut cependant, dans quelques cas, employer la ligature ou la pierre infernale. Lorsque le testicule est altéré daus toute son étendue , on doit l’enlever en totalité: l’induration et la tuméfaction simple du testicule disparaissent souvent à la suite de l’extirpation du fongus, pourvu qu’elles soient soumises à un traitement convenable.

Lawrence , EJmb. medical and surgicai Journal, vol. IV, pas. 257.

Dictionnaire des sciences médicales, vol. L, pag. 16.

2248. U induration du testicule qui succède à une inflammation aiguë présente une tumeur dure, ordinairement égale à sa surface, mais quelquefois bosselée; elle est plus ou moins douloureuse an toucher, mais ne détermine jamais de douleurs lancinantes ; de fréquentes applications de sangsues, des cataplasmes émolliens, des frictions mercurielles et le repos continu suffisent ordinairement pour en opérer la résolution. — Les engorgemens scrofuleux du testicule sont moins durs et moins douloureux que le squirrhe ; le testicule est converti en une masse coagulée, d’un blanc jaunâtre, et ressemble aux engorgemens ganglionaires scrofuleux ; le cordon des vaisseaux est le plus souvent à l’état normal : cependant la tumeur détermine quelquefois une ulcération qui donne lieu à des fongosités douloureuses et saignant avec facilité; le cordon des vaisseaux se tuméfie alors, et la dégénérescence cancéreuse s’empare quelquefois de ces parties. Dans la majeure partielles cas ces engorgemens cèdent à un traitement général 1 ien dirigé , et à des applications locales de résolutifs. — Les engorgemens syphilitiques du testicule e! du cordon qui sont le résultat d’une syphilis constitutionnelle se développent lentement avec

CANCER DU TESTICULE

on «ans cause occasionnelle , et débutent ordinairement par l’épididyme. La résolution s’opéra habituellement par un traitement mercuriel méthodique'.

2249. Le fongus médullaire du testicule se distingue du sarcocèle par l'accroissement rapide delà tumeur, qui ne tarde pas à prendre un développement considérable par l’absence de toute dureié et toute inégalité ; par une douleur à peine sensible ; par un sentiment trompeur de fluctuation , et par la propagation du mal au cordon jusque dans la cavité abdominale. ( V. §2059.)

2250. La majeure partie des maladies que nous venons d’examiner sont différentes du sarcocèle; elles peuvent cependant , lorsqu’elles sont abandonnées â elles-mêmes, ou maltraitées, subir la dégénérescence cancéreuse : aussi est-il indiqué, lorsqu’un traitement convenable a été employé inutilement pendant un certain temps, d’avoir recours à l’extirpation du testicule, parce qu’alors on doit craindre la dégénérescence. L’ablation de l’organe est le seul moyen que l’on puisse opposer au squirrhc du testicule. La dégénérescence sarcomateuse peut céder peut-être â des émissions sanguines locales souvent répétées, aux applications résolutives, et aux moyens internes qui peuvent exciter la résorption, et diminuer la force formatrice anormale. On peut par conséquent, dans ces cas , espérer la diminution et même la disparition complète de la tumeur.

2251. L 'extirpation du testicule , désignée sous le nom de castration lorsqu’elle se pratique sur les deux testicules , est toujours une opération trèsdouloureuse pour le malade , et d'un résultat au moins très-douteux lorsqu’elle se fait pour un cas de cancer ; car alorsla récidive est fortâ craindre. Les chances d’un succès complet sont beaucoup plus grandes lorsque l’affection est due à une cause externe, qu’elle n’est entretenue par aucune diathèse , et que l’on a bien enlevé toutes les parties dégénérées. Les contre-indications à l’opération sont : la persistance de l’affection générale qui entretient le mal local ; l’engorgementdesganglions voisins; l’affection concomitante du cordon des vaisseaux lorsque l’excision ne peutèlre pratiquée sur des parties saines. Dans ces cas l’on rencontre un sentiment très-vif de tiraillement, qui s’étend jusque dans la région lombaiie. La tuméfaction du cordon est dure, bosselée, ei est le siège de douleurs lancinantes; il ne faut pas confondre avec la dégénérescence squirrheuse du cordon (laquelle peut, dans quelques cas très-rares, précéder l’engorgement du testicule) l’engorgement purement sympathique de ce cordon : celte dernière est régulière , ne présente aucune bosselure , diminue en se rapprochant de l’anneau inguinal , et les douleurs disparaissent lorsqu’on soutient le testicule avec un suspensoir. La tuméfaction du cordon peut aussi être le résultat d'une infiltration séreuse de la tunique vaginale. Lorsque avec le sarcocèle existent des engorgemens dans l’abdomen, que Ion peut souvent reconnaître pari®

palper, et que d’autres fois on peut présumer par le développement des accidens propres à la diathèse cancéreuse, l’opération ne peut que hâter la mort du malade.

