RESTAURATION ORGANIQUE DES PARTIES PERDUES
spéciales aux cas pour lesquels on opérait. C'est ainsi que, pour faciliter ou rendre possible l'abaissement de l’utérus, Siebold a été obligé d’inciser le vagin sur les deux cotés, et Lizars a cru devoir, pour ia même circonstance , inciser la cloison recto-vaginale ; mais, indépendamment de ces différeneesaccidrfhtelles, il est évident que le plan de l’opérai ion n’a pas été le même pour tous les opérateurs, l.a plupart ont cherché à saisir le col de l'utérus afin d'abaisser préalablement cet organe , et , après avoir incisé le vagin, soit en avant, soit en arrière, soit circulairement , ils ont voulu en faciliter la séparation complète en le renversant soit en avant . soit en arrière. Ces différences sont telles, et les cas qui se sont présentés sont tellement variés, qu’il est difficile de se prononcer pour tel procédé plutôt que pour tel autre; et si nous examinons les accidcns dépendons de l’opération, et auxquels la. mort a succédé, tels que la sortie des intestins A travers la partie supérieure du vagin , l’ouverture du bas-fond de la vessie, les douleurs violentes et prolongées, l’hémorrhagie, la péritonite, l’inflammation du tissu cellulaire du bassin (I) ; si, d’un autre coté, nous nous rappelons que , dans deux des observations signalées plus haut , le mal était étendu aux trompes et aux ovaires, nous devrons nécessairement conclure qu’un praticien sage devra rigoureusement s'abstenir de pratiquer cette opération, Nous savons très-bien que les malades pour lesquelles on pourrait la faire sont nécessairement vouces a la mort; mais nous savons aussi que , en abandonnant la maladie â elle-même, la mort n’arrive qu’après un temps plus ou moins long, tandis que nous sommes persil idé qu’elle surviendra quelques jours ou même quelques heures après l’opération. Nous partageons complètement aussi l’opinion de Delpech quand il prétend quel’extirpation partielle de l’utérus est insuffisante contre le cancer de cet organe. Mais , loin d’admettre avec lui qu'on doive procéder â son ablation totale , nous pensons que l’on ne doit y toucher sous aucune espèce de rapport. Les accidens innnCdials que nous avons vus dans les hôpitaux à la suite de cette opération, les récidives fréquentes et presque constante , que nous avonsobservées,tes autopsies que nous avons faites, à la Salpétrière, de personnes annoncées guéries par les journaux , ou présentées comme telles aux académies, nous confirment pleinement dans cette opinion. Et l’excision partielle ellemême est-elle une chose exempte de dangers ? Ou bien on la pratique pour des cas d'induration chronique, et alors elle est facile , mais elic est inutile ; ou bien on la pratique pour de véritables cancers , et alors elle est difficile. Le tissu malade se déchire sous l’effort des instrumeiis , et il est souvent impossible d’atteindre les limites du mal , qui se développe avec une énergie nouvelle sous l’influence de l’inflammation déterminée par l’opération elle-même. La totalité du mal est-elle enlevée, la récidive est presque certaine, et elle marchera plus rapidement que ne le faisait le cancer primitif. Aussi pensons-nous que le cancer de l’utérus ne doit jamais être attaqué par l’instrument tranchant : c’est du reste l’opinion que Dupuylren avait adoptée à la fin de sa carrière , puisqu’il se refusait constamment à pratiquer cette opération , bien qu’une douzaine de cas se fussent, à notre connaissance, présentés à lui dans les dernières années de sa vie. {Noie du traducteur .)
(1) Sabatier, Publié par Sanson et Bégin, voi. 111,