RESTAURATION ORGANIQUE
parties sur lesquelles on le greffe ; 3° le lambeau que l’on transplante est, de prime abord, complètement séparé , puis appliqué sur la partie que l'on veut restaurer.
Le procédé le plus ancien pour combler les divisions anciennes du nez et dos autres parties de la face , cl qui consiste à raviver les bords de la solulion de continuité, et a les rapprocher, ou à solliciter la formation d’un tissu nouveau par des granulations, ne doit pas çtre compté parmi les moyens de la chirurgie auloplastique. Us sont du domaine des opérations que nous avons indiquées en parlant des solutions de continuité anciennes (S 660 etsuivans).
Voyez à ce sujet :
ftust, Kagazin für die gesammte Hellkunde , vol. Il, cah. III.
Watimann , Beobachtungen und abhandtungen , etc, , vol. VI, pag. 433.
Diefft-nbach, Loco citato, part. I.
Michaelis , Journal de Graefe et Walther , vol. XII , pag. 291.
Ainwon, Zur Horiopiastik, Magazin de Rujf,ïv. XSX1I, pag. 162.
2287. L’origine de l’autoplaslie appliquée à la restauration du nez ( rhinoplastie ) se perd dans les premiers temps de l'histoire des Indiens, et elle parait avoir élé conservée de siècle en siècle dans certaines castes. La méthode indienne offre cela de particulier que la restauration du nez se fait à l’aide d'un lambeau de peau emprunté au front. — Au milieu du xve siècle|nous retrouvons, en Sicile, dans la famille Branca , l’art de restaurer les nez perdus. De cette famille cet art passa en Calabre dans celles des Bojanis. Mais à la fin du xvie siècle, il s’était complètement perdu. Peu de temps après il fut retrouvé par Gaspard Tagliacozzi, qui le remit en très-grand honneur. Nous ne savons si celte opération a pris réellement son origine en Italie, ou si elle y a été transportée de l’Inde. — La méthode italienne, ou méthode Tagliacozzi, est caractérisée par la dissection faite, à la peau du bras, d’un lambeau réparateur, qui est soumis à un traitement préparatoire avant d’èlre uni aux parties qu’il doit restaurer. A la mort de Tagliacozzi celte opération fut généralement repoussée : la plupart des praticiens la regardaient comme impraticable et fabuleuse, et beaucoup d’autres n’y pensaient même plus. — Dans l’Inde elle fut constamment pratiquée, et l’est encore aujourd'hui : Carpue fut le premier qui , en 1814, la pratiqua en Angleterre. En Allemagne Graefe employa d'abord la méthode italienne, et plus tard aussi la méthode indienne. Ce praticien lésa l'imeet l’autre modifiées sous plusieurs rapports, et ses procédés sont ceux que l’on doit regarder aujourd’hui comme préférables. Son procédé, qu’il indique sous le nom de méthode allemande, se distingue de la méthode Tagliacozzi en ce que le lambeau emprunté au bras est cousu au moignon du nez a\aut que sa face celluleuse n’ait été couverte' d’une membrane de cicatrice.
2288. Pour la méthode indienne, que Carpue n’a que très-imparfaitement décrite, nous avons le procédé de Graefe. — Six ou huit jours avant l'opération la peau du front sera frottée, le matin, à midi et le soir, avec un liquide aromatico-spiritueux. Mais ces frictions, qui doivent être très-douces, ne doivent jamais être portées au point de déterminer de la tension, de la douleur et de l'inflammation. — A vec de la cire, ou de la pâte de carton, on fait un modèle de nez, qui cadre, aussi exactement que possible, à la figure de l’individu, et qui s’adapte exactement à la partie du nez qui reste. Après l’avoir placé sur ce moignon, on le donne à tenir à un aide; avec un pinceau fin trempé dans un liquide coloré, et difficile à s'effacer, on marque, par une ligne bien limitée, la place où doit venir s'asseoii* la base du nez que l'on doit faire ; on trace ensuite, sur chaque côté du nez, une ligne longitudinale, et une ligne transversale correspondante à la cloison. Les lignes longitudinales commencent à la partie supérieure du moignon du nez, à l’endroit où doit se trouver le pédicule renversé du lambeau. Ces deux lignes longitudinales ne doivent pas se rencontrer supérieurement. On commence alors à mesurer l’étendue que l’on doit donner au lambeau que le front doit fournir. On trace sur du papier toutes les dimensions du modèle de manière à ce que toute sa surface se trouve être parfaitement représentée. Cette figure, dessinée sur le papier, est découpée, et on l’applique sur le front de manière à ce que sa base regarde le cuir chevelu, et sa pointe la racine du nez. Lorsqu’elle est appliquée, on parcourt son contour avec le pinceau trempé dans une matière colorante. On marque alors avec des poinls les endroits où les sutures doivent être pratiquées. On en désigne d'abord, surles bords du moignon, deux à la partie supérieure, à une ligne et demie du bord cutané, et, à la partie inférieure, on en désigne également deux, en ayant soin que ceux d’un côté soient exactement vis-à-vis ceux du côté opposé; entre ces points supérieurs et inférieurs il se trouve assez d’espace pour appliquer d’autres sutures. Tous ces points sont également représentés sur le modèle en cire, et transportés sur la peau du front. On avive alors les bords du moignon du nez en suivant exactement les lignes longitudinales et la ligne transversale précédemment tracées, Il faut enlever le moins de substance possible, mais il faut veiller aussi à ce qu’il n’eu reste pas plus d'un côté que de l’autre. A chaque point désigné autour du moignon on passe des fils à ligature, et on les confie à des aides qui veillent à ce qu’ils ne s’embrouillent pas; on taille' alors et on dissèque le lambeau du front en suivant exactement les lignes qu’on a tracées sur celte partie ; la peau et les tissus qui lui sont sousjacens doivent être enlevés jusqu'à la surface du périciâue. Lorsque tout écoulement de sang est arrêté, on renverse le lambeau en lui faisant décrire un demi-cercle autour de son axe ; on en applique exaclemenl les bords sur les bords avivés du nez, où on les assujettit en les faisant traverser, aux