Le développement de tumeurs nombreuses dans la cavité abdominale a lieu ordinairement (1) dans le fongus médullaire du testicule: cependant j’ai eu occasion de l’observer dans un cas de cancer bien évident.

Il n'est pas rare de voir des engorgemens très-durs et très-anciens d’un testicule qui ont résisté aux applications de sangsues et aux résolutifs’, disparaître subitement, et se porter au testicule du côté opposé, pour rester là pendant un certain temps, disparaître de nouveau pour se porter sur l'autre testicule ; quelquefois, â la suite de l’extirpation d’un testicule, celui du côté opposé devient dur, douloureux, et présente les mêmes caracières qu’offre celui qui a été enlevé. Celte affeçtion est de nature syphilitique. J’en al observé plusieurs cas dans le service de Dupuylren , qui les combattait avec efficacité par un traitement mercuriel bien dirigé. — Les divers engorgemens du testicule affectent si souvent les caractères cancéreux que Dupuylren a établi en précepte de ne jamais pratiquer l’ablation de l’organe avant d’avoir soumis le malade pendant trenlé jours au traitement mercuriel. Si, au bout de ce temps, la tumeur n’a pas été modifiée, on doit en faire l'ablation.

( Noie du traducteur.)

2252. Pour rendre inutile 1’exlirpalion du testicule dans le sarcocele Walther (2) a proposé de pratiquer la ligature de l’artère spermalique, et Maonoir (3) en a obtenu de bons résultats ; mais cette opération ne peut convenir que dans les tumeurs du testicule déterminées par un épanchement de lymphe plastique dans le parenchyme de cet organe, dans les cas de développement anormal des vaisseaux et dans la dégénérescence sarcomateuse ; mai-, elle ne saurait trouver son application dans les affections véritablement squirrheuses.

I.e procédé de Wcinhold (4), qui consiste â foire la section du cordon des vaisseaux cri laissant en place le 1 est i cuir, qui finit par s’atrophier, a quelques rapports avec la précédent.

2253. La ligature de l'artère spermatique dans les cas de tumeur sarcomateuse du testicule ne présente aucune difficulté : on fait, au niveau do l’anneau inguinal externe, et dans la direction du cordon, uneincision d’un pouce et demi; on met le cordon à nu , ce qui permet de sentir les ballemens de l’artère , dont le volume est notablement augmenté. On isole ce vaisseau, aussi haut que possible, â l’aide du bistouri, que l’on conduit

(1) Rust, tlorn’s Archiv., 1815.

G ed, Nouveau Chiron de Tertor, vol. I, cah. Il, pag. 273.

(2) Neue Ilcilart des Itropfs, etc. Sulzbacb, 1817, p. 40.

(3) Ailgemeine medicinische Annale, 1821, cah, n, iév., pag. 269.

(4) Ilufeland't Journal, 1812, vol. VII t , cab. IY.

CANCER DU TESTICULE

avec prudence à travers le tissu cellulaire qui unit les différentes parties du cordon. On entoure l'artère avec une simple ligature portée à l’aide de l’aiguille de Deschamps, en ayant soin de ne pas comprendre avec elle le vaisseau déférent, le nerf, ni aucune veine. Les lèvres de la plaie sont ensuite rapprochées avec des bandelettes de diachylon.

2254. L’extirpation du testicule se pratique de la manière suivante : après avoir rasé le scrotum et les euvirons du canal inguinal, le malade est couché horizontalement sur une table ; l’opérateur placé au côté droit saisit la peau au niveau du cordon , la soulève eu un pli dont un aide soutient une des extrémités, et dont l’autre est maintenue par lui à l’aide du pouce et de l’indicateur de la main gauche. Ce pli est divisé parallèlement au cordon. L'incision est agrandie avec la sonde cannelée, en haut jusqu’au niveau de l’anneau inguinal , en bas jusqu’à la parlie la plus déclive du scrotum. Le tissu cellulaire qui environne le cordon est divisé, à l'aide d’incisions longitudinales, jusqu’à ce que le cordou lui-même puisse être soulevé isolément de manière à tendre le tissu cellulaire adhérent à sa face postérieure. — Celte lamelle de tissu cellulaire est divisée par une ponction avec le bistouri conduitàplat aûn que le chirurgien puisse passer son doigt au-dessous du cordon. Cela fait, le cordon est complètement isolé, jusqu’à l’anneau inguinal , du tissu cellulaire qui l’environne. Le testicule est soulevé afin de diminuer la tension du cordon: pendant ce temps un aide s’en empare au-dessus de l’endroit où il doit être divisé. L’opérateur passe son bistouri sous lecordon, au-dessous de l’endroit fixé par l’aide, et en opère la section d'un -seul coup. L’artère spermatique est saisie avec une pince ou un ténaculum, isolée et liée. Le testicule est alors énucîéé du scrotum : il faut avoir soin, pendant ce temps de l'opération, d’éviter lecanal de l’urèthre, et de ménager, autant que possible, la cloison scrotale. Tous les vaisseaux qui fournissent du sang doivent être liés au fur et à mesure qu’ils sont divisés.

