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DU TESTICULE

Dupuylren , Leçons orales. T. I, page 62, art. Engorg. du testicule.

Cullerier et Ratier, Dict.de méd. et de chirurg. pratiq., T. XII.

160. L’inflammation du testicule ( orchitis , hernia humoralis), peut être le résultat de causes très-variées : 1° le plus souventelle survient dans le cours d’une blennorrhagie, lorsque cette inflammation est portée à un très-haut degré , que le malade éprouve destiraillemens dans l’abdomen et le bassin, qu’il prend beaucoup de mouvement, et qu’il ne porte point de suspensoir. Dans ce cas l’inflammation se propage du canal de l’urèthre au testicule, attaque d’abord l’épididyme , se borne à lui (epididymitis), ou s’étend au testicule ; ou bien , lorsque les symptômes inflammatoires de la blennorrhagie ont disparu, l’orchite peut être déterminée par une irritation quelconque du testicule, par une marche forcée , etc. ; 2° elle peut être un symptôme d’une syphilis générale ; 3° être le résultat d’une lésion externe; 4° reconnaître pour cause un refroidissement, surtout chez les personnes qui sont souvent prises de sueurs au périnée ou à la face interne des cuisses ; 5° enfin des efforts violens qui donnent lieu à un flux abondant du sang vers les testicules , lorsque ce dernier, par une cause quelconque , ne peut pas en être ramené assez promptement, peuvent déterminer une orchite.

161. L’inflammation du testicule prend rapidement un développement très-grand. Le testicule se tuméfie d’une manière étonnante , la peau du scrotum devient tendue , rouge , douloureuse ; assez souvent il survient delà fièvre , de la douleur dans l’abdomen et des envies de vomir. La terminaison ordinaire de celte inflammation est la résolution ; cependant on doit craindre la suppuration lorsque le malade éprouve des douleurs pulsatives. Dansces cas, en plusieurs endroits à la fois, la peau s’élève, s’amincit, s’ouvre, le pus se vide au dehors, et les vaisseaux séminifères apparaissent aux bords de l’ouverture sous formes de flocons grisâtres ; les moindres tractions suffisent pour les amener au dehors, et pour vider complètement la tunique albuginée. — La nature du testicule rend son induralion assez fréquente lorsque l’inflammation n’est pas convenablement traitée, surtout lorsqu’on a affaire à des personnes affectées de scrofules , de rhumatisme, etc. Souvent le testicule induré augmente considérablement de volume. Tantôt l’épididyme seul, tantôt le testicule entier, quelquefois aussi le cordon spermatique, dans une étendue plus ou moins grande , est affecté d’induration. — La gangrène est excessivement rare , et ne peut êtredéterminéeque par un très-mauvais traitement.

162. Le traitement de l’orchite doit être subordonné à ses causes et à son intensité. Lorsqu’elle est la suite d’une blennorrhagie , qu’elle est prise dès son début, et qu’elle présente peu de tuméfaction , le malade doit garder le repos , porter un suspensoir, faire des applications froides d’acétate de plomb ou de cataplasmes émolliens sur la verge,

enfin prendre quelques purgatifs. Lorsque l’inflammation est très-viveel le sujet robuste, on a recours aux saignées ou aux sangsues au périnée , ou à la partie interne des cuisses, et on fait sur la tumeur des applications chaudes émollienles. Lorsque, sous l’influence de ce traitement, l'inflammation a diminué , mais qu’il reste encore une grande douleur, l’opium avec le nitre, ou le mercure doux, des lavemens opiacés , des applications narcotiques, etc., doivent être mis en usage. Lorsque la tension est diminuée, il faut arroser les cataplasmes avec de l’eau blanche. Alors même que l’inflammation s’est terminée par résolution, le testicule reste encore tuméfié pendant un temps plus ou moins long ; il faut avoir soin de porter constamment un suspensoir, et de faire des frictions mercurielles et camphrées. — D’après les expériences de Delpech, le traitement par le poivre de cubèbe, tel que nous l’avons indiqué plus haut (§ 157), suffit pour opérer la guérison de l’orchite suite d’une blennorrhagie.

163. Lorsque l’inflammation se termine par suppuration, il faut ouvrir l’abcès, elle traiter d’après les règles générales. Les flocons dont nous avons déjà parlé , et qui se présentent à l’orifice de l’abcès, doivent être respectés ; il se couvrent souvent de bourgeons charnus , et forment des adhérences avec le bords de l’ouverture. Lorsqu’on ne peut parvenir à tarir la suppuration, ou lorsque la désorganisation s’est emparée du testicule , il convient d’en faire l’extirpation.

164. L’induration se limite le plus souvent à l’épididyme; dans beaucoup de cas elle ne détermine aucun accident , et peut durer toute la vie. Lorsqu’elle est jointe à certaines dispositions maladives, à quelque affection générale, ou qu’elle est soumise à l’action de causes extérieures, elle peut être de nouveau prise d’inflammation, le cordon spermatique se prendre de tuméfaction, la tunique vaginale se remplir de sérosité, et le testicule luimême devenir sarcomateux et cancéreux. — On peut solliciter, mais avec prudence , la résolution de ces indurations à l’aide des moyens généraux exposés § 62, et en faisant constamment porter un suspensoir. Mais, que le testicule devienne le siège de douleurs vives et lancinantes, que la tumeur devienne inégale et raboteuse, l’extirpation est le seul moyen de prévenir la dégénéralion cancéreuse et ses conséquences. 11 n’est pas rare devoir, comme symptôme d’une infection générale , survenir lentement un engorgement très-dur du testicule : un traitement méthodique par le mercure on par le cubède (§157 ) suffit pour en opérer la résolution. — Assez souvent un engorgement du testicule qui était survenu à la fin d’un écoulement blennorrhagique disparaît à la suite d’un nouvel écoulement; aussi a-t-on proposé, pour guérir les engorgemens de celte nature , de rappeler l’inflammation de l’urèthre par l’introduction de bougies enduites de précipité rouge.

165. L’inflammation du testicule due à une cause externe ou à un refroidissement sera traitée comme

DE L'INFLAMMATION

nous l’avons indiqué § 162, et indépendamment de l’inflammation de l’urèthre.

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