Lorsque la peau du scrotum est dégénérée ou intimement adhérente à la tumeur, on la circonscrit par deux incisions semi-lunaires, ou, après avoir divise le cordon, et pratiqué la ligature de l’arlôre spermatique, nn saisit de la main gauche la tumeur et la peau qui l’environne, et on les enlève avec le bistouri. Il faut éviter la lésion du sept uni. Tout autre moyen que la ligature pour arrêter l’hémorrhagie doit être rejeté.

Si lecordon des vaisseaux s’échappait de la main île l’aide qui le tient, et qu’il rentrât dans l’abdomen avant que la ligature eût été pratiquée, il faudrait tâcher de le saisir avec une pince pour l’amener au dehors, et, si on ne pouvait y parvenir, on diviserait la paroi externe du canal inguinal.

Aumont{\') Tait l’incision de la peau A la partie postérieure du scrotum, que l'on attire en haut en le portant sur le côté

(1 ) Bulletin de la Société d’émulation de Taris, avril 1822.

Journal de Graefe et Wa'thrr, vol. Iv , cah. Il, p»g. 3-50.

opposé. Cette incision s’étend de l’extrémité de la tumeur vers le canal inguinal. Le testicule, qui devient apparent entre les lèvres de la plaie, est disséqué, et le cordon de» vaisseaux mis A nu jusqu’à son passage dans l’anneau Inguinal, — Un aille saisit alors le testicule ; le cordon est saisi par l’opérateur avec une pince; il est divisé, et l’artère liée; les avantages de ce procédé seraient : une incision plus petite pratiquée sur la partie postérieure du scrotum, qui est moins sensiule que l’antérieure ; une facilité plus grande pour l'isolement du cordon jusqu’à l’anneau inguinal, pour sa division et la ligature des vaisseaux ; un danger moins grand d’hémorrhagies consécutives; l’écoulement plus facile du pus; enfin une réunion plus exacte des.ièvres de la plaie.

2255. Lorsque le cordon est dégénéré jusque près de l’anneau inguinal de manière à ce qu’un aide ne puisse le saisir dans sa partie saine , on l'isole , et on passe autour de lui une ligature que l’on serre sur un morceau de bois. De celle manière le cordon est maintenu fixe jusqu’à ce que l’artère soit isolée et liée. Cela fait, on enlève la première ligature en la coupant sur le morceau de bois. C’est encore dans ces cas , mais dans ces cas seulement , que l’on peut pratiquer la ligature en masse du cordon , que quelques praticiens ont conseillé de faire dans tous les cas. Lorsqu’on emploie ce procédé , la ligature doit être serrée aussi fortement que possible, car c’est le seul moyen de prévenir les accidens violées que déterminerait la ligature incomplète du nerf. Enfin, si la dégénérescence du cordon s’étend jusque dans le canal inguinal , il faut ouvrir ce canal afin de faire porter la section sur 'une parlie saine.

2256. L’extirpation terminée , on nelloie la plaie, et ou ramène dans sa position normale l’extrémité du cordon, et les ligatures sont fixées par un morceau de diachylon. Deux ou trois points de suture et des bandelettes de diachylon servent à réunir les lèvres de la plaie, qui est recouverte de charpie molle et d’une compresse; le tout est maintenu par un bandage en T. Pendant les douze jours qui suivent l’opération, le malade pourra rester dans la position horizontale. Le traitement ultérieur est subordonné à l’intensité des accidens inflammatoires ou nerveux qui surviennent. Quant au pansement, il se fait suivant les règles générales.

2257. Un accident assez fréquent après l’opération est l’hémorrhagie, qui. lorsqu’elle est négligée, détermine une infiltration considérable, et une distension énorme du ti«su cellulaire très-lâche du scrotum. Il faut alors lever l’appareil, rechercher le.s vaisseaux qui fournissent du sang, et en faire la ligature. Mais? si l’hémorrhagie provient d’un suintement à la surface de toute la plaie, ce qui quelquefois peut avoir lieu pendant l'opération même, il faut chercher à l’arrêter par l’application d’eau froide ou d’autres stvptiques, combinée avec une compression convenable. Si, malgré cela, l’hémorrhagie continue, on fait l’extirpation de la surface saignante, ou on fait des ligatures partielles ; dans un cas j’ai été obligé de piquer avec des épingles le bord entier de la plaie afin de

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